‹ Au pays MoïChapitre 14 sur 116 · CHAPITRE PBELMlER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PBELMlER

Je voulus le lendemain conjurer le mauvais sort de la veille, ce qui faillit me coûter cher. En poussant mes invraisemblables neinrods dans une jungle assez basse, un coup de feu partit, auquel répondit un mugissement bizarre ; j'eus la perception d'un projectile arrivant sur moi; je me baissai juste à point pour éviter une balle de fusil Charles X qui s'aplatit derrière moi sur un arbre. Le chef venait de tirer le cerf; inutile d'ajouter que je pus affirmer qu'il l'avait manqué.

Sans cet instinct de la conservation la piraterie des habitants de Lang-Tiet eût été hautement proclamée et de cet accident pouvaient naître de grosses conséquences. Mes hôtes, je crois, s'en aperçurent et se confondirent en excuses. Je pardonnai avec magnanimité un délit si commun dans la vie de chasseur, sans même chercher à leur faire comprendre que la prudence est la règle du parfait sportsman. -

J'avais exploré sans succès toute la région, et le cirque de Lang-Tiet n'ayant plus pour moi aucun intérêt, le mieux était de rentrer. Je fis mes adieux en laissant quelques piastres et me dirigeai vers Cû-Bi.

Chemin faisant un bœuf sorti soudain de la

lui opposer est le ké-hao annamite serré dans des bandes de chasseur alpin. Les Moïs la détachent avec un tampon de tabac ou l'insalivation de la chique de bétel.

22 janvier.

Le matin, je poussai une reconnaissance du côté sud-ouest croyant rencontrer quelques bœufs sauvages dont on avait signalé la présence, et m'avançai jusqu'aux collines boisées. Le village étendait ses rizières jusque dans les moindres vallées des premiers mamelons, mais en se rapprochant des montagnes le pays devenait plus sauvage. Je découvris quelques traces de bœufs et préparai des jalons pour m'assurer qu'ils reposaient dans la brousse épaisse. Mais mon peu d'expérience à suivre les pistes me fit perdre bientôt celle de ces animaux.

Le temps était beau mais couvert, 15 à 18 degrés au thermomètre, un temps d'octobre en France; aussi pûmes-nous facilement faire l'ascension des côtes environnantes. De grands cerfs partirent loin devant nous, poursuivis par d'inutiles balles de winchester. A leur haute taille je crus reconnaître cette espèce qu'on appelle aux Indes « samburs ». Je dus me contenter, ce jour-là, de la* capture d'un très petit oiseau, rappelant les mœurs de notre troglodyte.de France. Ne relevant aucune trace de bœufs je décidai d'aller le lendemain aux points que j'avais jalonnés. L'intui tion d'un simple passage ne m'avait point trompé:

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