‹ Au pays MoïChapitre 69 sur 116 · CHAPITRE II 1E · texte numérisé non relu

CHAPITRE II 1E

l'aider dans son ministère. Il y a pour les trois missionnaires double travail : surveillance quasi politique et ministère religieux. Car c'est par leur prestige et leur influence seuls qu'ils sont arrivés à se maintenir dans le pays, et en quelque sorte les chefs.

Après un excellent déjeuner, nous arrivâmes le soir même à Con-Lang, extrémité de son district et amorce de la route de la mission à Ân-Ké.

Samedi i 8 mars.

De la Mission à Ân-Ké.

Nous allions par une route qu'avaient tracée les Pères et qui deviendrait facilement carrossable ; elle rejoint le col d' An-Ké, limite de la province de Binh-Dinh.

Miss et Black levèrent devant nous une bande d'énormes singes, au corps épais, sans queue, la face encadrée d'une barbe blanchâtre. Nous ne pûmes malheureusement les tirer et manquâmes une occasion d'élucider l'étonnant avis que nous avaient donné les Pères de l'existence du « mandrille ! » dans cette région.

1 J'ai parlé au Muséum de cette anomalie curieuse de l'existence d'un singe africain en pleine Asie. M. Milne Edwards ne voulut pas admettre que les Pères fussent dans le vrai. Pour nous, la forme de l'animal nous a bien rappelé celle du mandrille africain; mais nous n'oserions pas l'affirmer.

On nous a contesté, au Muséum, l'existence des deux rhino-

154 AU PATS MOI

De jolis oiseaux s'ébattaient autour de nous, à travers des forêts de lièges et de pins qui rappelaient la France. On arrêtait souvent nos gros compagnons de route, les éléphants ne se pressant guère. C'est même l'inconvénient des étapes avec de pareils porteurs.

Mais nous étions dans une période de repos et d'abondance depuis notre visite à Con-Thoum; nous n'avions qu'à nous laisser vivre.

A six heures, nous établîmes un confortable campement en forêt, au delà de deux villages mois situés sur des mamelons, non loin de clairs ruisseaux.

Dimanche i 9 mars.

A l'aube nous reprîmes le chemin. La marche devenait facile sous une température relativement fraîche; de nombreuses caravanes de chevaux, dirigées par des Annamites, allaient et venaient, dénotant une activité commerciale pour nous inconnue en ce pays sauvage.

céros, unicorne et bicorne, dans les montagnes d'Annam. On sait cependant qu'il existe au Laos deux sortes do rhinocéros, le het et le son. J'en appelle au témoignage de M. Raguez, qui publia les dessins d'un rhinocéros laotien, et à celui de tous les fonctionnaires qui s'intéressent aux questions d'histoire naturelle.

Il n'est pas contestable que les deux rhinocéros existent; nous avons vu des cornes des deux races à Xieng-Kouaog en 1896. Nous croyons que le bicorne est le petit rhinocéros de JaVa.

Page 1