L \ MAGNIFIQUE ALSACE Q
licjuc à ces dépendances qu'ennoblissent de sombres tilleuls. — Sans doute, au grand jour, Sainte-Odile n'esl plus qu'une hôtellerie lenue par les petites sœurs des pauvres; le monastère a perdu sa règle et Je cloître sa solitude; mais, de L'ensemble se dégage une magistrale leçon de continuité. Il y a la stèle du \n siècle, encastrée dans un mur du
titre; il \ a, dans la chapelle, les reliques de sainte Odile, que la critique la plus scrupuleuse tient pour authentiques; il y a, sous les murs du monastère, comme le panier de
i sous la guillotine, I étroit cimetière des Donnes anonymes : mais le spectacle le plus Instructif, c'est lout nu fond des corridor-, qu; nul on débouche dans an étroit potager.
ni, un murci non- sépare de l'abîme. Sur
la pointe du rocher plat, <>ù repose depuis
torze siècles l'audacieuse construction,
cet humble jardin (\i^ légume ablable à
un éperon, domine la cime des plus hauts sapins. Ici d'innombrables générations sonl venues admirer ee qui ne meurt pas, la magnifique Alsace : l'Alsace a toujours la même et toujours nouvelle », dit Gœthe, en retraçant avec plaisir, dans ses Mémoires, son pèlerinage de jeune étudiant à l'Ottilienberg.
Dans ee paysage aux motifs innombrables, l'essentiel, c'est l'armée des arbres qui s élève de la plaine pour couvrir de ses masses égales les ballons et les courbes des Vosges, cependant qu'au loin, l'Alsace agricole s'étend, avec ses verts et ses jaunes variés, ses rares bouquets d'arbres sombres, ses rouges petits villages, et, doucement, bleuit, pour finir là-bas, dans une sorte d'eau lumineuse. Mais plus lyrique encore, selon ma préférence, que cette escalade forestière et que ce repos champêtre, il y a le royaume