SCÈNE ÎV
— S'il pouvait m'indiquer mon chemin seulement.
(Elle s'ap|iroche peu à peu de Frédéric.)
Monsieur... Monsieur... c'est luil le jeune hcmime d'en face* Oui, vraiment, c'est bien lui qui dort à cette place... Je ne sais plus que faire... Il va me voir, hélas!
— Non, ses yeux sont fermés^ — il ne me verra pas...
(Eo se reculant, elle se heurte Tiolemment contre un arbre.)
Ah!
FRÉDÉRIC, s' éveillant.
Qui va là?
ROSINE, toute confose.
Monsieur...
FREDERIC, apercevant Rosine.
Âh ! vision étrange 1 Suis-je encore endormi ?
ROSINE
Pardon, je vous dérange...
Je crois que vous étiez en train de sommeiller.
FRÉDÉRIC
Qu'importe? vous avez bien fait de m'éveiller.
— Je vous vois quelquefois... Vous êtes ma voisine.
ROSINE, baissant les yeux.
C'est vrai, monsieur, c'est vrai...
FRÉDÉRIC
Souvent...
ROSINE, naïvement.
(III* ■'•Tance.)
Je suis Rosiae.
18 AU PRIiNTEMPS
De ma fenêtre aussi je vous ai vu, parfois... Et... j'ai perdu ma mère au milieu de ce bois.
FRÉDÉRIC
Comme vous j'ai perdu mon oncle, où? je l'ignore.
ROSINE
Mais je vais la chercher.
FRÉDÉRIC
Non, attendez encore; Je vous reconduirai, si vous le voulez bien.
ROSINE
Oui, pourvu que cela ne vous dérange en riea.
FRÉDÉRIC
Au contraire...
ROSINE
Maman me grondera, sans doute, En voyant qu'avec vous je me suis mise en route ; Car c'est pour vous, monsieur, un bien grand embarras. Puis elle me défend d'accepter aucun bras, Et de lever les yeux. Je dois fuir votre vue. Et je vous trouve là, lorsque je suis perdue. C'est étrange ! Voyez ce que fait le hasard... — Allons-nous-en, monsieur, il est déjà bien tard !
FRÉDÉRIC
Eh bien 1 partons, partons. — Le bonheur passe vite : A peine on se rencontre, et déjà l'on se quitte.
ROSINE
Mais nous nous reverrons, et vous le savez bien, Puisque votre balcon donne en face du mien ;