SCENE V tl
THOMASSIN
A notre âge l'amour devient plus raisonnable; 11 est moins innocent, mais il est plus aimable.
* Ce n'est plus ce marmot, cet effronté g-amin
* Barbouillé d'insolence et nu conmie la main,
* Qui, le carquois au dos, de ses flèches perfides
* S'amuse à transpercer les cœurs bons et timides,
* Qui brise étourdiment ses joujoux les plus beaux, " La pudeur, l'innocence, et les met en lambeaux;
* Et qui, sans nul souci de l'honneur des familles,
* Fait maigrir les parents et... délirer les filles. C'est un dieu casanier, mais toujours égrillard. Et qui pourrait... eh! eh!
HAOAHE DESTOURVILLE.
Vous êtes bien gaillard.
THOMASSIN
Fier, mais toujours fidèle avec ce qu'il admire.
MADAME DESTOURVILLE.
Mon Dieu ! vous m'agacez.
THOMASSIN
Je vais ne plus rien dire.
(Frédéric et Rosine revieDoentà droite ; Rosine tient an bouquet de fleurs de« cliamps à la main.)
FRÉDÉRIC
Nous avons du malheur. Il paraît qu'aujourd'hui Nous nous perdrons toujours dans ce bois.
ROSINE
Quel ennui l
* les vers précédéi d'astérisques sont supprimés à la représentation.
Après bien des détours, quoi que notre esprit fasse. Nous revenons tous deux juste à la môme place. Tant marcher me fatigue.
^Elle s'assied sur le banc de gazon à droite.) FRÉDÉRIC.
Un instant de repos Pour chercher le chemin nous rendra plus dispos.
MADAME DESTOURVILLE, à Tlioniassin qui boude.
Eh bien, mon cher voisin, votre belle éloquence. Que devient-elle donc?
THOMASSIN
Si je romps le silence, De mon amour je vais reparler...
MADAME DESTOURVILLE.
En ce cas, Taisez-vous.
THOMASSIN
Je me tais.
ROSINE, à Frédéric.
Vous ne me parlez pas.
FREDERIC
Je rêvais.
ROSINE
A quoi donc?
FRÉDÉRIC, s'asseyaot auprès délie.
Nous ferions à notre âge, Si Dieu nous mariait, un bien joli ménage.