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CHOSES DE NORVEGE

gien et les Gommissaires du Roi de Suede; et, le 400vembre 18 14, apres une laborieuse discussion, les deux parties finirent par s'entendre et par signer une Constitution, aux termes de laquelle les deux Royaumes devaient gtre unis, sous le sceptre du Roi de Suede, tout en demeurant independants I'un de I'autre. Depuis quatre-vingts ans, lis viventainsi, juxtaposes : autonomes I'un et I'autre, ils ont, tout a fait distincts, leurs Parlements, leurs armees, leurs finances, et ils jouissent d'une independance administrative absolue. Quant aux affaires communes aux deux pays, elles sont examinees et resolues dans un Conseil d'Etat mixte, compose de Sue'dois et de Norvegiens.

A premiere vue, cet 6tat de choses semble aussi favorable que possible pour menager, de part et d'autre, les susceptibilites nationales. Mais, si I'on songe que I'acte d'Union, dans lequel devrait etre e'num^re' le detail des affaires communes, est a la fois tres sommaire et tres confus, on comprendra sans peine que, depuis plus de trois quarts de si^cle, des difficulte's sans nombre aient pu surgir, entre les deux Royaumes, et que le conflit y regne aujourd'hui presque a I'e'tat aigu. Or voici, esquissde aussi exactement que possible, la forme qu'il revet, actuellement. La discussion entre la Norvege et la Suede porte specialement sur la negociation des affaires Norve'giennes, et sur celle des affaires communes aux deux pays. Sur le premier point, les Norve'giens repoussent tout compromis; d^sireux de rester, chez eux, maitres absolus, ils refusent toute intervention des pouvoirs Sue'dois. Sur le second, ils limitent la question des affaires communes a I'alliance defensive, et disent tout haut que la Norvege veut rester maitresse de ses destine'es et ne point etre exposee, par exemple, k se voir engagee dans des traite's, malgre' elle. Pour y arriver, ils r6clament, a cors et a cris, au lieu du Ministre des affaires e'trangeres, qui est unique

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pour les deux Royaumes, et toujours Su^dois, un Ministre special, qui serait Norvegien, et responsable devant le Parlement de Kristiania. Mais la Su^de ne peut e'videmmentpas ceder devant de telles injonctions, sans s'amoindrir, ni surtout sans s'engager dans une voie de concessions graves, dont il lui serait ensuite impossible peut-etre de se tirer. L'opinion est unanime, en Suede, a cet egard; et, en maintenant avec energie et fermete les principes constitutionnels, le Roi Oscar II salt fort bien qu'il a, derrifere lui, tout son peuple.

On doit regretter, sans doute, ce conflit violent, entre deux peuples qui auraieni tant et de si bonnes raisons de vivre en une parfaite entente. Mais ce qu'il faut regretter surtout, c'est que les Norvegiens, aveugles par leur ambition immoderee d'inddpendance, comprennent si mal leurs veritables interets. lis s'estiment, a tort, exclus de la direction des affaires etrangeres, puisqu'ils ont, a Stockholm meme, un Ministre d'Etat, dont I'autorite est aussi considerable que I'influence, et qui est consulte pour toutes les aifaires communes. D'autre part, ils oublient qu'ils ont un bon nombre de Norve'giens, dans le corps Consulaire. Enfin, ils ne se rendent pas compte que, en fait, jamais leur pays n'a 6t6 plus prospere, ni plus heureux, qu'il Test depuis quatre-vingts ans. L'opposition, qui est entretenue, chez eux, par une moitie seulement du Storthing, et qui, malgrd les pretextes qu'elle met en avant, ne vise rien de moins que la separation des deux Royaumes, cette opposition, dis-je, est aussi maladroite, et, dans le fond des choses, aussi anti-nationale, aussi anti-Norvegienne, que possible. Trois quarts de siecle d'une paix et d'une prospe'riie, telles que la Norvfege ne les avait encore jamais connues, devraient suffire, ce semble, pour lui prouver qu'il ne lui a pas ete' inutile de vivre sous le regime de I'Union, et que, en poursuivant, avec une minorite turbulente, le reve

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