SCÈNE III
TRISTAN, seul sur le uiur.
J’ai fait là une belle campagne. Ah ! mon cocher va bien rire en me voyant revenir seul ; mais moi je ne rirai pas... Je m’étais promis cependant... Allons ! l’amour n’est pas toujours aussi gai que je me le figurais ! C’est à vous en guérir pour la vie. Eh ! Tristan, mon cher ami, penses-tu sérieusement à ce que tu dis là? Eh! non! morbleu! J’ai ce soir du sang de Chérubin dans les veines... je me sens’ de force à aimer toutes les... Tiens ! j’ai oublié de demander son nom à la petite pensionnaire de tout à l’heure... Tant pis ! j’aurais eu du plaisir à me le rappeler... ce n’est pas qu’elle m’ait été précisément agréable... bien au contraire . . . mais elle m’a fait comprendre que j’allais mal
ngir. .. elle m’a remis dans le droit chemin, et depuis un instant, grâce à elle, je me sens meilleur... c’est quelque chose... Allons! ravisseur manqué, en route! (Passant de T autre côté du mur. ) Je suis sûr qu’elle aura une bonne opinion de moi; et, si jamais je la rencontre dans le monde... Ah! ah! je rirai bien... \Disparaissant.) Bonsoir, mesdemoiselles I dormez en paix... le loup se retire, (on ne voit plu* ■lue sa tûte.) Tiens ! qui vient de ce côté? (U regardé par ln gauche.) On dirait la Dame blanche... moins la musique de Boieldieu. Eh ! je ne me trompe pas ! c’est ma petite pensionnaire... Tiens! tiens! Pourquoi revient-elle par ici?