‹ Au pays MoïChapitre 41 sur 116 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ception assez nette d'un art militaire à ses débuts.

Une fois installés et nos boys bien accueillis par ces sauvages, nous voulûmes tirer quelques animaux dans les environs. Un des chefs, porteur d'une arbalète et d'un carquois rempli de flèches de chasse, nous renseigna sur le terrain l .

Au moment de partir ce nouvel ami m'arrêta net. Je compris à sa mimique ce qu'il voulait m'expliquer. Tra-Vian domine de nombreux villages mois où nous allions prendre des coolies; ceux-ci ne viendraient pas s'ils entendaient résonner le tonnerre européen. Pauvres fusils de chasse, désormais réduits au silence t Cette détermination nous mit d'assez méchante humeur et nous visitâmes les alentours plantés de piquets dont nos chiens seuls avaient à craindre les atteintes, nos bottes permettant de les braver.

Les cases davaks ont quelque ressemblance avec celles des Mois de la région de Hué, mieux construites cependant, surélevées et fort longues.

Elles abritent généralement une famille de trente à quarante individus.

Les Davaks ont une allure plus farouche que les premiers sauvages que nous avons rencontrés,

1 Les flèches de chasse sont faciles à. reconnaître : ce sont de simples rotins pointus et durcis au feu. Les flèches de guerre sont coupées moins régulièrement, recouvertes à l'extrémité d'un enduit noirâtre, poison végétal provenant de la sève d'un arbre.

avec des yeux fendus en amande ; généralement grands et bien faits. Le type tient beaucoup du Malais : les cheveux à la a chien » comme à Bouc et à Bolo, le teint sombre et l'aspect plutôt fier. Ils ne portent pas, comme dans les régions de Hué, le collier d'argent, mais semblent attribuer une grand valeur aux cuivreries dont ils se convrent et qui expliquent le prix attache aux fils de laiton comme monnaie d'échange, dans ces montagnes.

Les habitants de Tra-Vian affectaient plus d'aisance, avec des réserves importantes de tabac et de cannelle, destinés sans doute à quelque marchand annamite.

Comme à Bouc et à Bolo l'intérieur des cases est orné de queues d'écureuils, de têtes d'animaux divers, offrandes ou trophées. Chaque habitantporte une arbalète, une lance au manche solide dont le fer tranchant ressemble aux hallebardes anciennes, avec sabre à manche droit, semblable aux machetés mexicaines.

Tous vivent des produits de la chasse, avec le riz gluant, la patate, le manioc et l'igname sauvage.

Cette visite domiciliaire terminée, nous montâmes au balcon de la case, bientôt transformé en terrasse de restaurant. Nous avions vue sur les montagnes et vallées avoisinantes, et ce panorama

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