FIN
coup, remplit le silence sonore de la nuit; c'est la sirène qui, de sa grande voix, lance ses adieux à la terre. Un coup de canon retentit, il roule longtemps dans les e'chos du quai et, lentement, majestueusement, la Gascogne s'éloigne.
Le lendemain matin, les passagers se promènent sur la dunette.
— Vous voilà, vous ! dit un jeune homme qui, amicalement, vient frapper sur l'e'paule de Camille.
Il se retourne. C'est M. de Bornis qu'une mission diplomatique envoie faire un voyage à Paris. Et la conversation s'engage.
— En résumé, demande l'attaché, que pensezvous des États-Unis ?
— Je pense qu'un voyage en ce triste pays devrait faire partie obligatoire de l'éducation des jeunes Français. 11 leur apprendrait, par la comparaison, à connaître, à apprécier, à aimer, à adorer le leur.
— Bravo!... Ah çà, ajoute l'attaché, après un instant de silence, ne vous formalisez pas de ma question, — vous êtes parfaitement ici à votre place, — mais, avec ce que je sais de vous, je suis, je le confesse un peu étonné de vous y voir... Ditesmoi, mon ami, vous avez donc fait un héritage pour voyager ainsi en première classe et pour porter de si belles toilettes?
— Un héritage, en effet, répond Camille, les yeux brillants de joie.
— Bah I Un oncle d'Amérique ?
— D'Amérique ? Non, monsieur, un oncle véritable 1 . .. Un oncle de France !