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AVANT-PROPOS
des points de viie divers, le Danemark, d'nne part ; la Suede et la Norvege, de Vautre, exercent sitr le Francais line seduction, dont il a peine a se defendre.
Le Danemark, qui pleiire, commenous, la perte de deux de ses provinces, nous attire par le charme mysterieux et melancolique de la ressemblance qu'a faite, entre lui et nous, la communaute meme du malheur. II nous captive aussi, parce que jamais, dans la mauvaise comnie dans la bonne fortune, il ne nous a marchande ses genereuses sympathies.
De leiir cote, la Suede et la Norvege ont ete si particulierement prevenues de la nature, que c'est pro-
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prement le Pays du pittoresque. 5a;w donte, on troupe ailleurs, en Suisse, notamment, en Italie, en Russie, a Constantinople, etc., des « visions » merveilleuses ; et je sens par faitemeyit combien il est perilleux, enpareille niatiere, de provoquer des rapprochements. Je crois etre neanmoiyis en droit de dire que la magnificence de la nature Scandinave, outre qu'ellepeut soutenir n'importe quelle comparaison, a quelque chose tout ensemble de si varie, de si original, et de si extraordinaire, qu'elle occupe un rang tout a fait apart, dans Vceuvre admirable du divin Createur.
C'est la description de ce coinprii'ilegie de I'Europe septentrionale,que f'ai essay e' de fair e, dans le present volume. Le Pays des Fjords, qui commence a se dessiner, aux rives Danoises, se deroule ensuite, en sa pleine beaute, aux E tats Scandinaves;et il n'ad'auti'es limites, an Cap Nord, que les flots tumultueux de la mer Polaire.
Dans ce pacifique voyage d tr avers les deux Royaumes Danois, et Suedo-Norvegien, fai tdche, selon mon habitude, de prendre sur le vif les hommes et les choses. Le recit des evenements locaux etVhistoire des institutions et des idees tiennent done, dans les pages qui votit suivre, autant de place que la description des sites elle-meme. J'y ai seme, d pleines mains, mes impressions personnelles, ce qui ne veut pas dire que le livre est un chef-d'oeuvrej mais ce qui signifiequece
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que fe raconie a ete soigneiisement vu, et vii, f'ose le croire^ avec la tournure d'esprit particttliere qu'il plait a la Providence de departir a chacun d'entre nous.
Si fappiiie siir cetten observation », directe et immediate, des individus et des objets, c'est parce qu'une experience dejd longiie m'en a proiive non seulement la re'elle utiltte, mats encore V iinportance capitale. En desire-t-on un exemple, enire mille ? — QiCon veiiille bien se reporter an volume que je publiais, I'annee derniere,sous ce tiire :Aux rives du Bosphore. Onse convaincra, aujourd'hui, combien j'avais raisond'j signaler alors Venvahissement, chaque four plus considei-able et plus preponda-ant^ des Allemands^ a CoJistafiiinople : et Von me rendra, du meme coup., cette justice, que la recenle guerre greco-turque a donne une e'clatante confirmation aux pressentiments douloureux dont mon patriotisme, toujours et partout en eveil, etait deja impuissant a se defendre...
On trouvera done, dans ce volume, comme dans ses aines, bien des indications qui, si Von veut prendre la peine de les remarquer, pourront etre utiles. Je ne voyage pas uniquement pour « voir du pays »; mais bien plutot, mais surtout, pour avoir quelque chance de multiplier les occasions d' « observation ». Et quand, au retour, je redige mes notes et que je donne, a ces 'SidSebilhtx pris au hasard de la rencontre, une
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forme acceptable, ce nest pas non plus pour le vain plaisir de « faire gemir la presse », mats pour mettre, si possible, quelques idees noiivelles encirculatipn. Siir ce point, cotntne sur nombre d'autres, je suis en effet absolument de la religion de La Fontaine,
Et conter pour center me semble peu d'affaire
Beauregard, le i5 juin 1S97.
= CM
= (Ti
= CO
= VD