CHAPITRE II
qu'on ait tentée dans le Sud-Ànnam, pouvait être la richesse et la sauvegarde des habitants de ces provinces et représentait les efforts d'une classe de la société restée trop longtemps en dehors de toute initiative dans nos colonies.
Nous demandâmes vingt porteurs au résident de la province, demande indiscrète, paraissait-il, dans cette province peu peuplée, dont la totalité des habitants était alors réquisitionnée pour les travaux de Lang-Biang.
Les linhs trams l seuls étaient disponibles et le nombre en est réduit. Nous perdîmes quelque temps au tram de la citadelle, à Kahn-Hoa, capitale de la province, qui se trouve dans l'intérieur des terres. Force fut de partir tard, à la grande frayeur des coolies.
De Kahn-Hoa à Hoa'-Tan, on traverse une forêt sauvage fréquentée des tigres et des éléphants, et l'on se complaît à trouver imprudents ceux qui osent passer sur la route mandarine passé cinq heures. Il n'y a pas à proprement parler imprudence à agir ainsi; mais il est préférable, pour qui peut attendre et n'aime pas les mau-
1 Hommes payés par le gouvernement annamite pour assurer le service de la poste et des communications officielles. On use généralement de ces linhs trams pour les transports divers d'Européens en voyage ou de mandarins en tournée, à raison de dix cents par tram. Il y a généralement douze à quinze linhs trams par train.
1 Hoa, nom annamite générique donné aux trams.
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vaises rencontres, de ne s'aventurer qu'en plein jour.
Nous arrivâmes, toutefois, sans encombre à Hoa-Tan; il n'en fut pas de même de nos boys, qui suivaient derrière nous. A les entendre, ils auraient vu une bande d'éléphants et un tigre, sur lequel ils auraient tiré pour le mettre en fuite. Leurs récits nous laissèrent la conviction que l'imagination avait joué un grand rôle dans leurs terreurs.
15 avril.
(Temp. nu 35», min. 28*.)
Chasses.
Pour éviter une route pénible et longue de 17 kilomètres de Hoa-Tan jusqu'au tram de Hoa- Yon, on prenait des sampans au village de Tui- Triou, une lagune qui termine, au pied des montagnes de Dong-Bôo, la vaste baie de Cam-Ranh. De Hoa-Tan à Tui-Trien, on circule par de riches et fertiles rivières, alors la propriété de l'ancien ton-doc de la province. Nous calculâmes que la récolte de ce mandarin représentait annuellement une vingtaine de mille piastres et les frais de culture en étaient sans doute minimes ; on pouvait en conclure que le chef annamite de la province de Kahn-Hoa était riche. Derrière ces rivières s'étend une forêt d'arbres rabougris; on circule