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CHAPITRE II

que (lisait alors notre ami : il faut avant tout, pour ces entreprises, choisir un sol où il sera facile d'exporter le riz, toute marchandise bon marché ne pouvant supporter de gros frais de transport; puis faire une étude topographique très serrée des terrains destinés à l'irrigation. Il faut un plan très détaillé (et surtout bien coté avant l'entreprise des travaux) non seulement des terrains, mais aussi des points de barrage possibles et de la pente des canaux.

Ce travail fait, on étudiera avec soin l'installation d'une digue fortement établie avec vannes et décharges contre les crues.

Il faut s'assurer que la mise en valeur garantira amplement le travail; en procédant ainsi, on ne travaille qu'à coup sûr, et on peut à l'avance dresser un bilan approximatif de la valeur des terres en culture par rapport au capital à engager.

Il existe dans le Sud-Ànnam nombre de plaines à reconstituer : un ingénieur compétent y ferait des affaires superbes et rendrait un éminent service à la colonisation indo-chinoise. Elle offrirait du côté de Phan-Rrang la plus parfaite sécurité, à savoir la a bonne qualité des terrains » qui furent au temps des Çhames des rizières productives.

tOt AU PATS MOI

18 avril.

(Temp. nuuc. 35% min. M«.)

Le P. ViUaume.

Il arrive quelquefois que la rencontre, au hasard d'un voyage, de certaine personne inconnue vous laisse une impression spéciale, indéfinissable; ce sont généralement des intelligences aux aspirations élevées au-dessus de tout égoïsme, sacrifiant tout à leurs idées dont elles se font inconsciemment des idoles. Tel était le P. ViUaume. Caractère noble, à l'àme généreuse où perçait, sous l'écorce émaciée mais affinée du vieux colonial tanné au soleil, un reste de paysannerie évoquant l'homme d'autrefois.

Nous tenions, Marsay et moi, à connaître de l'initiateur même du canal de Phan-Rrang les débuts difficiles de l'entreprise, bientôt aidée par le capitaliste et l'homme d'action, éléments représentés par notre ami et M. Bazé, son associé.

Le P. ViUaume restait à Nha-Trin, surveillant avec M. Bazé les travaux d'amorce du canal. Quatorze kilomètres en voiture sur la route de Phan- Rrang au Lang-Biang, et nous atteignions le barrage.

La digue se construisait lentement avec les déblais du canal principal: on avait dû faitre sauter nombre de rochers pour trouver la quantité d'eau

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