CHAPITRE IV
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Après bail joins passes dans le baraquement île la juilicu. je rne mis m étal de reprendre le chemin d'Elderstie; mais je aie sentis lin-nuit si mal ;ï mon aise que je mi* plusieurs fois pied à terre pou prendre un peu de repos, étendu à coté de mon cheval.
Mou premier projet avait été de pénétrer plus avant dans l'Ouest, en me rapprûchaiil du golfe «le Carpenfarîe, mais mon étal malailîl' m'emjKVIm île pousser plus loin. Je doutais même «le pouvoir regagner I» eô», car plus mon voyage se prolongeait^ plus le mal «•mpin.il. Kn) in. après un long mois «le sou lira nées, j'avais rrnoiwv des Garces suffisantes pour son«i*r au retour. Celte fois, je pris par Bledensbounie; j«- désirais «-u rapporter, si possible, une grande ehauve-sonm Uanche, frugivore; mai» j'en fus pour ma peine, quoique j'eusse exploré plusieurs grotte», retraites ordinaires de
ees mammifères volants, l'n notre animal. Yitjuant', atteint ici «les •limerisions rpii pourraient l«- l'aire prendre pour un saurien «l'une espèce A pari.
On me montra aux environs «le Bledenshonme les crânes d'un grand nombre d'indigènes lues par «les hommes de la police noire. Voici «laos quelle* circonstances : Un couvoi de vive-, sous la
conduite de deux Blancs, avait établi son camp dans le voisinage des Noirs; ceux-ci guettaient l'occasion d'attaquer les Blancs, qui avaient outragé deux négresses. Au lieu de faire usage de leurs armes pour se défendre, les deux Blancs lâchèrent pied, abandonnant aux sauvages toutes les denrées; pour expliquer leur fuite auprès de la police, ils prétendirent avoir été attaqués. Les prétendus criminels furent poursuivis, longtemps après, jusque dans une vallée étroite, et tués impitoyablement.
C'est là un des actes de violence, trop nombreux, commis par la police noire, et Ton pourrait citer bien d'autres faits révoltants dont elle s'est rendue coupable. Ces atrocités forment la page sombre des annales de la colonisation en Australie. Aussi la police voit chaque jour croître son impopularité; bien des voix s'élèvent pour eu réclamer la suppression. Trop fréquemment l'inspecteur charge ses agents de procéder eux-mêmes au massacre : to disperse the Blacks est l'expression consacrée. Lui s'en tire les mains nettes et par ce moyen garde sa place; car de nos jours il n'oserait tuer un Noir ouvertement.
' Peut-on s'étonner que les Noirs aient en horreur cette institution et qu'ils usent de représailles en toute occasion ? Pendant mon séjour, un inspecteur qui traitait avec les sauvages fut tué d'un coup de javeline; l'année suivante, un autre était assassiné, la nuit, dans son propre camp.
Les chaleurs estivales se faisaient sentir : on était déjà au milieu de novembre. Du zénith le soleil dardait chaque jour ses rayons brûlants, jamais de brise rafraîchissante. Pas un lac, pas un murmure de ruisseau! Rien que des mirages trompeurs. Absence complète de vie animale; tout être vivant se cachait pour se défendre contre les ardeurs du 'soleil. Le thermomètre, qui marquait ordinairement 40 degrés centigrades à l'ombre, monta jusqu'à 47 degrés. La chaleur était si forte qu'on souffrait même assis. Si un souffle de vent se faisait sentir, il semblait sortir d'un four.
Pourtant la température était plus supportable qu'à Diamantiua river, où, vers la même époque (je l'appris plus tard), la chaleur fut de 55 degrés, fait exceptionnel, même dans l'Australie tropicale. Les arbres garantissent mal des rayons du soleil. Leurs feuilles se présentent de proiil et ne peuvent donner que bien peu d'ombre. Si je
NUITS FIU1CUES.
faisais la sieste au milieu du jour, je n'en trouvais que sous le ventre de mon cheval. D'habitude, la chaleur ne m'incommode pas outre mesure. Je pouvais voyager des journées entières, sans faire de halle, sous les feux verticaux du soleil ; mais, dans l'état de faiblesse où je me trouvais, je n'y pus résister. Je fus obligé de mettre plusieurs
I,o voyageur à l'ombre sous sou cheval.
fois pied à terre et de m'allonger en plein soleil pour reposer mes membres rompus.
Heureusement la fraîcheur des nuits exerce une action compensatrice, et la santé est généralement bonne. Sitôt le soleil couché, l'air fraîchit, n'étant pas suffisamment saturé d'humidité pour retenir beaucoup de chaleur; il peut alors se produire dans la température
<Î8 Al PAYS DES CANNIBALES.
un écart de 22 degrés centigrades. Dans ces occasions je ne pouvais combattre le froid qu'en m'enveloppant de couvertures de laine. A toutes ces misères un véritable fléau vint s'ajouter : les mouches, si insupportables dans toute la région. Elles vous harcèlent à tel point que, pour manger, on doit s'entourer d'une moustiquaire. Ce sont les yeux qui ont le plus à souffrir de leurs attaques ; cela débute par des picotements suivis de boursouflures, et l'œil ne peut pas se rouvrir de quelques heures. Le seul moyen de défense, c'est de se couvrir le visage d'un voile et d'en faire autant à son cheval. Je me souviens encore d'un dicton du pays : « Un été au Queensland Occidental n'est qu'une lutte continuelle contre les mouches. Si l'on a à signer une traite, il faut un homme pour écarter les mouches et veiller à l'encrier. »
Les objets que j'avais recueillis étaient logés dans des cartons, qu'il fallait charger le matin et décharger le soir; mais plus d'une fois dans la journée j'étais obligé de descendre de cheval pour remettre en place tous ceux dont l'équilibre dérangé inquiétait le dos du cheval porteur. Et je fus bien près, un beau jour, de perdre le tout : la bêle, un peu ardente, s'était dégagée de ses liens et détalait au galop avec mes paquets lui ballottant sous le ventre. Mes chevaux avaient tellement maigri au cours de ce long voyage, ils étaient si exténués qu'ils ne me paraissaient plus en état d'arriver au terme de mon expédition; malgré le soin que je prenais d'eux, le dos de celui qui portait mon bagage était meurtri. Cela me forçait à ne faire que de petites journées.
A Winton j'aperçus un chevalier (Totamis ylottis), et à Thomson j'en vis un second; ces oiseaux sont très sauvages, et dans ces deux rencontres ils étaient sans compagnon. La vie animale ne commence qu'au coucher du soleil, et surtout près des flaques d'eau. Très grand est le nombre des espèces d'oiseaux, mais inégalement distribuées et pour la plupart faiblement représentées : les unes, sur une vaste étendue, d'autres ayant un habitat très circonscrit. Par contre, cacatois et éperviers sont relativement nombreux : entre tous il convient de signaler le milan et le beau faucon noir (Falco subniger).
Après mille tribulations j'arrivai enfin à une cabane où logeait un garde-barrière. Je me rapprochais donc de lieux plus habités. Le len-