LAC SITUÉ AU SUD DELA BAIE DU TORRENT
gouvernail, et nous poursuivons ainsi une espèce de canard qui nage très bien, mais ne vole que très difficilement.
Quelle course! Quelle lutte! L'oiseau volait sur une longueur de 100 à 150 mètres, puis, brusquement, se remettait à nager avec affolement. Bientôt, nous le rattrapions, pour le voir s'envoler de nouveau quand nous nous apprêtions à le saisir.
Au bout de dix minutes, le pauvre volatile, exténué, fut assommé d’un coup d’aviron au moment où il sortait de l’eau.
Nous supputions déjà le nombre de bons morceaux que nous donnerait notre capture, quand, à 100 mètres de nous, surgit un magnifique cygne à tête noire. Il avait, sans doute, perdu de vue sa mère et ses frères, car il était jeune et ne volait que difficilément, L'aspect de cette nouvelle proie ranime nos forces, en nous excitant à continuer la chasse.
Notre cygne nageant à merveille, le canot le suivait avec peine : la victoire devait rester à celui des combattants qui aurait le plus de souffle. Vingt minutes d’une résistance homérique, puis l'oiseau, étendant ses ailes, ne bougea plus. Un matelot de l’avant le saisit, lui lia les pattes, ainsi que les ailes, et le plaça au fond du canot.
De retour à la Belgica, nous le portâmes sur le pont; mais, comme il avait repris haleine, il tâcha de s’enfuir. Se sentant prisonnier, il fit contre mauvaise fortune bon cœur.
11 était superbe, notre cygne : blanc comme neige, avec la tête et une partie du cou d’un noir de jais (1).
La description de notre excursion engagea de Gerlache à se rapprocher du glacier. À 4 heures, nous stoppions au fond de la baie, au Sud d’une moraine contre laquelle les glaces venaient s'arrêter.
Comme le ciel était couvert, il ne pouvait être question de faire des observations astronomiques. Je repartis en chasse avec Mélaerts et les
(x) Les cygnes à tête noire se laissent très difficilement approcher. Devenus adultes, ils ont un vol étonnemment puissant. Si nous avons pu en capturer un
à la course, il est évident qu'il s'agissait d'un jeune oiseau.
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quelques matelots qui m'avaient accompagné le matin. Cette fois, nous primes des fusils.
Au moment du départ, j'avais confié à de Gerlache, qui se rendait à terre, que je caressais l’espoir de capturer toute la nichée de cygnes à tête noire. Hélas! non seulement je ne vis plus un seul cygne, mais, en rentrant à bord, j'appris que notre beau captif, rompant le lien qui retenait ses ailes, s'était envolé.
La journée du lundi, 20 décembre, fut consacrée tout entière au travail.
Vers 5 heures du soir, reprenant le large, nous allons mouiller, à Q h. 1/2, dans une autre petite baie de la Terre de Feu, vis-à-vis de l'ile Chair, dans le Darwin Sound.
Malgré l’obscurité naissante, de Gerlache, Arctowski, Racovitza et moi, nous nous rendons à terre, où Arctowski recueille des échantüillons de roche. Ouant à Racovitza, il fait une pêche si merveilleuse, que nous baptisons l'endroit Baie des Astéries.
Le lendemain, 21 décembre, dès 4 heures du matin, nous franchissons le North West Arm, pour nous engager dans le Canal du Beagle. La brise souffle violemment en rafales. Enfin, à 8 heures du soir, nous arrivons devant la presqu’ile d'Ushuawaïa.
Tout à coup, le navire frémit: nous venons de toucher un banc de roche. Heureusement, la machine bat de l'arrière et nous dégage.
Étant donnée l’obseurité, nous faisons un léger détour, contournant les iles Bridges et Willie, en laissant par tribord les Éclaireurs.
Vers 10 heures, la nuit devient absolument obscure.
D'après les instructions nautiques, nous devions, avant de laisser tomber l'ancre, apercevoir dans un certain azimut le feu d’'Ushuwaïa. ITeureusement que nous mouillâmes, sans tenir compte de cette observation, au moment où la sonde ne renseignait plus que 10 mètres, car nous étions tout près de la côte. Le feu d’'Ushuwaïa avait, déjà à cette époque, été changé de place depuis un an et aucun avis n’en avait cté donné encore aux navigateurs !
Voilà comment on se « mettrait au plein » sans s’en douter !
CRE PPRE SX Noël à bord de la « Belgica ».
Le 22 décembre, la première lueur du jour nous permit de constater que nous étions trop proches de la côte. Les feux furent activés et nous changeîmes de mouillage.
Vers 8 heures, de Gerlache se rendit chez le gouverneur. Fâcheux contretemps : il était à Buenos-Ayres, et son secrétaire, à qui le commandant exhiba le permis de prendre du charbon, lui apprit qu'aucun ordre n'avait été donné, dans ce sens, par le gouvernement de la République. Pour comble d’ennui, nous découvrimes que le dépôt argentin ne se trouve pas à Ushuwaïa, mais à Lapalaïa, que nous avions doublé la veille !.. Heureusement, tout finit par s’arranger. Le secrétaire nous remit un écrit nous autorisant à embarquer du charbon à Lapataïa, et jusqu’à concurrence de 100 tonnes. Il eut même la gracieuseté de nous prêter des sacs pour faciliter l’embarquement du combustible.
Pendant ce temps, Arctowski et Cook visitaient la mission protestante anglaise dirigée par le R. Lawrence. Ils y étaient reçus avec tant de cordialité que, dans le but d'étudier les mœurs des habitants indiens de la localité, ils acceptèrent de séjourner à la mission jusqu’à notre retour de Lapataïa.
Le 23 décembre, nous reprenons la mer et, quelques heures plus tard, nous mouillons dans la baie de Lapataïa.
Cette baie est longue de trois milles environ et large d’un mille, Elle est orientée de l’Ouest-Nord-Ouest vers l’Est-Sud-Est, A l'entrée, se trouve la jolie petite île Round.
L'accès de la terre est facile, les eaux y sont profondes, même très près de la côte. La baie est encadrée de collines à pentes vives, toutes
couvertes d’une riche végétation. Elle se relie à Lapataïa par une
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vallée profonde, où coule un torrent impétueux et où le vent s’engouffre avec une violence extrême.
Le dépôt de charbon argentin, qui n'existe que depuis 1806, consiste en un vaste hangar couvert d’une toiture métallique, où sont abritées 200 à 250 tonnes de charbon. Ce combustible n’est certes pas comparable à celui de notre bassin houiller belge, mais il nous fut des plus utile et nous aurions mauvaise grâce à le déprécier, alors qu'il nous fut si généreusement offert,
Dès notre arrivée dans la rade, M. Montaldo, Argentin, et M Boursotti, Italien d’origine, tous les deux surveillants du dépôt et chefs d'une importante scierie établie à courte distance de notre mouillage, se présentèrent à bord de la Belgica pour se mettre à notre disposition, selon les ordres qu'ils avaient reçus directement de Buenos- Ayres
En dehors de ces messieurs et de la famille Boursotti, qui occupent une confortable maison de bois, on ne compte guère à Lapataïa que cinq ou six ouvriers.
La scicrie est munie d’un bon outillage et fait d'excellentes affaires. Elle trouve sur place des forêts de superbes hêtres, qu’elle débite, par les transports argentins, dans toute la Patagonie et même à Buenos- Ayres.
Notons, non loin de la scierie, le /ac Acigami, où nos marins firent une pêche des plus abondante.
Dès le 23 décembre, nous commençons l’embarquement du combustible. Quel labeur! MM. Mélaerts, Somers, Amundsen et Van Rysselberghe consentent très aimablement à se convertir, qui en charbonniers, qui en débardeurs, pour aider les matelots à entasser le charbon dans les sacs, à le transporter sur un chaland et, finalement, à l’embarquer à l’aide d’un treuil à vapeur. Les derniers jours même, afin de gagner du temps, le commandant et moi nous nous joignons aux équipes.
Le soir, lorsque nous cessons ce travail inusité, officiers et matelots
fraternisent encore pour le nettoyage du pont. Puis, c’est notre tour :
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un bain complet a raison de la poussière de charbon qui s’est insinuée partout, sur notre corps et dans nos vêtements.
Cependant, il est juste de remarquer que le métier de charbonnier produit un effet auquel nous étions loin de nous attendre : le poussier donne aux yeux un éclat singulièrement brillant. Avis aux belles mondaines qui, le soir d’un bal, voudraient se passer la fantaisie de se faire souffler, dans les yeux, cette poudre d’un nouveau genre!
24 décembre! — Se croirait-on, grands dieux, à la veille de Noël! La journée se passe sans incident, mais le soir, vers 6 1/2 heures, comme nous sommes en train de souper, l’homme de veille signale, tout à coup, que la forêt est en feu.
Arctowski, qui vient de rentrer à bord après avoir fait à pied, avec deux Indiens, le trajet d'Ushuwaïa, nous explique aussitôt que, selon lui, l'incendie a dù commencer à l’endroit où ses Indiens, pour signaler au loin leur présence, ont allumé un feu, qu'ils ont probablement éteint avec trop peu de soin. Le foyer de l’incendie n’est pas très éloigné d'un dépôt de planches appartenant à la scierie à vapeur; il n’y a cependant rien à craindre pour le moment.
En un instant, nous sommes tous sur le pont avec des jumelles, Quel spectacle grandiose que celui d'une forêt en feu, lorsqu'on sait qu'il n'y a aucun accident de personne à craindre et que la nature, prodigue dans ces régions, aura repeuplé la forêt avant que quiconque ait pu souffrir du dégât matériel!
Cependant, il fallait enrayer les ravages du feu. Le commandant me prie de faire mettre les canots à la mer. Nous partons tous, sauf de Gerlache et Amundsen.
Quelle promenade féerique! La mer est calme, les canots glissent sans heurt, les matelots rament en cadence, tandis que l'immense brasier colore le ciel et l’eau, comme dans un conte des mille et une nuits.
Mais le temps presse, arrière la rêverie! Les rameurs font un vigoureux effort et abordent. Chacun s’arme d’une hache ou se munit
d’un seau en toile.
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Pendant que les uns font la chaine, les autres s’empressent d’abattre les gros arbres en feu, afin de les isoler. Heureusement qu'il n’y a pas un souffle dans l'air : nos efforts sont couronnés de succés,
l’incendie s'éteint peu à peu.
Vers 10 heures, notre tâche est terminée, nous revenons à bord.
Une charmante surprise nous y attend : Noël a passé, illuminant la Belgica, apportant à chacun des cadeaux, des douceurs
Oh! les yeux étonnés de nos braves marins, lorsqu'ils voient les logements, le poste, le carré pavoisés de drapeaux de toutes les couleurs! Quelle satisfaction ils éprouvent à palper les vêtements bien chauds que leur donne l’expédition (1)! Quelle joie naïve et complète fait trembler leurs mains, lorsqu'ils caressent avec amour la belle pipe, le bon tabac offerts si généreusement par MMmes de Gerlache et Osterrieth!
Le commandant est ému de la joie de chacun. Il fait servir un grog, où officiers et matelots fraternisent gaïment.
Puis, ce sont des discours patriotiques et autres : Tollefsen parle en norvégien, Van Rysselberghe en français, mais chacun applaudit à outrance: de Gerlache, le dernier, prend la parole à peu près en ces termes :
« Mes amis, nous sommes peu nombreux, nous aurons parfois une lourde tâche à remplir, mais je suis convaincu que tous vous ferez votre devoir. Et surtout qu'aucun de vous ne vienne jamais me dire : « Je suis fatigué! » — Vous n’avez pas le droit d’être fatigué, Lorsque vous serez « malade », ce sera différent : je vous donnerai du repos. »
Là-dessus, l'état-major quitte le poste et se rend au carré. Nous
y trouvons aussi notre part de gâteries. Voici, pour chacun, un
(x) Bien que la solde de l'équipage fût dérisoire, les hommes devaient acheter de leurs deniers leurs vêtements et le linge, à l'exception d'un premier équipement de
parade qui leur avait été donné à Anvers.
soyeux foulard de cou, don de Mme Ramelot; un roman enveloppé d'une superbe couverture brodée avec une finesse exquise par Mne Louise de Gerlache; enfin, des gâteaux, des douceurs dont personne ne fait fi.
On rit, on plaisante, Arctowski est mis sur la sellette pour l'incendie de la forêt, dont nous le rendons responsable, Nous ne manquons pas non plus de commenter le « malade, mais jamais fatigué » du discours du commandant, qui riposte gaiment.
Un peu après minuit, on se sépare, chacun rentre dans sa cabine.
La mienne me paraît moins misérable que naguère. Mon hublot est grand ouvert : la nuit est sereine; je respire avec volupté l’âpre souffle des mers, tandis qu’au loin, par moments, le foyer de la forêt se ranime, laissant jaillir des fusées par milliers.
Noël! Noël! que nous apportes-tu dans notre soulier?
Voici venir l’ère des souffrances : nos cœurs et nos bras sont-ils prêts pour la lutte suprême?
Noël! qui évoques le souvenir de tous ceux que nous avons laissés au pays; Noël! qui nous rappelles tout ce qu'ils espèrent, donnenous la force de souffrir et de vaincre! Mais si jamais nous ne devons revoir la patrie, tu iras l’an prochain murmurer à l'oreille de ceux qui nous attendrons en vain que notre pensée ne les a pas Quitiés
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CÉHAPILREC RTE En détresse.
La journée de Noël et celle du lendemain, qui était un dimanche, furent consacrées au repos. Le soir du 26, toutefois, il fallut changer de mouillage, parce que, sous les rafales violentes, le navire chassait sur ses ancres.
Le chargement du charbon fut repris le 27 et terminé le 29, à la soirée. Nous avions donc perdu cinq jours à ce labeur, et pour ne charger que 45 tonnes de combustible.
Le 30 décembre, tandis que l'équipage est occupé à un nettoyage général, l'état-major prend part à une excursion organisée dans la forêt par MM. Montaldo et Boursotti. Comme je dois me rendre à terre pour des observations, il est convenu que, le travail terminé, mon canot déposera Dobrowolski en un point de la côte, d'où il pourra rejoindre les excursionnistes,
Tout se passe comme nous l’avions projeté ; mais, à un moment donné, Dobrowolski, voulant m’éviter un long détour, me propose de le descendre à un autre point d'atterrissage. J'accepte avec d'autant plus d’empressement, que j'ai hâte de terminer mes calculs, avant l’appareillage de l'après-midi.
Quelle erreur fut la nôtre ! Je m'étais éloigné depuis peu de temps, lorsque Dobrowolski s’aperçut que je l'avais déposé dans une île !...
Conservant son beau calme habituel, notre ami ne s’effraya nullement de se voir transformé en Robinson. Il visita son nouveau domaine, joua berger auprès des moutons qu'il y trouva installés et attendit patiemment l'événement qui devait le délivrer. L’estomac le tiraillait fort, la marche et la pensée du bon repas qu'il aurait dû faire lui ayant aiguisé singulièrement l’appétit.
Enfin, vers 3 heures, les excursionnistes passèrent providentielle-
ment à proximité de l'endroit où il se trouvait et le rapatrièrent.
Le 30 décembre, à 5 heures, nous faisons route vers Ushuwaïa, où nous devons reprendre Cook, faire le plein des réservoirs d’eau douce et rendre les sacs à charbon qui nous ont été prêtés.
Ushuwaïa possède la même organisation que la plupart des colonies françaises, dont la population est presque exclusivement constituée par des fonctionnaires.
L'école — car il y a une école — n’a pas d'élèves; aussi l’instituteur et l’institutrice, qui en ont la direction, avaient-ils résolu de charmer leurs loisirs en se mariant prochainement, Le seul moyen, pensaientils, de se maintenir dans leurs fonctions était de peupler eux-mêmes les classes.
Ushuwaïa ne semble pas avoir été créé dans un but commercial. Les Argentins ont établi cette station en vue de contrebalancer l'influence croissante des Chiliens dans le détroit de Magellan. Le sentiment de rivalité des deux peuples s’est encore aigri, depuis que la question des frontières a été soulevée, La guerre même a failli éclater à diverses reprises. Les Argentins ont, conséquemment, cherché, dans le détroit, un endroit propice à l'établissement d’un port de gucrre où pourraient se concentrer toutes leurs forces navales. À ce point de vue, l'emplacement est certes bien choisi : la rade est vaste et profonde; elle est fermée, au Sud et à l'Est, par des iles et la péninsule d'Ushuwaïa ; l'accès peut en être rendu impossible, du côté Sud-Ouest, avec quelques batteries qu’on établirait à peu de frais. Comme le débarquement, en cet endroit, s'opère difficilement, le gouvernement argentin a l'intention de faire construire un grand môle, qui abriterait, en même temps, contre la mer, un certain nombre de navires.
Le 31 décembre — serait-ce l’influence de notre mouillage dans un port de guerre? — l'équipage manifeste un peu d'humeur. Les hommes se plaignent de la ration et demandent celle que l’on donne généralement à bord des bâtiments de commerce. de Gerlache se rend dans le poste : il leur démontre, par a plus b, que leur ration
est supérieure à celle que les matelots ont eux-mêmes fixée et
que leur manque d'ordre est seul la cause de leur mécontentement.
Le même jour, Cook rentre à bord, nous ramenant un passager | Le R. Lawrence demande à être conduit à Harberton, où se trouve son ex-collègue, M. Bridges.
Cette escale à Harberton n’était pas indispensable ; cependant, comme nous n'avions pu obtenir à Ushuwaïa que très peu de viande fraiche, il était bon, surtout en présence des récentes réclamations, d’en embarquer le plus possible avant de mettre le cap au Sud.
De plus, on rendait service à M. Lawrence, à qui Cook, et par conséquent l'expédition, était redevable de renseignements précieux au point de vue anthropologique.
Au reste, Harberton étant sur notre route, il suffisait d'y jeter l’ancre pour quelques heures.
Le dimanche, 1% janvier 1898, nous appa-
reillons à 11 heures du matin.
BRON a L'’après-midi, vers 4 heures, tandis que FIG. 9. ne ; à
j'étais sur la passerelle, j’aperçus au loin MÉGAPTERE PLONGEANT. ï = :
un immense oiseau, qui, de temps à autre,
ouvrait et refermait lentement ses ailes, puis disparaissait en plongeant. Je fis aussitôt prévenir notre zoologue, qui reconnut que mon
oiseau était... les nageoires caudales d’un mégaptère qui sondait (x)!
(1) Les mégaptères sont des cétacés de 16 à 18 mètres de long. Ils viennent faire à la surface une série de courtes inspirations et expirations. Après chaque inspiration, ils disparaissent sous l'eau à une faible profondeur. Lorsqu'ils viennent ainsi respirer, ils montrent l’évent, puis la dorsale, mais ne montrent pas la queue. Après une série d’inspirations brèves, ils font une longue inspiration, puis sondent, c'est-à-dire qu'ils plongent, pour chasser, à une profondeur qui peut atteindre 100 mètres. Au moment où ils sondent, les mégaptères montrent entière-
ment leurs nageoires caudales.