‹ Au pays des manchotsChapitre 68 sur 90 · FIG I · texte numérisé non relu

FIG I

produit dans cette direction une crevasse qui, s'étant élargie, s’est recouverte d’une jeune glace, laquelle, actuellement, doit être moins épaisse que celle que nous scions. Cook ne veut pas entendre parler d'un projet autre que le sien; aussi fait-il une résistance acharnée Pour lever les doutes, nous passons toute la nuit à faire des sondages dans la glace, afin de déterminer quel est le projet le plus avantageux.

Le 12 janvier, à 8 heures du matin, les résultats des sondages, reportés sur une carte spéciale, indiquent que le projet de Cook est à

peu prés irréalisable, mais que celui du commandant pourrait, si

nous y consacrons toutes nos forces, aboutir, sauf l’imprévu, à une certaine réussite. Il est donc arrêté que les travaux commenceront cet après-midi et seront poursuivis wuit et jour.

À 2 heures, nous voilà tous sur la banquise : les travaux scientifiques sont interrompus, hormis les observations météorologiques.

Le canal est jalonné avec un soin aussi minutieux que s’il s'agissait

de creuser à nouveau le canal de Suez! Pour en tracer les limites, nous nous basons sur les sondages qui nous donnent l'emplacement de l’ancienne crevasse.

La figure donnée ci-contre (fig. 71) représente une coupe verticale de la tranchée,

À la partie 7 (voir fig. 7o, p. 300), le canal a une largeur de 100 mètres environ, puis il va en se rétrécissant jusqu’au navire, où sa largeur n’est plus que de 8 à 10 mètres. Cette forme permettra plus facilement l'évacuation des blocs vers la clairière À.

À l'embouchure ? ; se trouve un amas de blocs de glace provenant d'anciennes pressions. Cette partie ne pourra être sciée, la glace y

étant trop épaisse : elle sera encore attaquée à la tonite.

Les outils dont nous disposons sont peu nombreux : 2 pioches, 6 pelles, 2 piolets, 2 larges ciseaux de menuisier pourvus d’un long manche; enfin, 4 scies à glace. Comme, à certains endroits, la glace est plus épaisse que la longueur des scies, deux d’entre elles sont reliées bout à bout à l’aide de deux plaques de fer, Nous ne disposons donc, en réalité, que de trois scies.

Pour ouvrir la tranchée, nous commençons par creuser les couches superficielles {couches a et à de la fig. 7r), suivant les tracés 7 #1, m ”, n 0, o p (voir fig. 72). Ce premier travail est exécuté avec les pioches, piolets, etc. Puis nous donnons un trait de scie dans les rainures ainsi formées.

La besogne avance très lentement ; elle exige de réels efforts. Aussi les inventeurs

ont-ils l'esprit en éveil. Van Mirlo propose

d'adopter un système analogue à celui du

Plot. du Dr Cook.

scieur de marbre. À cet effet, il attache à FIG. 73. un fil d'acier de sondage un boulet qui est ENLÈVEMENT introduit dans la glace (fig. 74.) Le fil d'acier DERPARCCURRE SCRERETORETRUEE

vient se fixer en & sur une tige munie d’une articulation en b, à son point de rencontre avec une planche que le scieur fixe dans la glace et maintient du pied. Enfin, le scieur saisit la poignée, puis fait monter et descendre le boulet, dont le poids tend le fil d'acier. Ce fil coupe la glace, mais... si lentement qu’on la fondrait plus vite en la suçant avec les lèvres.

De plus, le trait est si mince, que bientôt les deux parties qu'on a séparées avec tant de peine se ressoudent à nouveau.

Le système Van Mirlo est mis au rancart avant même que d’avoir été essayé sérieusement.

M. Somers propose de modifier le système Van Mirlo en mettant plusieurs boulets au lieu d’un seul; en substituant une cordelette

d'acier au fil et en se servant du treuil à vapeur et de poulies de

renvoi convenablement disposées, pour produire le mouvement d’ascension et de descente des boulets. Ce système ne nous inspire pas plus de confiance que le précédent, car il a l'inconvénient d’exiger le maintien sous pression de la chaudière et, par suite, de diminuer notre combustible.

… joigree

: glace, à sceer Ce EE ë PR

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