CHAPITRE II
taines. donnant une animation et un pittoresque charmants.
Cette verdure, les vagues qui caressent doucement le rivage abrité, tout respire le calme, le bonheur et la vie facile. On a construit dans un bois de cocotiers la résidence, villa charmante, d'une architecture confortable et pleine d'agrément, où circule un air salin délicieusement frais. Les dix Européens de la colonie, réunis pour déjeuner, nous attendaient chez M. de B***, car nous étions au lundi de Pâques et on fêtait joyeusement ce beau jour. Mme de B*** et la femme du chancelier donnaient à la réunion le caractère agréable et de bon ton qu'apporte toujours la présence des femmes et ne contribuèrent pas peu à faire apprécier le « home like » de l'endroit. L'installation du résident était complète; et tout ce monde ne demande qu'à rester longtemps dans ce poste béni des dieux.
Nous quittâmes Song-Cân un peu à regret, mais nous recevions à dîner les missionnaires et le fermier de l'alcool; force fut de partir le plus vite possible.
Arrivés fort tard nous trouvâmes les invités à table, ne sachant comment nous excuser; mais le P. L*** C*** était de ces vieux coloniaux à l'esprit large qui donna bien vite son absolution. Une heure après, on devisait tranquillement des
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questions religieuses et agricoles. Le frère L*** C*** nous priait de voir son collègue de Tuy-Hoa qui avait fondé un grand établissement à quelques kilomètres de Phû-Yen, sur notre route, dans la même province.
Mardi 4 avril.
(Temp. max. 37°, min. 20°.)
Une Mission de Phû-Yen.
Le commerce de Song-Cân est par lui-même assez réduit, mais non sans intérêt pour le petit cabotage à vapeur. Toutes les trois semaines un vapeur côtier de trois cents tonneaux, l'Hélène, dessert ce port, dont malheureusement les fonds sont peu considérables, ce qui force le navire à mouiller loin du centre.
La maison Berthet, de Saïgon, fait à Song-Cân, par son navire, des achats de riz, de maïs et de bestiaux. Le commerce principal de Phû-Yen est le bétail et les chevaux, mais cette région se dépeuple depuis que le développement de la population européenne a augmenté la demande. Beaucoup de Chinois font transporter par jonques, à leurs frères de Quin-Nhône, les produits dont ils sont acheteurs. Le petit commerce (réduit à peu de tonnage) que laisse YHélène aux Chinois remonte donc vers Hong- Kong. Les cocotiers sont trop peu nombreux pour y tenter un commerce sérieux de coprahs.
Song-Cân envoie tous les ans à Haï-Phong deux