‹ Au pays des étapes [microforme]Chapitre 19 sur 67 · D LP PS TE SG · texte numérisé non relu

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Au loin, dans le noir, brillent deux étoiles mobiles; ce sont les yeux de l'hyène, qui attend sa pâture du chacal.

À peine celui-ci s’est-il emparé d’une proie que l’hyène, dont les regards percent les plus profondes ténèbres, bondit, chasse l’agresseur et dévore pour son compte le dîner du chacal.

C'est une bête ignoble, sans cœur, puante, aux instincts crapuleux, aucune noblesse, ni honte, ni pudeur, ni beauté, se servant de ses éclaireurs de la nuit, qui lui trouvent sa nourriture, les chassant ensuite, fuyant au moindre bruit, lâch : devant l’homme, qui est sa terreur.

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acheté un jeune mouton, qui attendait la marmite, attaché au piquet près des tentes, broutant paisibiement l'herbe maigre de la plaine.

Vers deux heures du matin, des aboiements nous annoncent la venue habituelle des chacals. :

Un camarade me propose de sortir pour les voir. |

Le firmament, d’un transparence \tropicale, s’humectait de taches laiteuses mouchetées d'étoiles, dont le tremblotement calme contrastait avec les cris aigus de nos visiteurs.

La meute s'approche; ells est près de nous. Un frisson me secoue.

Soudain, une odeur de fauve, un frûlement rapide, et une hyène, dont la silhouette incertaine disparaît au loin dans la nuit, vient de passer près de nous.

Mon camarade lâche un juron et court à son fusil.

Il était trop tard. Notre pauvre agneau,

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bélant à fendre l’âme, file rapidement, paquet de chair broyée, accroché aux dents du carnassier. |

Le lendemain, la marmite du camp était en deuil, et pendant que les hom-

D mes mangealent la maigre soupe aux légumes, l’hyène se payait dans la mon-

tagne un gueuleton soigné avec le mouton du détachement.

Mon métier m'a dressé aux coups de fusil, que je ne crains pas trop, mais les fauves ! l’hyène! Mauvaise affaire, je n’en Suis Eas.

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| |à du mn DE, Je suis encore à à P Founassa.

C'est un poste avancé, à trois cents lieues de la mer et à cent lieues au nord du Figuig, ce refuge de tous nos révoltés | sahariens, qui y trouvent une sécurité parfaite.

Founassa est une gorge entre de très hautes montagnes. Un camp y a été établi à l'entrée.

Une petite baraque m'abrite depuis quinze jours. Un rectangle de dix pieds par six forme la base du volume d'air que Je respire sous son toit.

| Le parquet est la terre naturelle. Les murs sont percés de deux petites fenètres, qui laissent pénétrer un peu d'air et

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