‹ Au pays des manchotsChapitre 38 sur 90 · PONT · texte numérisé non relu

PONT

mais devant le spectacle lui-même, on est saisi par le merveilleux, le mystère... : On se tait, on admire!

Les dernières lueurs de l’aurore s’éteignirent vers 3 heures du matin, aux premiers blanchissements du jour; mais, dès 2 heures, mon attention avait été forcément détournée par un autre phénomène qui devait se passer à 2 h. 20 environ : l’éclipse du premier satellite de Jupiter. Cette observation avait une réelle importance pournous,car,en notant l'heure exacte de la disparition du satellite, nous pouvions régler les chronomètres. Aussi, dès 2 heures, la lunette astronomique était-elle montée sur le pont, tandis que Dobrowolski, installé avec ses chronomètres à la fenêtre entr’ouverte de la cuisine, attendait mon signal.

Comme je changeais de place, un instant, pour me réchauffer, je vis, à quelque cinquante mètres du bord, un corps long et noir qui remuait sur la banquise.

« Pas de doute, pensais-je, c’est un phoque qui cherche aventure. »

Vite je cours au carré, je prends mon fusil que je charge; mais, avant d’épauler, les préoccupations du métier me font jeter un coup d’œil à la lunette.

Le satellite va disparaître : impossible de tirer le phoque sans compromettre mon observation. Je me recroqueville sous ma lunette et suis tellement heureux de saisir l’astre au moment où il s’éteint dans le cône d’ombre de Jupiter, que mes instincts deviennent aussi

pacifiques qu’ils étaient belliqueux quelques minutes auparavant. Je

mettons chacun des fils en contact avec les pôles d'une machine électrique en activité, le courant traversera le tube et rendra incandescent l'air raréfié qu'il contient : on aura une aurore polaire artificielle. L'incandescence des gaz des hautes régions de l'atmosphère, dans la direction où se manifeste une aurore, est nettement démontrée par l'analyse spectrale.

La vaporisation à la surface de la terre et l'induction unipolaire transportent de l'électricité dans l'atmosphère.

Cette électricité peut revenir à la terre, dans la zone torride et les zones tempérées, brusquement, par une décharge qui produit la foudre.

D'un autre côté, la position réciproque de la terre et de la couche atmosphérique

décharge le fusil, que je renvoie au carré, et tranquillement je continue à observer les derniers vestiges de l’aurore polaire, tout en jetant, de temps à autre, un regard protecteur au phoque, devenu immobile sur la banquise.

Or, le lendemain matin au déjeuner, comme nous échangions nos impressions sur la nuit précédente, Cook tout à coup se plaignit du froid, déclara qu’il n'avait pu fermer l’œil de la nuit, parce que ses cheveux et sa barbe collaient à son sac de couchage !

Tous nous relevons la tête et le considérons avec stupéfaction !…

— Mais oui, continue-t-il, la nuit était si belle, le paysage si pittoresque, que je me suis étendu sur la glace dans mon sac de couchage. Malheureusement, la vapeur d’eau, se condensant, puis se congelant sur le sac, avait fini par m’y moulter! C'était très désagréable !

— Comment! c'était vous le phoque! m'écriai-je, épouvanté,

Cook protesta avec une certaine indignation.

Nous nous expliquâmes.….

Pauvre et cher ami Cook! sans l’éclipse du premier satellite de

Jupiter, je vous fusillais comme... un phoque !.…

pour laquelle la pression est de omoo5, occasionne une accumulation d'électricité vers les pôles.

Là, le retour à la terre se produit par un écoulement lent au travers des paillettes de glace en suspension dans l'atmosphère et qui servent de conducteur.

Cet écoulement, qui n’est pas lumineux dans les parties basses de l'atmosphère — c'est-à-dire à forte pression — le devient dans les sphères élevées.

Les arcs lumineux superposés s'expliquent par la présence de couches d’air de pression variable, et cette hypothèse permet d'expliquer la grande mobilité du phénomène, puisqu'une modification dans les positions relatives de ces couches d'air change les conditions dans lesquelles s'effectue l'écoulement de l'électricité.

Il reste à expliquer pourquoi les rayons ont des tendances à darder vers le zénith magnétique du lieu où se produit l'aurore.

Ce fait est dû à ce que la résultante des forces qui conduit l'électricité dans l'atmosphère est, dans ce lieu, perpendiculaire à la direction de l’inclinaison

application de l'induction unipolaire par Edlund) PE }

Photographie du Dr Cook.

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