‹ Au pays des étapes [microforme]Chapitre 3 sur 67 · TL PL D SL · texte numérisé non relu

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Et celui qui n’a jamais eu un fusil en main ne peut se défendre d’une profonde émotion à la vue du régiment qui passe drapeau en tête.

Mon camarade, dans ses notes, se chargera de démontrer une fois de plus la vérité de ces naïfs axiomes.

Je lui donne la parole.

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Dès ma plus tendre enfance je voulais être soldat en France. |

Mon voisin, un grand vieillard tout blanc, chauve comme un caillou, avec deux formidables moustaches dont les pointes lui caressaient les oreilles, me faisait frémir en me racontant ses campagnes du premier empire.

Je pleurais à chaudes larmes quand les Prussiens l'avaient sabré, je battais des mains avec frénésie quand les Français avaient eu le dessus, et le soir, au lit, les yeux fermés, je me voyais, grand, formidable, un pli terrible au front, un sabre sanglant à la main, entouré de cadavres et de blessés, combaliant jusqu’à la mort pour la gloire et la patrie.

Mes rêves étaient pleins de coups de

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