ÉTAT DE L'AUSTRALIE AVANT LA DÉCOUVERTE EUROPÉENNE
Le degré de civilisation auquel avaient atteint les Nègres d'Australie à l'époque de leur première rencontre avec les Européens, n'était pas très élevé. Nous y rencontrons une population vivant en petites tribus, pour ainsi dire sans organisation sociale intérieure, toujours nomade, habitant des huttes élevées à la hâte avec des feuilles ou de l'écorce, n'ayant presque pas de vêtements, pas d'outils en métal, pas d'outils en pierre transpercés, point d'arc, n'ayant que de mauvais bateaux ou point du tout, ne possédant en fait d'animaux domestiques que le dingo à demi sauvage et ne con-
naissant pas l'agriculture. Il faut remonter tellement loin dans l'enfance de la civilisation, pour retrouver la phase qui précède cellelà, que la lumière de l'histoire ne sera jamais assez puissante pour l'éclairer. Les rapports que certaines coutumes particulières peuvent avoir avec celles d'autres civilisations ne sont pas d'une garantie très grande. La circoncision, le tatouage, l'cxogamie et les sorciers se rencontrent partout sur la terre, sans qu'on ait pu démontrer d'origine commune à ces us. La philologie comparative même n'a pu encore trouver de point commun certain entre la préhistoire de l'Australie et celle des autres civilisations, quoique cependant on ait tenté de trouver des analogies entre la langue et celle des races du Dekkan et, en dernier lieu surtout, avec celle des Nègres d'Afrique. Les découvertes archéologiques se bornent à d'immenses kjœkken^ mœddinger. Il ne reste donc que l'anthropologie comparative. Mais cette science même ne peut donner de réponse satisfaisante, car les Nègres australiens forment un groupe à part, n'ayant pas de parenté marquée avec d'autres races. Certaines concordances anthropologiques ont porté l'idée sur les Papous, qui, géographiquement également, se rapprochent le plus d'eux.
En cherchant l'origine de la première civilisation australienne, nous découvrons de faibles sillons venant du nord et du nord-est. Un courant de civilisation, découvert plus récemment et qui prend la même direction, c'est-à-dire parlant du nord-est pour aller au sudouest, ne peut pas servir à soutenir une hypothèse certaine. Bien qu'on ait constaté que les armes (l'arc), les bateaux, les maisons, le développement corporel, etc., dénotent des progrès à mesure qu'on approche de la péninsule d'York, et qu'on puisse démontrer avec certitude une influence directe des Malais et des Papous, tout cela n'en a pas moins un air complètement moderne et date évidemment d'une époque relativement récente. En tout cas, ce qui résulte avec certitude de toutes ces recherches, c'est que la séparation première de la race australienne doit remonter très loin.
Par le seul fait de démontrer que l'Australie a été complètement fermée à toute influence extérieure, la science a expliqué, en grande partie, pourquoi la civilisation n'a pas atteint un plus haut degré de développement, car le développement du monde dépend des influences réciproques des différents peuples, des ruptures entre eux,