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tant, taille posée sur deux hanches riches et bien habillées.
Elle repasse et me regarde.de nouveau avec une persistance qui me fait frémir, Tiens ! Tiens ! ça biche ! Il n'y a pas à dire ! Il me faudra soigner ça !...
Le soir, en me couchant, j'avais la fièvre.
J'entassais dans mon esprit, des baisers, des protestations d’amour éternel, des actes insensés d’héroïsme, tout le matériel d’une passion violente.
Le lendemain, je cherchais ma beauté,
Je l’aperçcois au marché. Elle était encore plus belle et ses yeux m'en disaient toujours.
J'entre à la caserne, et sur un quart de feuille de papier écolier, je lui dévoile mon âme, une vraie lave.
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Puis prenant un gant noir comme ceux qu’elle porte, j'entroduis ma missive dans un des doigts.
Revenu au marché, je me promène, indifférent. |
La dame noire y est encore. Je Ja croise, et la saluant :
— Pardon, madame, je crois que vous avez perdu un gant.
Un peu interloquée, elle répond :
— Mais, non, monsieur, vous voyez que je les ai tous deux, me montrant ses mains gantées.
J'insiste :
— Parfaitement, madame, mais celuici est tombé de votre poche.
Elle s’est ravisée :
— Oh! en effet, monsieur, merci.
‘t elle prend mon gant.
Deux jours se passent, et rien.
Le troisième, un Arabe mystérieux me fut signe et me remet un paquet.
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Je m'installe au café, et discrètement j'ouvre mon poulet.
J'y trouve mon gant et mon quart de feuille incendiaire.
Puis..., plus rien.
Attristé, brumeux, du noir plein la tête, je retourne au marché.
Elle y était encore.
Je bourre mon œil de tendres reproches, je parsème mon allure de gestes alanguis, je redouble de discrétion, je répands une passion brûlante par tout mon être.
Elle reste indifférente.
Je rentre au quartier et je me couche, piteux, énervé, comme un homme qui a commis une de ces sottises énormes qui le fait rougir quand il la rumine.
Les jours suivants furent remplis par la monotonie accablante du service.
Je me promenais toujours, rencontrant
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LS souvent la dame noire, plus attrayante que jamais, chaque jour plus gracieuse, mais ayant l’air de m'ignorer complètement.
Je commençais à m’habituer à cet échec, que j'avais déjà classé parmi mes nombreuses illusions avortées, refoulant amèrement au fond de mon cœur tous les beaux sentiments qu’avaient fait naître chez moi le corsage grassouillet et les hanches savoureuses de ma dédaigneuse beauté.
Nous étions au concours de tir, la musique du régiment et tous les officiers y assistaient. Plusieurs dames nous faisaient également l'honneur de nous regarder.
Mon tour arrive. Je m'étends prosaiquement sur un couvre-pieds de cam-
pement et je pose mes six balles dans la cible. | |
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Le concours terminé, l'officier de tir en lit à haute voix les résultats et me proclame le premier.
Pendant cette lecture, les groupes s'étaient resserrés, les dames, plus hardies, s’approchaïient de nous, et mon regard s'arrête sur madame B... que je n'avais pas remarquée.
Elle paraissait songeuse, me fixant d’un œil qui me lisait des pieds à la tête,
Toutes mes ardeurs se réveillent à nouveau, et prenant ma place dans le rang, Je rentre au quartier, aux sons divins d’une musique dont l'harmonie ne m'avait Jamais paru si belle.
J'avais des ailes à mon imagination, et de l’audace à pleines voiles.
En pure perte cependant, car ma beauté me paraissait toujours aussi dédaigneuse, et moi j'aurais jeté trentesix mille bonnets par-dessus les moulins.
C'est pourtant si facile de se laisser aimer |
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