‹ Au pays des manchotsChapitre 56 sur 90 · LE PREMIER DÉJEUNER · texte numérisé non relu

LE PREMIER DÉJEUNER

ancien professeur de chimie, lorsqu'il nous expliquait ses expériences — qu'il ratait d’ailleurs toutes très consciencieusement — je détaillai ma préparation :

« Vous le voyez, Messieurs, je prends un demi-litre d’eau bouillante, j'y verse une cuillerée à bouche de cet extrait remarquable : aussitôt l’arome se dégage et vous avez... »

De stridents éclats de rire me coupent la parole, car une odeur de mauvaise chicorée empeste toute la chambre!

Je bondis. Comment! Déjà un tour de belle-maman! C'est trop tôt, ce n’est pas possible. Je prends ma tasse et... mon courage à deux

mains pour goûter le breuvage. Il est infect!

Alors, coup sur coup, j'essaye les deux autres marques, mais toujours avec le même résultat décourageant!

À dater de ce jour, l'expression « c’est de l'extrait de café » servit à désigner toute odeur particulièrement désagréable ! de Gerlache seul eut la générosité de se taire : sans doute, parce qu'il avait encore les kjoedbollers sur la conscience!

Le 19 août. — Le commandant se sent très accablé. Cook l’examine longuement et ne me cache pas que, si les douleurs de tête continuent, de Gerlache sera atteint de troubles nerveux très sérieux. Il prescrit la viande fraîche et le plus d’exercice possible au dehors. Je suis navré de ces tristes nouvelles. de Gerlache, lui, semble calme; il s’efforce de suivre les conseils de Cook. Je passe avec lui la plus

grande partie de la journée, en tàchant de le distraire.

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