‹ Au pays de RabelaisChapitre 2 sur 7 · AU PAYS PB HAPJÇÎ^IS · texte numérisé non relu

AU PAYS PB HAPJÇÎ^IS

accepter Qoti:^ mo4^^ti9 invitatipn, m^gr^ \ç pQU d^ tep^p^ 4^ YPtre §éjour À Tours,

Jç tiens 4 a4rpssQr §q outre qps sincèr^ç remerciem^îits à M. le Dr L,e Ooublq (jui a eu l'amabilité de nous mettre ^n rapports avec vous,

M. le Dr Le Double, membre correspondant de l'Institut et auteur du savant et très littéraire ouvrage Rabelais anatomiste et physiologiste y est naturellement l'un des vôtres, et nous sommes fiers de le compter également parmi nos sociétaires.

Il y a, Messieurs, entre nos deux sociétés plus dHm point de contact. Par des moyens différents, elles poursuivent un but identique et elles ont en outre uq idéal cominvui qui e^m 1^ culte 4u B^^vi.

Ici, Hpvis noi;s prgpqson^ d'çncouragçr les efforts dç ceux qui s'occupent en Touraine d'art et de littérature, de faire connaître leurs meilleures productions, de remettre en lumière et de populariser les œuvres de nos vieux auteurs tourangeaux, des Rabelais, des Ronsard, des Racan, des Balzac, des Courier et des Vigny, pour ne citer que les principaux.

Votre Société, Messieurs, a choisi, pour objet spécial de ses études et de ses recherches, Rabelais, l'un des plus illustres enfants dont s'honore h Touraiaç; à ce titre, vous avea droit à nptre enxik^^ gratitude, puisque, tov^t en glorifiant l'auteur de Gargantua, vous contribuez au lustre de notre petite patrie.

Mais nous ne sommes pas de ceux qui se bornent çî^çlusivement à une admiration de clocher^ et potre Société n'a jamais entendu se désintéresser des œuvres étrangères à cette province.

Dans les programmes des soirées artistiques que nous offrons à nos membres, nous donnons une large place aux chefsd'œuvre de la littérature et de la musique.

Notre régionalisme ne nous empêche pas non plus, Mes-t

sieurs, de tourner les yeux vers ce foyer intellectuel si intense

qu'est Paris; et nul d'entre nous n'ignore la part qui vous

revient dans le mouvement littéraire, artistique et scientifique

iOtre patrie. Nous connaissons vos travaux et nous applau-

3ns à vos succès, dont l'écho est venu jusqu'à nous.

issi c'est avec la certitude d'être l'interprète de la Société

raire et artistique, ainsi que des représentants de la presse

ss Sociétés savantes de la Touraine qui ont bien voulu se

ire à nous, que je lève mon verre en l'honneur de la

eu

Société des Études rabelaisiennes et de son éminent président, M. Abel Lefranc.

Après un nouveau toast aux dames et aux étrangers venant apporter à la gloire de Rabelais Thommage de TAngleterre, de TAllemagne, de la Hongrie et de la Pologne, M. Lefranc remercia chaleureusement les savants tourangeaux de Taccueil cordial qu'il nous avaient réservé, puis M. le D»" Le Double prit à son tour la parole :

Messieurs, — dit-il, — vous allez, grâce à la générosité de Mme la marquise Arconati Visconti, née Peyrat, élever, par Tunion féconde de Tintelligence, du savoir et du travail, un monument triomphal à Rabelais. Nous n'avons pu lui édifier qu'une humble cabane. Volontaires dans l'armée des chercheurs, nous avons rempli notre tâche sans ambitionner le succès, mais avec l'espoir d'être utiles. Vous nous avez dit à diverse^ reprises, cet après-midi, que nous l'avions été; nous nous estimons heureux, et c'est de tout cœur que je salue respectueusement, au nom de l'ancienne Société des Amis et des Admirateurs de Rabelais, dont je suis un des rares survivants, la jeune Société des Études rabelaisiennes.

Vivat, crescat et floreat ad multos annos féliciter,

comme on disait jadis en Sorbonne.

Je lève mon verre en votre honneur et bois à votre santé, — car « sans santé n'est la vie », — ainsi que l'a écrit le Maître, — ni « n'est la vie vivable », — et à celle de votre président, M. Abel Lefranc, professeur au Collège de France, directeuradjoint à l'École pratique des Hautes-Études*.

Et, avec une verve éloquente dont nos lecteurs pourront juger tout à Pheure, M. le D»" Le Double prononça un discours plein d'idées nouvelles sur le rôle de Rabelais, initiateur et précurseur de la méthode expérimentale.

I. Le texte des discours est emprunté à la Touraine républicaine du 12 mai 1907.

Le Vouvray emplit les coupes et ainsi se termina au mieux cette cordiale et littéraire réunion. Nou§ prîmes congé de nos aimables hôtes ; quelques-uns nous accompagnèrent jusqu'à la gare, et le train nous emporta vers Cbinon, enchantés des quelques heures passées à Tours.

Cette visite à la capitale de la Touraine n'était proprement qu'un prélude à la journée du lendemain, plus spécialement rabelaisienne.

En descendant de wagon, par une belle nuit étoilée, en suivant le chemin qui mène à Thôtel où nous devons souper et passer la nuit, nous ne pouvons nous défendre d'une certaine émotion à la pensée de fouler le sol même de ce petit terroir où l'auteur de Pantagruel naquit, étudia et dont le souvenir attendri se révèle si fréquemment dans son œuvre.

L'hôtel de l'Union n'est pas grand, nous l'occupons en entier. Ce vin pineau^ ce vin si léger, si spirituel qui mûrit sur les coteaux de la Vienne, arrose un dîner où nous voyons paraître de grasses poulardes du Loudunois accompagnées de salade assaisonnée à l'huile de noix ; nous montons dans les chambres, nous préparant ainsi de la meilleure façon aux entreprises de la journée prochaine.

Au matin, tous, alertes, de bonne humeur, sont exacts au rendez-vous de sept heures. Nous cheminons lentement le long de la Vienne, tout au charme de ce fleuve aux eaux brillantes, glissant contre les rives ombragées.

Notre pèlerinage débute par un salut à la statue de Rabelais, œuvre du sculpteur Hébert, puis nous nous dirigeons vers la maison traditionnelle, située au coin de la rue Rabelais et de la rue de la Lamproie. Bien que les détails de la construction dénotent une époque plus récente, cette maison, — affirmaient autrefois les habitants, — est celle de Rabelais; cette légende se rattache à celle qui faisait d'Antoine Rabelais un hôtelier à Venseigne de la Lam" proie.

A quelques pas plus loin, dans la rue de la Lamproie, une plaque de marbre affirme depuis peu :

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