‹ Au pays des manchotsChapitre 39 sur 90 · LA € BELGICA D DANS LA BANQUISE · texte numérisé non relu

LA € BELGICA D DANS LA BANQUISE

CHRPÉERE CRE, Tout le monde grincheux !

Le lendemain, 15 mars, nous commençâmes nos constructions au dehors. Danco et Dufour élevèrent un observatoire magnétique ; Cook, Amundsen et moi dressèmes l'observatoire astronomique, puis, avec l’aide de Van Rysselberghe, une sorte de hutte qui pût, au besoin, servir aux observations d’électricité atmosphérique.

Pendant ce temps, de Gerlache, secondé par le lieutenant Mélaerts et l'équipage, retournait pour la (k + rjme fois, les caisses à provisions, que l’on transportait vers l'arrière où devait s’édifier la cambuse.

Le 16 au matin, je rejoignis ce dernier groupe, et nous voilà sciant, clouant, dans le compartiment de l'arrière, n'ayant pour tout éclairage que des bougies fixées sur de petites planches. C’est miracle que nous n’ayons pas fait sauter le navire, car dans un réduit voisin du nôtre, et que nous devions fréquemment traverser, se trouvaient 500 kilogrammes de tonite.

Cet explosif n'avait pas été emballé comme cela se pratique dans l'artillerie ; les paquets de tonite avaient été empilés dans des caisses quelconques très minces, en vulgaire bois blanc, et les couvercles en avaient été fixés avec des vis en fer. Cette tonite avait déjà subi, pendant notre longue traversée de la zone torride, un commencement d’avarie qui devait se poursuivre activement dans l'Antarctique, grâce à l'humidité du local où elle se trouvait.

A côté de la tonite, gisaient les charges de poudre des canons lanceharpons, dans des boîtes dont plusieurs n'avaient pas de couvercle. Plusieurs de ces charges s'étaient rompues et de gros grains de poudre noire formaient, à certains endroits, un véritable tapis. Enfin, six petites caisses en bois, dont deux éventrées, contenaient des

milliers de cartouches avec amorce au fulminate de mercure...

Et malgré cela, nous traversions ce compartiment avec la plus grande sérénité du monde, ne prenant même aucune précaution pour protéger les bougies coulantes, à l’aide desquelles nous projetions un peu de lumière dans ce coin obscur.

Dans l’entrepont, un réservoir de benzine était placé au milieu des caisses, sans précaution spéciale; il était même légèrement fendu à la partie supérieure. Non loin de là, enfin, étaient réunis une dizaine de fûts contenant l'alcool destiné à la conservation des échantillons zoologiques.

Si un incendie de quelque importance avait éclaté dans le navire, c'eût été un feu d’artifice superbe, avec bouquet, semblable à ceux qu'organisait notre ami, Henri Cogels. La pompe à bras ne fonctionnant plus depuis des mois, le col-de-cygne de la bouche de refoulement du petit-cheval sur le pont, n'ayant jamais existé, nous aurions pu combattre l’élément destructeur avec nos seaux, nos carafes et nos

verres de table!

Du 17 au 20 mars, la banquise devint encore plus compacte, ie froid s’accentua, le vent souffla en fréquentes rafales, chassant une neige fine et perlée comme du sable sec.

Malgré ce temps épouvantable, Danco et quelques matelots cherchèrent à établir un conducteur de cuivre le long du mât d’artimon, pour les observations d'électricité atmosphérique. Ils furent obligés d'abandonner cet essai : les cordages, recouverts de givre, glissaient entre leurs doigts et ne leur permettaient pas de se hisser jusqu’au sommet du mât.

Impossible d’ailleurs d'exécuter au dehors, par cette tourmente, un travail scientifique quelconque; nous dümes nous contenter de

besognes manuelles, nous préparant à la lutte contre l’hiver.

Le 22 mars, il y a de l’orage dans les esprits : l’énervement est général! Un matelot refuse de vaquer au service de propreté du

poste, sous prétexte qu’il y a des marins plus jeunes que lui. Les

membres de l'état-major, qui hivernent à contre-cœur, ne laissent échapper aucune occasion de constater combien peu nous sommes préparés à batailler contre les éléments. J'entends dire que le bateau n'a jamais été définitivement armé; que la machine à sonder n’est pas entretenue; que la machine motrice de la bobine d’enroulement est dans un piteux état: que le grand treuil à vapeur s'abîme; que plusieurs tuyaux à fuites subissent, comme réparation provisoire, une simple liure au filin, etc. Je dois avouer que ces remarques m'impressionnent un peu, parce qu’elles sont débitées avec calme et mesure. Et puis, en mon for intérieur, comment ne pas convenir

que tout cela est exact?

Le 23 mars, mon tour arrive aussi de perdre ma sérénité. Comme je vais observer les déviations du compas-étalon, je le trouve encombré de ferrailles, de carton bitumé et de mille autres choses. Même désarroi dans les environs du compas liquide. Alors, ronchonnant ferme, je regagne mon logis.

J'ai tort de dire « logis » : il n’y a pas de mot en français pour désigner ce qui me sert de chambre.

Dans cette espèce de caveau éclairé faiblement par un hublot et un prisme de verre que j'ai fait ajouter à mes frais, tout paraît noir et sale. Le plafond est fendu sur toute la longueur des joints; il porte autant de traces noires que de fois j'ai allumé ma bougie! A certains endroits, la résine du bois s’est frayé un passage, coulant le long de la muraille en trainées luisantes et visqueuses, qui tachent les vêtements que j'ai le malheur de pendre là.

Tous les efforts tentés pour rendre mon taudis riant et coquet ont tistement échoué !

Pourtant les photographies du Magenta, de la Melpomène, du Terrible, du Dupuy de Lôme voïlent en partie les murs, me rappelant mon heureux séjour dans la flotte française; des doigts de fée m'ont brodé rideaux, portière, courte-pointe : des lézards d’or couchés paresseu-

sement sur du satin de laine d’un vert glauque comme l’eau de mer;

un pinceau habile a retracé un paysage me rappelant des souvenirs charmants; une âme généreuse m'a offert la jolie glace qui reflète le petit bout de ciel passant derrière mon hublot!

Mais comment entretenir l'ordre et le bon aspect dans un réduit où doivent s’accumuler les choses les plus disparates?

La nuit, lorsque je me déplace dans mon lit, je me heurte de tous les côtés. Et quel tour de force, d’adresse, de ruse même pour parvenir à travailler dans ce taudis!

Il n’y a pas de chambre de cartes : le laboratoire est à peine suffisant pour Arctowski et Racovitza et il ne peut être question de faire une besogne sérieuse au carré, où l’on entre et sort à tout moment. J'ai dû user de stratagème pour caser tout mon matériel.

Les cartes dont je ne me sers pas couramment sont roulées et attachées au plafond, où se balance également l’électro-aimant à laide duquel se transmettent les signaux horaires.

Au plafond encore est maintenu par des ficelles un énorme carton qui, à mon appel, vient se poser sur mon lit pour former table de travail.

Enfin, du plafond toujours, descend un trapèze, mon unique siège pour écrire ou pour dessiner, et que je suis obligé de remonter quand je veux faire le moindre mouvement. Pas très reposant ce genre de chaise et combien peu stable !..

Plus j'examine mon capharnaïüm, plus ma mauvaise humeur s’accentue. Alors, pour faire diversion, je me décide à demander un brin de causette à l’ami Danco.

Pauvre vieux! c'est lui qui pourrait se plaindre de sa cabine, ou plutôt de leur cabine, car il la partage avec Racovitza, Cook et Arctowski!

Longue et étroite comme un couloir, elle prend l'air et la lumière par deux hublots, dont un seul peut s'ouvrir. La fenêtre carrée du côté de l'avant est peu avantageuse pour le renouvellement de l'air, car elle donne sur la machine et n’apporterait éventuellement que

des émanations d’huile chaude ou d'oxyde de carbone. Deux séries

de couchettes, composée chacune de deux lits superposés, s’alignent le long de la muraille. Les couchettes de la première série mesurent 180; celles de la seconde ont dû être allongées de ro centimètres pour Danco et Racovitza!l Vis-à-vis des lits, le mur est occupé par des armoires à tiroirs multiples, où s’entassent pêle-mêle les objets les plus divers. Deux microscopiques lavabos remplissent les coins non envahis. Au-dessus de chacun d’eux, une sorte d’étagère portant un bidon et une éprouvette de laboratoire : le bidon est censé contenir de l’eau douce; l’éprouvette sert de verre à boire!

Un passage, large de om40o environ, reste libre au milieu de la chambre. C’est là que ces messieurs peuvent s’habiller et se déshabiller, à condition toutefois d’évoluer avec une extrême discrétion. Point de banc ni de chaise, mais au fond du passage, contre le mur, une planchette mobile forme une sorte de siège minuscule pouvant supporter tout au plus la moitié de ce que la Nature accorde, pour s'asseoir, à tout individu !

Les matelas, les literies, étaient soignés, mais une circonstance imprévue avait obligé certains de nos amis à les mettre au rancart, La cabine étant peu élevée et l'espace entre deux couchettes superposées très restreint, ces messieurs ne pouvaient se soulever sans se heurter à une paroi ou l’autre. Ajoutons que le manque de place les obligeait à introduire sous leur matelas leurs vêtements pliés, au fur et à mesure qu'ils se déshabillaient, ce qui augmentait considérablement la hauteur du matelas.

Arctowski, lui, n'avait pu réaliser, dès le début, ce désidératum, attendu que sa pelisse pliée occupait une trop grande place dans son lit. Il avait donc pris le parti de se coucher le dernier et de jeter tous ses vêtements sur le pont de sa chambre.

D'un autre côté, afin de se heurter moins souvent à la couchette superposée, Cook avait rejeté successivement ses draps, puis ses couvertures, puis son oreiller, tant et si bien qu’un beau soir il supprima courageusement le matelas et disparut dans un sac de couchage!

On s’imagine facilement l’aspect de ce réduit vers 2 heures du matin.

Sn ANOR

Les sacs de fourrure, les pelisses, les vêtements de laine, les onze pipes de Danco répandent une odeur moins qu’hygiénique. L'absence de ventilation rend les respirations laborieuses, pénibles même; les cauchemars agitent les dormeurs. Il paraît que, justement la nuit précédente, Racovitza a débité un discours aux phoques et aux manchots; Danco, bouillant artilleur, s’est démené en hurlant : « Si, si, il faut augmenter le contingent! » Cook s’exclamait : « AU is right! » tandis que le pauvre Arctowski gémissait douloureusement, rêvant de thermomètres brisés ou de bouteilles à eau qui ont une fuite!

Ces détails, racontés avec humour, parviennent à me dérider. Je me décide à retourner sur mes pas, tout en jetant un coup d’œil, en passant, à la case des officiers Amundsen et Mélaerts.

« Ces derniers sont vraiment encore plus mal lotis que nous, me dis-je en rentrant chez moi; j'aurais mauvaise grâce de continuer à me plaindre! »

Alors très gaiment, je saisis mon petit trapèze, je descendis mon carton-pupitre sur mon lit et me plongeai dans mes calculs de

réduction.

CHAR ERE ÆXTV:

« Alea jacta est ».

Oui, le sort en est jeté! Chacun a pris son parti d’un état de choses que nulle volonté humaine ne peut plus modifier à présent.

L’équipage travaille assidûment à protéger contre le froid les murailles du navire par un parapet de neige, car, bien que nous soyons relativement peu éloignés de la mer libre, nous sommes loin d’avoir un «climat maritime ». Le vent qui nous arrive du Nord est relativement doux, mais celui qui nous vient du Sud s’est glacé en labourant le champ immense des neiges éternelles. Les attributions de tous sont nettement définies ; chacun a devant soi un trop vaste champ d’études pour connaître jamais les loisirs de l’ennui.

Arctowski observe les phénomènes météorologiques et scrute les mouvements des glaces; Dobrowolski s'occupe des nuages, de la neige, du givre; Racovitza s'intéresse à la vie animale où qu’elle se trouve, au-dessus ou au-dessous de la banquise; Danco s’absorbe dans les mesures magnétiques; moi, enfin, je me consacre aux observations astronomiques, en dehors de mes fonctions de commandant en second. Pour cette double tâche, je suis particulièrement favorisé, car de Gerlache, anxieux de me donner toute latitude pour mon travail scientifique, prend généreusement à sa charge les nombreux et multiples détails du service, pour lesquels il est d’ailleurs très heureusement secondé par les lieutenants Amundsen et Mélaerts,

Le soir, c’est avec joie toujours qu’on se retrouve au carré. La boîte à musique, régulièrement mise à contribution pendant une heure au moins, débite à chacun son morceau préféré, Un certain va-et-vient s'établit entre le carré, le laboratoire et le pont, où se font, d'heure en heure, les observations météorologiques. Ces allées et venues produisent ne heureuse diversion à la monotonie de notre nouveau genre de vie.

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Pourtant, il ne fait pas trop chaud à l'arrière! Le poêle n’est pas encore placé; nous ne recevons là que quelques calories venant de la machine, dont les feux ne sont pas encore éteints, mais simplement

couverts, afin d'économiser le combustible.

Du 20 au 23 mars, la neige tomba presque constamment en fin poussier, que les rafales chassaient avec violence et qui pénétrait partout, sous les vêtements, dans les observatoires par les moindres fissures, dans les logements par les plus petits joints des portes et fenêtres.

Pendant ces journées maussades, Cook eut le don de nous dérider par ses interrogatoires amusants sur la psychologie de chacun de nous :

« Que regrettez-vous davantage, au pays ? »

« À qui, à quoi rêvez-vous le plus souvent ? »

Et avec un sérieux imperturbable, il consignait, sur ses tablettes, les réponses les plus saugrenues.

« Somme toute, s’écria-t-il un jour, comme si ses yeux s’ouvraient enfin à la lumière, on soupire après des lettres de mère, de sœur, et surtout... de sœur des autres !... »

Cette réflexion montre combien notre brave docteur s'était transformé depuis son arrivée à bord. Au début, Cook était le plus rigide Américain que le nouveau monde eût jamais porté: il goûtait peu les plaisanteries « à la française » et, comme nous avions remarqué que les calembours avaient particulièrement l’heur de l’exaspérer, nous en faisions d’épouvantables, mélanges exotiques de mots français, anglais, norvégiens ! Cook, avec dédain, nous répétait sans cesse : « Ne vous exhibez jamais à New-York avec de semblables manières, car il n’y aurait qu’un cri pour vous conspuer : À la porte, à la porte! »

On s’habitue à tout, dit-on: peu à peu, Cook se fâcha moins, goûta même nos plaisanteries, devint lui-même d’une gaîté charmante et

s’associa finalement à toutes nos fantaisies.

Le 26, les feux des chaudières sont éteints; le grand panneau de la machine est recouvert d'un plancher, où l’on installe un poêle, dont la cheminée débouche sur le pont, tout contre le mât d’artimon. Ce foyer central chauffe à la fois les cabines et le carré, mais à condition d’être maintenu en pleine activité. Comme le foyer du poste, il consomme du charbon anthraciteux d’origine belge. Une énorme bouilloire remplie de neige, se trouvant en permanence sur le feu, nous appro-

visionne d’eau douce.

En règle générale, bon nombre d’entre nous ne se donnent pas suffisamment de mouvement, hors du navire. Comme le confinement est absolument pernicieux, on force les récalcitrants à respirer l'air du dehors, en saisissant toutes les occasions possibles de les faire travailler sur la banquise. — Ils s’y rendent, mais...

en traînant un peu la patte. La seule, la

véritable attraction qui les arrache à leur

Photographie de M. Lecointe,

frigidité, c’est la chasse. Aussi bien, En

l’hiver est à la porte, il est temps de nous AMÉNAGEMENT AU-DESSUS DE LA MACHINE. approvisionner de vivres. Comme la banquise est encore assez peuplée, on tue à peu près tout ce qu’on rencontre en fait de phoques et de manchots. Il faut voir Racovitza, après ces jours de carnage, le tablier au cou, un grand couteau à la main, éventrant les cadavres encore chauds pour en examiner l'estomac, les intestins, voire les résidus de nourriture! Et quelle joie lorsqu'il découvre un embryon! 11 l'emporte comme s'il s’agissait d’un trésor inestimable.

Les espèces de phoques que nous rencontrons sur la banquise sont au nombre de quatre : le phoque crabier (voir fig. 24) et le phoque

de Weddel (voir fig. 25), que nous avions vus déjà dans le détroit

ee sien

de Gerlache ct que nous avons décrits précédemment ; le phoque de Ross (voir fig. 45) et le vrai léopard de mer (voir fig. 46).

Le phoque de Ross (Ommatophoca Rossi) n’a été aperçu qu’en été, et nous n'en avons compté que treize. Il diffère essentiellement des autres espèces par des membres excessivement réduits, tandis que la tête et le cou sont particulièrement développés. La voix est gutturale comme le son d’une cornemuse ou, mieux encore, comme la voix de Cook... lorsqu'il parle la langue des Onas |

Le pouvoir vocal spécial de cet animal lui est donné par des sacs à résonnances que ne possède aucun autre phoque.

Le vrai léopard de mer {Ogmorhynus Leptonyx) a plus de trois mètres de long ; il se déplace avec agilité sur la banquise, et l’histoire naturelle lui prête des méfaits qui justifient son nom. Il va, paraît-il, jusqu'à s'attaquer aux manchots (r).

Lorsqu'un phoque a été dépecé, son cadavre, abandonné sur la banquise, attire les ossifragas, ces grands équarrisseurs des régions froides. La faim les tenaillant, ils se jettent sur les cadavres, se plongent jusqu'au cou au milieu des chairs meurtries, dégustant de préférence les intestins de phoque! Par moment, curieux de voir ce qui se passe aux alentours, ils relèvent la tête, l’agitent légèrement pour en faire tomber le sang et les matières fétides, puis, rassurés par notre immobilité, ils continuent leur hideux festin.

Si un ennemi approche, ils ne se décident qu’à grand’peine à quitter leur proie : ils s’éloignent lourdement, car le poids de leur estomac trop empli les empêche de voler; mais si on les poursuit, ils font un dernier sacrifice, rejettent sur la neige des matières innommables et, géants de plus de deux mètres d'envergure, s’envolent au-dessus de nos têtes en poussant des plaintes affreuses. Ils nous contemplent de là-haut avec voracité, supputant, semble-t-il, les

chances qu'ils peuvent avoir de nous dévorer un jour!

(x) Ce fait n'a pas été vérifié par l'expédition, mais Racovitza a vu deux léopards de mer qui se disputaient une carcasse de manchot que nous avions jetée

par-dessus bord,

Photographie du Dr Cook,

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