‹ Au pays des aiglesChapitre 4 sur 22 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

FAYARD FRÈRES, LIER AIRE S-ÉDITEUR S 78, Boulevard Saint-Michel, 78 ,

préface

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avec une troupe d'élite levavs dJl r ÜVOlr travcrsê-

tout culbuté devant Zi-a^av^ Jt°tTni ?*%' T* ™ir traversé, près du lac Tchnd itl • T°mbouctou, a VAdamoua, est arrivé chez les montât?6* //Mc?0^0?0, puis de un petit , mars très solidel^^

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Longtemps l’humanité a été hYnnntitéo conception de la gloire . nypnotisee par une fausse

Autrefois , en effet., les rois et même les peuples avaient une singulière façon de comprendre la politique.

Le but suprême était la conquête.

Agrandir le nombre de ses sujets et celui de ses provinces, telle était l' aspiration ardente du souverain et la nation pensait comme lui ; jusqu' après Napoléon F1'; la France a partagé cette erreur ; elle s'ett prise d’enthousiasme pour r ambitieux qui voulait conquérir le monde.

Il nous en a coûté trois cent mille hommes en Espagne, l'immense désastre de Russie, celui de Waterloo, plus d'un million de soldats, la fleur de la nation !

Aujourd'hui on raisonne autrement.

On se demande à quoi bon des conquêtes inutiles, coûteuses et appauvrissantes, si l’on n'a pas le consentement des peuples annexés et si ces peuples ne sont pas riches ?

Dépenser pour prendre une province, dépenser pour la garder, dépenser plus qu'elle ne rapporte . Absurde!

Les Allemands ont conquis l'Alsace et la Lorraine qui ne veulent pas d'eux; résultats h

On évalue à trois cents millions le surplus de dépenses annuelles que causent à l'empire les dépenses nécessaires pour mettre son armée sur un pied formidable contre nous qui voulons reprendre les provinces perdues.

Or, V Allemagne est relativement pauvre ; elle s'appauvrit et s’épuise parce qu'elle s'est agrandie.

On ne devrait plus faire de guerre de conquête; c'est duperie en Europe.

De même que cette idée a triomphé dans l'esprit des masses qui sont hostiles aujourd' hui à la vieille politique d'agrandissement quand même, de même la politique coloniale s'est entièrement transformée.

Qn conquérait autrefois pour conquérir des colonies, étendre sa domination sur le monde sans s'inquiéter de savoir si c’était une bonne affaire.

Nous avons conquis l'Algérie pour la gloire, ne pensant pas faire une bonne affaire.

C'était absurde.

Je m'empresse de reconnaître bien haut qu' elle est devenue pour la France une excellente affaire; mais , au début, on ne s'y attendait guère ,

Aujourd'hui nous avons conquis le Tonkin, parce que nous comptions faire une bonne affaire ; avant dix ans, elle sera aussi bonne que celle de Cochinchine qui est devenue excellente comme celle de Tunisie et comme le sera bientôt celle de Madagascar.

Le but suprême aujourd'hui est l'exploitation agricole et commerciale d’une colonie, exploitation lucrative ; si elle ne doit pas l'être, il faut y renoncer.

La France, un Etat quelconque, doivent se conduire comme Sir Garrtett.

Le but suprême ?

Commercer pour s’enrichir .

Tout le reste n’est que duperie.

Chez, les Anglais , il y a longtemps que cette vérité est mise en pratique.

Les imbéciles croient niaisement que c’est pour répandre l’Evangile chez, les sauvages que l’Angleterre patronne les Missions et que celles-ci trouvent tant d'argent.

Quelle erreur l

Les missionnaires , en convertissant les sauvages, n’ont qu'un but : les exploiter, préparer leur asservissement complet et surtout les forcer à s'habiller. ( Lire le célèbre livre du baron d'Hübner : A Travers l’Empire Britannique)'.

« Surtout faites respecter, aussitôt que possible, les lois de la décence par les sauvages. Qu’ils s’habillent. »

Telle est la pressante recommandation faite aux missionnaires, quand ils partent à la conquête d’une peuplade.

Qu’ils s’habillent /

Oui , pour que les usines de Manchester et de Birmingham fabriquent beaucoup d’étoffes.

Tout est la.

Le jour où l’ Angleterre n’aura plus l'écoulement de ses produits manufacturés, elle qui ne vit que de ça, elle mourra de faim.

Son sol ne produit pas le quart de ce qu’il faut pour la nourrir...

Sans commettre .les cruautés, les infamies des Anglais, ayons enfin comme eux des idées saines et pratiques.

Du reste, ces idées commencent à pénétrer à fond dans le grand public.

Tout Etat devrait s’inspirer des principes qui guident les grands aventuriers qui, comme Sir Garnett, ont sillonné l’Afrique centrale bien avant Stanley.

Leur motif impulsif ?

Le gain !

Tout subordonner à l’action commerciale et industrielle, « faire produire ». -

Sir Garnett ne cherchait pas à faire de conquête il entretenait une petite armée , mais uniquement pour s'ouvrir les routes commerciales , qui lui seraient restées fermées, et pour assurer sa sécurité.

Partout où la chose était possible et avantageuse , il établissait un comptoir.

Grâce à une méthode bien simple, il pouvait avoir une quantité incroyable de représentants qui débitaient ses marchandises.

Il s’arrangeait toujours pour amener ces marchandises dans de telles conditions qu’elles pouvaient être livrées à un prix défiant toute concurrence ; il avait des bazars centraux ;

ceux-ci Journissaient tous les comptoirs de la région ; ceux qui tenaient ces comptoirs ne recevaient pas] les marchandises en consigne; ils les achetaient à un prix de... ; de là sorte, point d'ennuis , de tracas, de coulage, de comptabilité compliquée ; c'était un mécanisme très simple.

Bans toutes les villes du Niger qu'il traversa, Sir Garnett établit un comptoir.

Or, depuis son passage, on n'entend plus parler de révoltes, d'insurrections, de troubles ; les comptoirs du célèbre aventurier ont créé des intérêts commerciaux si considérables que personne n'ose troubler ' la paix.

Nous ne voulons pas dire, bien loin de là, qu'il ne faut pas faire la guerre, et rudement au début, si l'on se trouve en présence de fanatiques comme les Touareggs; mais la guerre faite et bien faite, il faut immédiatement songer à féconder la conquête et à établir solidement la paix en déve- loppant le commerce.

Mais il faut châtier avec vigueur et promptitude les peuplades qui le troublent.

De là, nécessité d’une bonne entente entre lés autorités civiles et militaires, ce que les Anglais obtiennent par l’en tière soumission des généraux aux gouverneurs des colonies quant aux opérations à exécuter, mais la liberté absolue des généraux pour l’exécution .

Puissent nos lecteurs répandre ces idées et notre œuvre n'aura pas été inutile à la grandeur de la France.

Nous ferons observer que ce livre raconte, il est vrai, la meilleure campagne faite par Sir Garnett dans les sultanats de l' Adamoua et du Sokoto ; mais il a été forcé d’entrer en campagne, par suite des agissements de la Compagnie à charte, souveraine du Bas-Niger , et parce que les deux Sultans l'obligèrent à: les attaquer ; mais, vainqueur, il n'a pas demandé un pouce de territoire et il s'est contenté d' un traité de commerce.

Tel est l'allié de notre Etat du Congo ; le lecteur va lire l'étonnante histoire de sa fondation et de sa défense.

On se croirait encore à l'époque dès Carty et des Pizarre, la cruauté en moins.

Nous croyons que le lecteur s’intéressera à ce récit; du moins saura-t-il quelque chose sur les étranges épopées qui se passent au centre de l'Afrique.

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