SCENE PREMIERE FRÉDÉRIC
Mon cher oncle, aujourd'hui je ne sais qui vous mène, Vous êtes pastoral comme monsieur Sedaine.
THOMASSIN
Ne l'es-tu pas aussi? Je suis trt-s-étonntî, Frédéric, de te voir cet air passionné.
FRÉDÉItIC.
Et moi, je suis surpris de vous voir si sensible. Naguère, vous étiez, mon oncle, plus paisible.
TIIOMASSIN.
Naguère, vous étiez moins pleurard, mon neveu, Et ne vous pâmiez pas aux beautés du ciel bleu.
FRÉDÉRIC
Naguère, vous songiez, selon votre habitude, Plus à votre tric-trac...
TnOMASSlN.
Et toi plus à l'élude.
FRÉDÉRIC
Et vous, plus à la table.
inOMASSIN.
Ah! oui-dà, mon bambin.
Pour te jouer de moi tu n'es pas assez fin. — Pour les prés et les fleurs cette extase profonde, Cela sent l'amoureux d'une lieue à la ronde.
FRÉDÉRIC
yamoureux! vous raillez, mon oncle^ assurément!
THOMASSINjse levanU
Je raille! voyez-vous le beau raisonnement!
FRÉDÉRIC*
Ou bien vous oubliez que, tout à l'heure encore, Vous admiriez ces fleurs dont l'herbe se décore. Et ces terrains poudreux, si pleins de majesté. Ces arbres éclatants...
TUOMASSIN, aveo bonhomie.
Oui, c'est la vérité.
FRÉDÉRIC
Pour les prés et les fleurs cette extase profonde, Cela sent l'amoureux d'une lieue à la ronde!
THOMASSIN
Mon neveu, mon neveu, tu te moques de moi.
FRÉDÉRIC
Vous aimez les torrents, la verdure.
THOMASSIN
Eh bien! quoi?
La campagne me plaît.
FRÉDÉRIC
Quelle est donc la bergère, La Philis, la Chloé, la nymphe bocagère Qui donne à votre cœur de si tendres élans?
THOMASSIN
Finiras-tu bientôt tes propos insolents?
* Frëiléric. Tbomassin.