‹ Au pays des étapes [microforme]Chapitre 12 sur 67 · PR LS · texte numérisé non relu

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des bestiaux en Australie, mal vu de ses chefs, aimé de ses camarades, persistant et tenace. Il vient de se faire naturaliser après ses trois ans, car 1] veut à tout prix arriver officier.

Puis enfin, un Italien, ancien garibaldien, condamné à mort chez lui pour délits politiques ; rusé, cauteleux, très intelligent, deux brisques, ayant beaucoup d'autorité sur les hommes, énergique dans le service. Aspire à devenir adjudant.

La collection se complète de plusieurs Allemands, Belges, Alsaciens, Autrichiens, quelques Américains; toute la lyre des dilettanti d’aventures de l’Europe et de l’Amérique.

E service est très pénible ici.

A peine descendu de gar- NS de, qu’on est ue À commandé de

planton soit à la grille, soit à l'hôpital, leur ou de piquet le jeudi au marché arabe. uns

Jeux.

J'étais hier de piquet au marché arabe, Su Il faisait une chaleur blanche, un de quan ces soleils de juillet qui cuit un homme juives dans son jus. Le

Sur un vaste terrain, à deux kilomètres le fil de la ville, grouillent des centaines d’Ara- une P bes, venus de dix lieues à la ronde pour De

vendre des burnous, des bœufs, des mou- rieus tons, des bibelots quelconques. d’une

Au petit jour, les habitants de la ville U sont venus faire leurs emplettes. écho]

Ils ont acheté des dattes, des babou- Çà

| ches, des vases en bois, de la semoule nus, 4 | pour le couscous, des curiosités indigè- atte | nes. | pièce i Il est dix heures. D ) ll Les Européens se sont tous etirés à À tes 6 1 no l'abri de leur toit. De | Seuls, les Arabes résistent à la cha- mes

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Jeur et flânent, cherchant à se voler les uns les autres dans des marchés fraudu- Jeux.

Sur un flanc du terrain, se dressent quantité de petites tentes marocaines, juives, kabyles.

Les cordonniers, assis par terre, tirent Je fil des raccommodages ou battent sur une pierre les peaux crues des semelles.

Des ‘querelles s'élèvent, éclatent, furieuses, à propos d’un sou sur le prix d'une couture.

Un groupe stationne devant chaque échoppe improvisée.

Çà et là, des clients assis, les pieds nus, les jambes croisées à l’orientale, attendent, la pipe à la bouche, que la pièce soit posée à leur chaussure.

Dans une autre rue s’alignent les tentes des coiffeurs.

De nombreux patients, paquets infor-

mes de linge sale, sont couchés dans le

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giron de l’opérateur et subissent le rasage

complet de la tête, sauf un marabout sur le sommet du crâne.

Ailleurs, les perruquiers appliquent

| aux nuques incisées des clients de petites

B ventouses en fer-blanc, et en tirent le

sang avec une forte aspiration de la MS bouche.

Ici, quelques femmes assises en rond.

Elles valent la peine d’être vues, les houris légendaires, les futures companes célestes de tout bon musulman.

Sales, ridées comme une pomme sèche, vieilles à vingt ans, affreuses à vingt-cinq, bêtes à tout âge, elles sont accroupies derrière leur marchandise. :

Elles ont de beaux veux, toutes, ce qui | atténue un peu le dégoût du spectateur.

| Au centre quelques joueurs de bonneteau. De temps en temps, des cris stridents annoncent un enjeu discuté à coups de gueule et de poing.

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