ET FORMATION DU € RASSOL
CFAPOERE RE Un ouragan dans la banquise. — Bloqués.
Nous avons laissé la Belgica, le 12 février 1808, dans le chenal de Lemaire, non loin du cap de Trooz.
Le lendemain, 13, nous cherchâmes à pénétrer dans la partie de mer qui se trouve au Sud de ce cap, afin de constater si nous étions en présence d’une baie ou du détroit de Bismarck. La densité de la banquise nous empêcha d'avancer; nous fûmes obligés de battre en retraite.
De 4 à 7 h. 30 du soir, nous longeons la banquise, laissant par bâbord les deux petites îles Cruls élevées de quelque trente mètres au-dessus des eaux. À peine les relevons-nous au Sud que nous constatons autour de nous la présence de nombreux récifs dont les sommets pointent dans le creux des lames. La mer est agitée, il vente très frais, les brisants deviennent plus nombreux et nous ferment la route vers l'Ouest. ITeureusement que de Gerlache, placé dans le nid de corbeau, ne perd pas de vue les récifs et peut diriger la route d’une façon relativement süre (1).
Vers 9 heures du soir, nous sortons enfin de cette impasse, après avoir rangé de très près un fort mauvais récif. Tout danger paraissant écarté, un seul homme reste en vigie auprès de l'officier de quart, qui a pour instruction de laisser aller le navire à la dérive, sans trop s'écarter de deux icebergs échoués sur un banc de roche (2).
Or, vers 4 heures du matin, la brume fit perdre de vue à l'officier
(1) Dans les endroits où les récifs sont très nombreux, l'officier de quart se tient dans la mâture. Il reconnaît alors à la couleur de l’eau les endroits où se trouvent les roches.
(2) La présence des grands icebergs annonce toujours une certaine profondeur de la mer, étant donné que, par suite de la différence de densité entre la glac d'iceberg (glace d’eau douce) et l’eau de mer, un iceberg émergeant de 50 metres à
un pied #mmergé à une profondeur qui peut atteindre 500 mètres.