‹ Au pays MoïChapitre 79 sur 116 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

cents tonnes de noix d'arecq sèches au moment de la morte saison de la noix fraîche.

Le P. J*** n'était pas très éloigné de son collègue de Phû-Yen, 15 kilomètres au plus; il fallut pour nous rendre chez lui traverser une série de champs cultivés, séparés par des haies, comme en Bretagne.

Nous avions hâte d'arriver pour notre pauvre Miss» le dernier de nos chiens, qui tombait d'inanition. Un accident bien curieux lui était arrivé. La pauvre bête portait dans le nez une sangsue des bois qui y avait élu domicile et vivait en parasite, tuant lentement la malheureuse chienne. Injections d'eau salée, phéniquée, boriquée, rien n'y faisait, et, réduits à l'impuissance, nous ne pouvions que constater l'affaiblissement graduel et l'amaigrissement de cette malheureuse compagne.

La mission du P. J***, de formation récente, comptait peu d'Annamites; mais son influence du côté de Tuy-Hoa n'avait pas nui au développement du gros village de l'estuaire du Song-Bhâ.

Mercredi S avril.

(Temp. noax. 88°, min. S4*

Tuy-Hoa.

Tuy-Hoa est très cultivé; une tour chame domine le pays, évoquant le souvenir de cette ancienne

civilisation détruite par l'Annamite. Ces tours ressemblent de loin à une grossière imitation de l'art khmère; elle nous parut construite en briques et couverte de bas-reliefs qu'il fut impossible d'apprécier à celte distance. Elle paraissait en tous points semblable à celle de Quin-Nhône. Nous saluâmes en passant ce reste des vieux Ciampois tout en traversant le Song-Bhâ, la longue rivière qui coule parallèle à la côte arrosant An-Ké, et dont les sources nous restaient parfaitement inconnues, les avant si curieusement confondues avec celles du Blà. Que d'autres cherchent plus au sud, ils trouveront que les indications de la carte Pavie, d'ailleurs en pointillés, sont erronées quant à sa position.

Non loin de Tuy-Hoa, en remontant le Song-Bhà, se trouvent de vastes terrains irrigables et sans doute la vallée du fleuve se présenterait favorable à bien des plantations. Mais la navigation y est impossible, la côte inabordable et la barre de la rivière n'a pas 40 centimètres d'eau en saison sèche et à mer basse,

Des jonques pourraient toutefois transporter les produits, à la bonne saison (mousson de S.-O.), au petit port de Song-Càn. Le temps nous manquait pour étudier cette affaire qui pourra offrir quelque intérêt si les travaux du chemin de fer côtier y sont décidés.

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