MADAME DE3T0URV1LLE
(l'est bien, c'est bien, monsieur...
(A Rosine.)
Allons, tenez-vous droite!
Et pourquoi restiez-vous sous ce feuillage épais?
FRÉDÉRIC
Moi, j'attendais mon oncle...
ROSINE
Et moi, je te cherchais,
MADAME DESTOURVILLE.
Vraiment, mademoiselle ! il n'y paraissait guère. Et vous cherchez les gens d'une belle manière.
THOMASSIN, à madame Deslonrville.
Madame, voyez donc comme ils ont l'air honteux.
MADAME DESTOURVILLE.
Après?
THOMASSIN
Je parîrais, — certes, je suis comme eux, Que le soleil ardent de la saison nouvelle Leur a brûlé le cœur. — La chose est naturelle.
MADAME DESTOURVILLE.
Eh bien ! après ?
THOMASSIN
Après? mais je dis qu'au printemps, Quand tout sV-panouit, les cœurs sont palpitants. Oui, je parîrais bien ma constance amoureuse Contre votre vertu, pour moi si rigoureuse, Qu'ils s'aiment... Oui, madame... eh oui! c'est le printemps; Il m'a bien enflammé malgré mes cinquante ans.
MADAME DESTOBRVILLE.
Mon Dieu ! taisez-vous donc!
FRÉDÉRIC
Vous êtes noble et bonne.
Votre fille le dit; que votre âme pardonne, Madame, que vos mains s'ouvrent pour nous unir. Et nos cœurs s'ouvriront aussi pour vous bénir!
THOMASSIN
Ce discours m'attendrit autant qu'un long poème. — Bravo!
ROSINE, à sa tnère.
Si tu savais, ma mère, comme il m'aime! Mais puisqu'on n'en meurt pas!
THOMASSIN
Suivez donc mon conseil: Que vous avais-je dit? — Voyez, — c'est le soleil I
MADAME DESTOURVILLE.
Plus tard, nous parlerons de projets, en famille. En attendant, offrez votre bras à ma 61Ie, Frédéric.
(Frédéric s'empresse d'offiir soo bras à Rosine. )
onnez-moi le vôtre, mon voisin.