SCÈNE Y
ROSINE
Et bien doux, n'est-ce pas?
THOMASSIN, à madame Deetourville, d» l'antre cAté.
Nous serions deux époux Bien assortis, ma foi. — Je ne suis point jaloux, Au contraire, je suis d'une siniplesse extrême; Je suis...
MADAME DESTOURYILLE.
Quoi! vous parlez!
THOMASSIN
— Je me parle à moi-même.
MADAME DESTOURYILLE.
De votre bel amour pensez-vous bonnement Me convaincre?
THOMASSIN
Trfts-bien par le raisonnement.
(Il continue à parler tout ïmêJ^ ROSINE, à Frédéric
M'aimez-vous bien au moins?
FRÉDÉRIC
Ohl
MOSINB.
Cette marguerite Va me dire s'il faut vous croire. — Voyons vite.
(BSeuillant la fleur qu'elle prend dans son bou'juet.)
Il m'aime, un peu, beaucoup...
tBOMASSIN, à madame Destourrilla.
Suivez bien l'argument.
pi continue lent bas en gesticulSsntJ
ï* AU PRINTEMPS
ROSINE
Il m'aime, un peu, beaucoup...
FRÉDÉRIC
Et passionnément.
Ah! l'oracle a dit vrai.
(I\ se lève et va cueillir une antre marguerite.) ROSINE, embrassant la fleur qu'elle vient de consulter.
Fleurette merveilleuse!
Si tu savais combien tu m'as rendue heureuse!
THOMASSIN, même jeu.
C'est logique!
MADAME DESTODRVILLE,
Écoutez, j'entends un léger bruit.
THOMASSIN
Bah! c'est quelque pierrot effrayé qui s'enfuit. Or, je reprends : j'ai l'âge où le cœur est fidèle. Consultez la raison.
La raison, que dit-elle?
THOMASSIN
Qu'en automne il ne fait ni trop froid ni trop chaud.
MADAME DESTOURVILLE.
Je ne vous comprends pas, mon cher voisin.
THOMASSIN
Mieux vaut Un fruit mûr qu'un fruit vert. Vousdevez bien comprendre. Plus un homme vieillit, plus son cœur devient tendre j