CHAPITRE II
ït.MIMIlf Dl l\ I \MI l SI MEFIANCE iniiUMM'
J'étais venu à Lindre-Basse sans un projet is d'études. Mais après deux semaines que je ^ne prêtais aux mortelles tristesses du paysage, je fus nécessairement conduit à observer la guerre que la France et l'Aliène, la tradition latine et la tradition çermanique, se livrent éternellement dans cette (( marche ». Depuis la maison de mes hô1
tg le Ilot d'outre-Rhin tout envahir et tout ruiner. Pour me soustraire ^i cette dépression français t pour sortir
du vague, j'cntrc|>i i- d jmbler des petits
laits significatifs.
20 Al. SERVICE DE L'ALLEMAGNE
Au début de l'année 1900, le gouvernement impérial a substitué au code civil français, qui régissait depuis un siècle l'Alsace Lorraine (et aussi les pays allemands sûr la rive gauche du Rhin), un ensemble de dispositions communes désormais à toute l'Allemagne. Je me proposai de rechercher si cette nouveauté (qui est à peu de chose près le code prussien) modifierait sensiblement les mœurs, l'orientation, ce l'âme » enfin, des pays annexés.
Mes hôtes me servirent de peu. Aoury aimait le climat, les grandes plaines et la population si fine et raisonnable de sa Lorraine natale, où son esprit réaliste et dégoûté de toute emphase s'accordait, mais la mesure des passeports, pendant une longue suite d'années, l'avait tenu dehors. C'était seulement le second automne qu'il revenait à Lindre-Basse. 11 ne connaissait plus l'état