LA FRONTIERE DANOISE
VAMDRUP
N matin d'aoCit i8g6, par une pluie battante, je quittai Kiel, ou je m'etais consciencieusement __ ennuye, pendant vingt-quatre heures.
Prise en elle-meme, la ville offre en effet peu d'agrements : envahie, chaque jour davantage, par les docks et les chantiers; herisse'e de- fortifications; pleine de rues etroiies ettortueuses, piqu^es, tous les vingt pas, de maisons au reculement, Kiel serait cent fois moins inte'ressant a visiter que la coquette petite cite' de Ltibeck, sa voisine, s'il n'avait, pour stimuler notre curiosite de Frangais, son fameux « Canal ». C'est le desir de le voir, de mes yeux,
ce Canal, qui, de Hamburg, m'avait amene a Kiel. Je I'ai vu : et j'ai pu me convaincre, sur place, de deux faits, I'un et I'autre instructifs, et bons a retenir.
Le premier, c'est que, commercialement parlant, le « Canal de Kiel » est un /our, dont le gouvernement allemand n'a guere lieu de se feliciter. Pendant les premiers mois qui en suivirent Touverture, les armateurs allemands mirent une sorte d'engouement a profiter de la traversee qui leur etait offerte, et a faire passer leurs navires par cette nouvelle voie. Mais, on s'en souvient peut-etre : de nombreux accidents s'etant produits alors dans le Canal, les C'<^s^d'assurances s'en emurent, et, declarant la traverse'e « dangereuse », elles augment^rent le montant des primes. En vain, la Chambre de Commerce de Kiel, desireuse de galvaniser un peu ce cadavre, demanda-t-elle au ministre, a Berlin, d'abaisser, de 25 %) 1^ droit de passage, pour I'hiver : la petition fut rejetee, et les tarifs resterent les memes. Ce futile coup de grace donne au chauvinisme de la premiere heure, des armateurs.
Mais le « fiasco » commercial du Canal de Kiel n'a malheureusement diminue' en rien la menace qu'il a, sous le rapport militaire, suspendue sur notre tete, depuis le jour de I'inauguration. L'Allemagne a actuellement, a Kiel, un port militaire de premier ordre : elle y abrite, en suretd, une partie de sa flotte; elle y enrichit progressivement, avec une perse'verance que rien n'ebranle, son outillage d^ja formidable ; et, s'il est vrai, comme je crois I'avoir demontre quelque part (i), qu'elle n'a pas de plus ch^re ambition que d'assurer a sa marine la place mSme qu'a conquise, par ses succes de i866 et de 1870-71, son armee de terre, nous devons, en France, ne pas cesser d'avoir I'oeil sur Kiel, et ne pas nous lasser de faire bonne garde.
(i) Cf., a la fin du volume, le N" r des Pieces justificatives.
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C'esi le second souvenir a garder d'une visite a Kiel : et Ton voit qu'il nous touche de plus ptts encore que le pre-
mier.
La veille de mon depart, I'arrivee de I'escadre, en inondant la ville de matelots, avail jete dans las rues un surcroit d'animaiion. A Toulon ou a Cherbourg, la rencontre de nos marins m'aurait charme. A Kiel, le contact inevitable de ces jeunes tapageurs ne servit qu'a me faire trouver la ville encore plus maussade. J'eprouvai done, a m'en eloigner, une satisfaction rSelle, et d'autant plus vive, que c'etait ma dernifere etape avant de toucher a la frontiSre danoise : quatre a cinq heures d'express, et j'arriverais a Vamdrup.
Une pluie grise, froide, cinglait de rafales furieuses les glaces du compartiment. Blotti sous ma couverture, dans un coin du coupe, je regardais fuir, en une course folle, le sol des prairies, ici tapissees d'une herbe maigre et che'tive; la, coupees de terrains marecageux, au-dessus desquels planaient des vols de corbeaux; plus loin, traversees de rigoles qui semblaient y ranimer un peu la vegetation. Tout cela etait, au demeurant, d'un aspect assez triste : peu de fermes ; peu de betail ; presque le steppe. Sans doute, je n'avais sous les yeux qu'une vision, en diagonale, du Schleswig-Holstein, du midi au nord. Mais, a le prendre tel quel, dans cette vision necessairement incomplete, le panorama des deux provinces n'offre rien de bien se'duisant.
C'est pour elles cependant, c'est pour cette lande, que tant de sang a ete' versd, pendant un demi-siecle!
Et, tandis que le coursier de feu nous emportait, a perdre haleine, je me rememorai les principaux details de cette celebre question du Schleswig-Holstein. Elle se rattache a une idee qui a singulierement fait fortune, en notre si^cle; et elle se resume dans une formule qui a et6 bien souvent prononcee, a la tribune des Chambres, comma
dans les relations diplomatiques, le trop memorable « principe des nationalit^s ».
Au commencement de ce siecle, le Danemark venait de se voir arracher, par le traite de Kiel (1814), la Norv^ge, qu'un lien de vassalite avait r^unie a la couronne de Frederic I, il y avait pr^s de quatre cents ans (i523). C'etait, au nord, une immense perte territoriale. Mais, au sud du Jutland, per^aient, a la meme date, et chaque jour grandissants, de nouveaux symptomes de se'paration. De 181 5 a 1848, on vit eclater fr^quemment de graves conflits, tantot, entre la couronne de Danemark (i) et les Duches ; tantot, entre les populations danoises et allemandes qui les habitent, et qui y conservent le caractere et les pretentions de leurs nationalites respectives. En 1848, les colons allemands tenterent d'obtenir, par la re'volte, une administration particuliere ; ils n'y reussirent pas. Mais, seize ans plus tard, le fatidique principe avait fait son chemin. Arguant done du « voeii des populations, » la Prusse et I'Autriche, sur le ton hautain qui sied a des gens s'estimant dix fois plus forts que celui qu'ils attaquent, sommerent le Roi Christian IX de « donner satisfaction » aux habitants du Schleswig-Holstein. Le Roi de Danemark n'hesita pas a prendre les armes pour de'fendre les droits de ses sujets, odieusement me'connus par les deux nations coalisees. Mais que peuvent, contre le nombre, la bravoure et rh^ro'isme?... La force brutale ecrasa le droit. Vaincus, a Duppel, en face de File d'Alsen, apres la plus glorieuse resistance, les Danois durent evacuer les deux provinces. L'annee suivante (i865), a Salzburg, la Prusse et I'Autriche se partageaient les trophe'es de la victoire : celle-ci obtenait le Holstein; celle-la, le Schleswig.
(I) La graphic exacte de ce nom, dans la lanmie danoise, est
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Mais c'est une loi consolante de I'Histoire, que I'iniquit6 ne profile pas indefiniment a qui I'a commise. Combien de temps elle aura ete utile a la Prusse, qui depuis, en a perpetre tant d'autres, I'Histoire, quelque jour, le dira. En attendant, elle I'a dit, pour I'Autriche ; car I'expiation ne se fit point attendre : elle fut presque immediate.
Moins occupee en effet de conquerir les Duches, pqn- 'dant une campagne dent Tissue ne lui semblait point douteuse, que d'e'pier son alliee, de decouvrir les points defectueux de son organisation militaire, et de se rendre exacterrient compte de ses ressources, la Prusse avait pris bonne note de I'insuffisance des forces de I'Autriche et de la faiblesse de sa strategie. Hardie autant qu'avide, elle elle lui fit done, I'annie suivantc (1866), une « querelle d'allemand », Justement apropos de ce duche de Holstein qui lui etait echu en partage, aux termes de la Convention de Salzburg.
L'attaque etait si manifestement injuste que, tout en se pr^parant a y repondre, les armes a la main, I'Empereur Francois-Joseph crut devoir adresser a son peuple, le jour meme de I'ouverture des hostilites, une proclamation solennelle : « En presence, disait le Souverain, en presence des maux incalculables qui vont fondre sur les individus et sur les families, sur les provinces et sur le pajs, j'en appelle a I'Histoire et an Dieu tout-puissant, et je cite a leur tribunal sacre ceux qui, ayant amene ces maux, en porteront la responsabilite... Les derniers evenements prouvent incontestablement que la Prusse met la violence a la place du droit... C'est une puissance qui n'est guid^e, dans ses projets, que par des sentiments egoistes et un desir insatiable de conquetes! » Malgre cette protestation eloquente et emue, et en ddpit de la science trop vantee peut-Stre, du plan stra.t^giquede Louis de
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Benedek, la force I'emporta encore surle droit ; et, aSadowa, en Bohgme, le 4 juillet 1866, I'Autriche fut ecrase'e par la Prusse. Avec quel sentiment de stupefaction fut accueillie la nouvelle de ce desastre, qui e'clata ainsi qu'un coup de foudre, les hommes de ma ge'ne'ration peuvent se le rappeler. Malheureusement, nous nous bornames, en France, k nous apitoyer sympathiquement sur le sort de I'Autriche; et, dans sa de'faite, nous ne stimes ni voir, ni comprendre, une seule des multiples legons qui s'y trouvaient, pourtant si clairement renfermees, a notre propre adresse...
Irr^me'diablement atteinte dans la position qu'elle avait occupee, jusque-la, parmi les Etats allemands, I'Autriche sortit alors de la Confe'deration germanique et perdit cette province du Holstein (i), qu'elle n'avait conquise, deux ans auparavant, qu'en mettant elle-meme la violence d la place du droit, et en s'associant, a la face de I'Europe, aux sentiments ef^o'istes et au desii- insatiable de conqiietes de la Prusse. Elle e'lait done punie, presque soudainement, par ou elle avait pe'che.
Or, j'evoquais, avec m^lancolie, tous ces instructifs souvenirs, tandis que, a travers le Schleswig, nous nous rapprochions, au galop du Schnelli^ug, de la frontiere danoise. Et, tout en les faisant de'filer devant mes yeux, par I'lmagination, je songeais,plus melancoliquement encore, a toutes les ruines qu'on a accumul^es, en ce siecle, au nom de ce fameux « principe des nationalites ». (2) On a
(i) Par 1 annexion du Schleswig-Holstein, I'Allemagne a arrondi t.on terntoire d'une superlicie d'environ 20.000 kilometres Carre's et accru sa population de 1. 124.862 habitants. '
(2) Lorsqu'eclata la guerre de 1864,1a Prusse et I'Autriche pretenairem que le Danemark avait viole les engagements qu'il avait pris en !«:,,, yis-a-vis de la Confederation Germanique. Mais, a suppomninl"^- ^^""^3t'°n fut exacte, leur intervention armee n'etait pas moms, a ce premier point de vue, tout-a-fait injustifiable, puisque
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rdussi en effet a I'eriger en una sorte de principe sacr6 ;
et nul vocable n'a peut-etre jamais eserc6 un empire
plus general, ni plus irresistible. L'allemand se parle a
Schleswig, a Meiz, a Strasbourg : done, le Schleswig, la
Lorraine, I'Alsace, doivent appartenir a I'Allemagne.
L'italien se parle a Venezia : done, la Vdn6tie doit etre
adjointe a I'ltalie. Et, depuis quarante ans, eternels ba-
dauds, et dupes perpetuels des mots et des formules, nous
avons tenu notre role dans cette tragi-com6die, tant6t
comme chevaliers-errants des pr6tendus opprimes, tantot
comme complices des spoliateurs, jusqu'au jour ou nous
sommes devenus nous-memes leurs victimes, sans nous
etre apercus que, avec cette desblante piperie des mots,
nous participions a la cre'ation de I'Allemagne ! Puissent
du moins les terribles legons de THistoire nous dessiller
enfin les yeux ; puissent-elles nous faire comprendre que
notre propre unite n'est point fond.e'e, elle, sur cette base
etroite; et nous gue'rir, si tard que ce soit, de notre trop
aveugle desint^ressement...
Vamdrdp! Premiere station danoise, et gare de frontiere. Comme a Veribolovo et a Graniga, en Russie, la
c'etait a la Confederation Germanique que le roi Christian IX devait, dans I'hypothese, rendre compte de ses pretendus engagements, et non a I'Autriche ou la Prusse, qui n'etaient alors que de simples feudataires de la Confederation. En second lieu, la mort du roi Frederic VII ne laissait point du tout ouverte, comme I'aflEirmaient les deux puissances alliees, la succession du Schleswig-Holstein. Le traite de Londres, destine a assurer I'integrite de la monarchie danoise, avait en effet place eventuellement les diverses couronnes sur la tete du prince Christian de Glucksburg, neveu de Frederic VII. Or, la Prusse et I'Autriche avaient collabore a la redaction de ce traite. Est-ce done par des coups de canon qu'une puissance peut degager sa signature?... On disait enfin, en s'armant du principe des nationalites, que les Allemands du Schleswig etait odieusement persecutes par le Danemark. Mais, outre qu'il faudrait d'abord prouver I'exactitude de I'imputation, quel compte a-t-on tenu de ce beau principe, en enlevant, rien que dans le Scheswig, plus de 200 miile Danois, pour se les approprier ?... Tout est done inique, dans cette guerre du Schleswig-Holstein : et I'Histoirela reprouvera!
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lO EN DANEMARK
gare de Vamdrup a deux facades, deux chaussees et deux voies distinctes, respectivement affectees id, I'une au service du reseau danois (Fig. i) ; I'autre, a celui de la ligne allemande. D'un cot^, vient stopper le train qui nous amfene de Kiel; de I'autre, se tient, sous vapeur, celui qui
Reseau des l.gnes danoises.
nous attend pour nous emporter a travers le Jutland. Le premier se vide, en un clin d'oeil, car, selon la formule traditionnelle, « tout le monde descend de voiture » ; et voyageurs et bagages s'empilent dans la « salle de revision ». Mais tandis que, d'ordinaire, cette operation de
VAMDRUP
transbordement ne va pas sansquelque tapage ni quelque desordre (i), tout se passe, a Vamdrup, sans bruit, sans tumulte, et dans un ordre parfait. Comme a la frontiere russe, cela se fait pose'ment, avec calme, et dans une sorte de silence religieux. Je souligne la ressemblance d'autant plus volontiers, qu'elle m'a paru tres-frappante. Abstraction taite en effet de la formalite des passe-ports, qui revet, en Russie, une rigueur draconienne, c'est, a Vamdrup, la meme gravite' polie des douaniers et, surtout, la meme courtoisie distinguee de leurs chefs. L'un d'eux, un beau vieillard a barbe blanche, vient a moi et, avec toutes sortes d'egards, me demande s'il y a, dans ma valise, quelque objet passible des droits. Sur ma simple re'ponse negative, et sans meme, pour en controler I'exactitude, faire ouvrir men bagage, il fait un signe, et un emploji subalterne s'empresse d'y apposer la minuscule etiquette, couleur saumon, du laisse^-passer (2). Autour de moi, les chosesse font a peu pres de la meme raanidre, a demi-voix, et sans fracas ni discussion. Comme nous voila loin des famous bruyantes et soupgonneuses de la douane iialienne, qui se croit rarement quitte de son mandat avant d'avoir explore une malle jusque dans les basfonds et d'en avoir bouleverse', saccag6, tout le contenu! Affaire d'e'ducation, sans doute : mais, a ce compte, que n'envoie-t-on un peu plus les douaniers italiens a I'ecole ; ou encore, que ne leur montre-t-on comment procfedent leurs confreres de Russie et de Danemark, qui certes les valent bien, et dont ils pourraient avantageusement recevoir plusieurs sortes de legons ?...
(i) Comme a Modane et a Vintimiglia, parexemple, pour prendre deux fails a la portee de la main.
(2) Par ses dimensions modestes, comme par I'elegance de sa couleur, cette petite etiquette, qui porte, imprimes, les mots : Toldberigtiget Vamdrup Tolsted, tranche sur la large et vulgaire etiquette du 9lewbtvt des douaniei's allemands.
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La « visite » acheve'e, je gagne, en traversant une belle salle d'attente — Ventesal, en danois — , la chaussee, le long de laquelle se profile le train danois, avec, en tete, sa locomotive fremissante, dont le haut de la chemine'e est decore d'une colerette originale, aux trois couleurs rouge, blanc, et rouge, superpose'es. Coquet et pimpant, dans le resplendissement de son materiel astique, ce train-la fait vraiment plaisir a voir. Casquette basse, un employtJ m'ouvre obligeamment la portiere d'un compartiment de I" classe, dont je fais avec satisfaction une inspection rapide, dfes que le facteur a installe mon bagage dans les filets. C'est positivement un salon, ce compartiment : large, eleve, luxueux, il offre tous les avantages du confortable le plus intelligent. Sur un tapis moelleux, se trouvent disposes cinq fauteuils recouverts en velours rouge, trois d'un cote, deux de I'autre : sur I'accoudoir, repose un petit coussin, en cuir rouge, dont Tune des faces est ornee d'un dessin, au centre duquel se detachent les majuscules D. S. B., — Da}2ske Statsbaner, « Chemins de fer de I'Etat de Danemark » — , sommees d'une couronne royale (Fig. 2). Le plafond, tapisse de cuir blanc frappe, est tres haut, et trSs Clair; il jette, dans tout le compartiment, une note gaie; la nuit venue, il resplendit, sous I'eclat lumineux de deux bougies electriques. Entre le plafond et les fauteuils, une tapisserie, en imitation de cuir de Cordoue, de teinte fauve, avec de gracieux ramages de fleurs, garnit les fonds et complete I'orchestration des couleurs. Aux glaces des fenetres, flottent des stores de soie blanche oii se repdte le dessin des coussinets place's entre les fauteuils. La place qu'occuperaitle sixieme fauteuil est reservee au passage qui donne acces dans un cabinet-toilette, egalement
Fig. 2.
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bien compris. Au-dessus de la glace de la porte d'entree se lit le mot, Sovesofa : a I'interieur, un lavabo vernisse avec un essuie-mains d'une blancheur immaculee, et un petit savon rouge ; puis, a cote', pareillement confortables, les « dependances » utiles. On se trouvedoncla a souhait,. et comme dans un nid.. Les fauteuils, monies sur charnieres, peuvent se rejoindre, et se transformer, pendant la nuit, en un lit tres commode. Et Ton y a d'autant mieux la facility de dormir que les vagons, admirablement suspendus, produisent une sorte de bercement extremement propice au sommeil. Telle fut done, a Vamdrup, ma a premiere impression danoise » : je n'aurais vraiment pu larever plus entierement satisfaisante. Ge que j'allais voir d'ailleurs ne devait qu'aider a la confirmer. Apres la traversee du Schleswig-Holstein, oil le contact prussien semble avoir seme la desolation, j'entrais au Pays du pittoresque, ou j'allais trouver quelques-uns des pjus grandioses spectacles de la nature.
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