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juste, car J'avais fait le coup. Et puis, jécrivais des lettres brûlantes aux jeunes filles du village…
— Moi, je file, tu sais; J'en ai plein le. dos.
— Je confie un soir à un franc camarade une missive fâcheuse dans laquelle je Jetais le trouble au sein d’une mille honnête.
— Est-ce qu’il en a encore pour longtemps? dit d’une voix anxieuse Antoine, k sergent-major méridional du 17°.
— Jusqu'à demain, mon cher ; quand il commence, c’est fini.
— .…. Mon commissionnaire se laisse pincer par le maître. Deux heures après, nous étions à l'étude, et quelques coups de règle sur le pupitre annoncent un événement. Bientôt on comprend qu’il sagit d’un acte de galanterie…
— Garçon, trente-deux bocks ! crieni en chœur les eonvives.
— . Le maître se met à lire l’objet du déht et termine sa lecture en jetant aux
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élèves scandalisés le nom du cynique auteur de la lettre. C'était moi. Le maitre fait de cruelles plaisanteries sur Je style de l'écrivain, qu'il accable d’un dédain bien mérité.
— Je le crois f...tre bien ! ajoute un des rares auditeurs, car les autres se sont esquivés.
— ...Je m'enfonce sous le tablier de mon pupitre, espérant que le, plancher
va s'effondrer pour me faire disparaitre |
dans la cuisine du portier. Enfin mes nerfs entrent en scène et j'en attrape une vrale crise.
— Bon dious! quelle scie!
— .. On rit d’abord, puis on est ef.
frayé. Le maître s'inquiète, me fait porter dans sa chambre, où 1l me bourre de gâteaux, m'abreuve de bon vin et m'engage à me reposer. Je profite de la situation, craignant la classe d’allemand, pour laquelle je n'étais guère préparé...
— Ah! mon cher, si tu profitais du moment pour te taire!
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— Oh! oui, je t’assure que nous en avons assez.
— Je dormis quatre heures et jétais très dispos pour la récréation, où pas un ne joua à la balle comme moi. Mon maître, convaincu d’avoir été mystifié, Jura de se venger. C'était pendant les longues récréations du midi; on discutait élèves et professeurs et, comme toujours, Je manquais de mesure dans mes appréciations sur toutes choses.
— Je le crois bien, à en juger par la colonne que tu nous montes ce soir.
— Nous n’en finirons jamais avec lui.
— Mais laissez-le’ donc finir son hisboire, ce sera plus vite fait, risque un
philosophe.
— .. On me somme de me rétracter.
Je me pique au jeu et je contourne la difficulté avec ironie. Un ordre sévère menjoint de monter là-haut pour recevor une série de coups de règle. Je re-
lue et, sifflant dédaigneusement, je sors
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de la salle, un sourire insultant aux |.
vres..….
— Jurons tous de dormir jusqu’à Ja fin du monologue, s’écrie Pascal.
— Moi, je ronfle!
Tous appuient la têle sur la table.
Petitpierre, plus nasillard encore, ur fin sourire aux lèvres, un air de triomphe épanou sur la figure, continue avec gravité :
— Je me lance dans la campagne, ju | rant de ne jamais remettre les pieds dans un établissement où les enfanis devaient se soumettre aux maitres.
Muni d'idées aussi modernes, je m'enfonce dans les bois pour y chercher un courage qui commençait à me quitter.
L'après-midi s'écoule, triste, et le soir m’amène une fringale sans pareille.
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l'on dut me rappeler qu’il était l’heure de la rentrée au collège.
Les belles résolutions du jour tombent à la nuit. Le noir des ténèbres est lerrible pour un morveux fautif.
Après plusieurs marches et contremarches, j'entre chez un ami dont les parents étaient indulgents et j'attends là les événements.
Vers onze heures, je nageais en pleine tristesse.
Où aller?
Mon père se promenat par là et, guidé par un génie hostile, il entre chez mon ami et me découvre.
A sa vue, je m'écroule sous la table.
Mon père m'interpelle, demande des explications, m'applique consciencieusement quatre coups de canne de noyer sur les reins et me reconduit au collège,
Oh! vous tous, mes chers camarades, qui avez goûté à la canne de noyer de vos papas et qui avez pu apprécier ls injustices de vos maîtres, avez-vous
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