SAINT-VÉRAN
Ce vocable, on le sait, est le premier nom patronymique des Montcalms. Il désigne toujours ce coin du Rouergue qui fut le lus ancien domaine connu et, suivant l'expression consacrée, le rceau de la famille. Un vrai nid d’aigle, ma foi, ce ber:sau, caché au cœur d’une forêt de rochers qui plongent leurs racines dans la Dourbie. Le sol appartient à ce système de roches calcaires d’aspects si variés qui font du Rouergue une contrée d’un pates sans cesse renouvelé. Toute la région est semée de izarreries imprévues qui déjouent tous les calculs. Ici, un puits s’ouvre à la surface et s’enfonce verticalement à des profondeurinconnres ; là vous entendez soue vos pieds le sourd murmure d’une i visible rivière ; ailleurs, de scus un rocher, s’échappe un cours d'eau dont personne n’a vu la source. A quelque distance de Saint-Véran, se trouve Montpellier-le-Vieux, cette sorte de cité fossiis élevée par la nature en un jour de bizarre humeur. Et de telles surprises vous guettent de tous côtés, Regardez sur cette
adoesés au flanc de la montagne. Plus loi chaîne de rocs aux teintes uniformes dont Jes
Dans les temps troublés, ce ‘Sux Gevenaient un asile merve
leusen. t choisi et un Point d’at:aque incomparable. En ba | 6 ; en face, une Ciaîne d bic. D’un côté seulement, Saint. Véran était moins ina Cessible, bien que it ri aisé à défendre. ’est là, aussi Joi
lstoire, qua vivaient les ancêtres du ma:
quis de Moatcalm.
ans la Première moitié du Xv° siècle, cette famille s’allia :
celle de Gozon. Jean de Montcalm de Saint-Véran exerçant à
e8, vers cette époque, la fonction de maître des roquêt
n n'est point pressé lorsqu'on flâue, Sji nous rappelions la Célèbre équipée de ce Moine soldat ? C’est du sang de Montcalm, it.
Y avait donc Rhodes un dra tière vivant, dont les victimes ge chiffraiee centaines, j/fle était Presque dépeu Mains devaient user d’une extrême our échapper aux griffes de la bête. Celle-ci était quasi invulnérable, grâce À une Cuirasse d’ Paisses écailles qui protégeait son
certaine
Quelle tristesse, Pourtant : Aprèg avoir défendu les chrétiens
minées, aux
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es familles ct exagéré e du chan.
28 Paysans UX flancs
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contre les maécréants, les voir dévorer par un tyran sans pitié ! C’eu était trop. Pourquoi porter une épée, alors ? Ainsi raison- ‘* Dieudondé, réce: 1ent élu grand maître. A tout prix, il
e délivrer ses vi -saux.
Vour lavoir vu de près, il avait pu remarquer sous le ficne du aragon le défaut de la cuirasse, et ce fut là le point de départ de sa stratégie. Sans rien dire de son secret i! passe sur le ccntinent, et emploie deux ans à construire un fac-similé du terrible adversaire et à dresser pour l’attaque une meute de chiens. Après de nombreux essais, confiant dans son siratagème, il retourne dans île, avec ses savants auxiliaires, et fait part de ses plans au grand Conseil. Cel.' ri s’en tient aux précédents arrêts et confirme la peine de mort sn cas d'infraction, Cependant les victimes augmenteut toujours. La saison vient où la bête, plus affamée, va se montrer autour des chaumièdres. …. Gozon n’y tient plus. Voir égorger tous les jours sous ses yeux de pauvres êtres sans défense, lui, qui a fait vœu de secourir les opprimés ! Le Grand Maître du Ciel ne peut lui demander un tel sacrifice.
La résolution est biert0t prise. Il se dévouera. S'il succombe, il tombera comme un preux ; sil triomphe, le succès le justifiera, .., Dès le lendemain, à l'aube, il sort avec un serl écuyer, tous deux lance au poing et dague À la ceinture.
Les chiens, flairant la bête, frémissent d’impatience.
Bientôt, en effet, l'ennemi se montre. Point n’est besoin de le provoquer. À grandes enjambées, il se dirige sur le chevalier. C’est ce qu’attendait cel. i-ci. A lui les prevuiers coups. Si la partie est trop inégale, il aprellera les chiens à son aide, Quant à Vauyer il attendra à distance l’issue du combat pour en informer se. .rères d'armes,
Après une invocation au Seigneur-Dieu et à la bénoiste Vierge sa haults Dame, le chevalier se porte au-devant de son terrible adversaire et amortit de «a lance l’élan furieux de ce dernier ; puis, il se glisse près de l'épaule du “1onstre, et, saisissant ga dague, l’eufonce d’une main sûre et jusqu’à la garde dans ie cœur de la bête. Firieuse, celle-ci s’affaisse sur elle-même, mais, d’un coup de griffe, coupe en même temps Ja retraite À son agresseur. Maïs le coup était prévu. Avant de tomber, Gozon pouxs un cri. Les chiens accourent en harlant, et s’acharnent aux flancs du monstre qui est enfin forcé de lâcker prise et qui, bientôt,
épuisé, baignant dans son sang, les entroilles À nu, annonce F un râle affaibli qu'il a pour toujours cessé de nuire,
Qui accueillirent Ja nouvelle, Vengées enfin, et dignement, le Malheureuses victimes! Et pour les survivants, plus de terreur plus de Massacre, mais une complète sécurité ! it les bénédic i es é
ais, en dépit de ces hosannas, Gozon était be] et bien sous le Coup d’une condamnation à Mort. Après avoir échappé aux i es du dragon, il était menacé de tomber sous le er de la
l'Ordre, Et Comme la peine de mort était toujours en vigueur contre les insoumis, le di i des voix, qu'il n’y serait int dérogé en l'occurrence.
La nouvelle de cet arrêt circula bientôt dans l’île, et les cris de joie devinrent Un concert de Murmures, de lamentations, d’appels
Simple légende, direz-vous, Parmi tant d’autres; je n’y contreis pas, Au surplus, l’histoire n'est-elle pas encore plus belle ? Y eut-il jamais tarasque comparable au Turc ? Je ne garantis
d’enfance, Ils me revenaient délicieusement à la > » Ces souvenirs, tandis que la diligence, en Coutournar + le ne de Saint-Véran, m'offrait, À chaque angle de la Toute, de nouveaux aspects de ces antiques ruines.
valier, ue au retour de Carillon, le Sénéral subit les ennuis d’une ongue inaction, à Montréal, il s’en plaint en ces termes : « Je regrette dans mes accès d'imagination folle et roma. Resque de ne m'être Pas fait chevalier de Malte Pour mourir
nétiques bent, les terreur, bénédicce noble
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Las maître. C'est le sang des Gozons qui coule dans mes veines !, »
Pour n’avoir point habité Saint-Véran, Montcalm n’en avait pas moins hérité des vertus ancestrales. Fntre le vainqueu deChounuen et le grand maître de ‘thodes le parallèle serait faciie. , mi comme une épée, audacieu-. au besoin, et, avec cela, esprit très positif, mettant du calcul jusque dans ses audaces, t rsonnel sans forfanterie, fier et franc sans bravades, 3pind ris malice, hounête toujours, sinon toujours désintéressé, tel je me figure le vainqueur du dragon, tel nous apparaît Montcalm.
Un observateur nous dirait si ce sont là fruits du t roir et si les montagnes du Rouergue eurent quelque part à semblable floraison, Quoi qu’il en soit, l’on pourrait former une brillante anthologie en cueillant çà et là dans la Correspondance de Montcalm. Ce serait tâche agréable, et cette sorte d’ar *°-portrait serait autrement vivant qu’une sèche analyse, Maisi .ut se borner. Notons seulement l'impression que fit sur les naturels ce grand guerrier à face pâle : « ous avons voulu voir, disait le chef des Outaouais, ce fameux chef qui, en metiant pied à terre, a foulé aux pieds l'Anglais. Nous pensicns que sa tête se perdait dans les nucs. Tu es petit, mon Père, mais nous voyons dans tes yenx ia grandeur des pins et le vol de l’aigle. » Dans une autre occasion, un orateur indien, après avoir écouté la harangue du général, se leva avec solennité et fit une réponse qui se terminait ainsi : « Personne ne nous a jamais mieux parlé que toi. C’est le manitou de la guerre gni t’inspire ».
lusieurs branches de la famiue de Montcalm ont continué à faire souche dans le Rouergue, et, à diverses époques, quelquesuns de ses membres sont mentionnés dans l’histoire. La piété devait être une tradition de race. Nous voyons un marquis choisir pour sépulture l’église des Cordeliers de Millau, un autre veut reposer après sa mort dans le cloître des Frères Prôcheurs de la même ville, un troisième se trouve, vers le quatorzième siècle, à la tête de l’abbaye bénédictine de Nant. Dans cette dernière localité, nous avons recueilli sur la bouche de quelques anciens un hommage plein de vénération à l'adresse des derniers « Messieurs de Montcalm » qui habitèrent la contrée.
1 —CasGRAIN, Montcalm et Lévis.