‹ Au pays MoïChapitre 40 sur 116 · CHAPITRE II , h · texte numérisé non relu

CHAPITRE II , h

quittions la forêt pour tomber dans une «cclaîrcie dominant ta vallée du Song-Hoa. C'est là que le lieutenant Debay avait dû retraiter, poursuivi par les Mois de la région qui s'opposaient en nombre à son passage.

Bà, le boy de Marsay, reconnut les lieux et raconta avec force détails, un peu exagérés sans doute, les péripéties de son retour à Tra-My avec son maître dans des chemins à peine tracés, sans autre nourriture que l'igname, sans autre toit que la forêt vierge. PJouà attendions un meilleur accueil de& populations moïs de Tra-Vian, une deuxième expédition commandée par le capitaine Garnier nous ayant précédés do quelques mois.

Toute la difficulté de pénétration dépend des premiers rapports avec les villages frontières; il fallait donc s'affirmer prudent diplomate. Nous parcourûmes un vaste espace à découvert où se trouvaient encore des bananiers, des aréquiers et les ruines de cases nombreuses. Les Moïs superstitieux les avaient abandonnées, trois d'entre eux étant tombés sous les balles du lieutenant Debay ' •

Le guide annamite qui connaissait les chefs désira

1 On sait que les Moïs croient encore aux mauvais sorts. Qu'un malheur arrive, ils n'hésitent pas à l'attribuer aux endroits qu'ils habitent et changent aussitôt remplacement de leurs demeures.

les voir avant d'arriver aux portes du nouveau village bâti sur une hauteur protégée par une enceinte de palanques et de pieux pointus. Il revenait bientôt flanqué de deux grands gaillards presque nus, vêtus seulement d'un langouti auquel ils avaient ajouté quelques oripeaux en cuivre. Les assurant à nouveau de nos intentions bienveillantes, nous demandions d'entrer pour nous reposer et obtenir le lendemain quelques porteurs : nous paierions en échange ce qui nous serait fourni, promettant une bonne récompense à ces derniers.

La porte par laquelle il fallait passer était fort étroite, véritable forteresse pour des gens armés de flèches, de lances et de coutelas. Presque toutes sont du même modèle, au moins dans les régions davaks. Un tronc d'arbre préalablement creusé ferme l'entrée, au-dessus de laquelle est installé un poste de veilleurs, protégé par d'épaisses palanques . D'un coup de lance le garde peut, sans aucun risque, atteindre tout téméraire qui essaierait de pénétrer sans permission. Une deuxième enceinte faite de bambous effilés placés à angle aigu sur le sol, forme une sorte de grille. Les cases surélevées avec balcon constituent un troisième réduit d'où l'on peut facilement lancer des flèches aux assaillants. Une telle défense n'eût point résisté à nos armes, mais dénote chez ces gens la con-

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