‹ Au service de mon paysChapitre 50 sur 84 · COLE · texte numérisé non relu

COLE

En notre province, messieurs, la loi de l'Instruction publique reconnaît aux parents le droit d'organiser et d'administrer les écoles primaires. Cette loi nous fait honneur, et nous devons faire en sorte que son principe fondamental ne soit jamais altéré. En la créant, l'État, chez nous, n'a pas voulu se substituer aux pères de famille en matière d'éducation, mais il a cru de son devoir de coordonner tous les efforts individuels ou municipaux, de leur donner une vie légale, assurant ainsi une meilleure efficacité et plus d'unité. L'Etat a laissé aux municipalités le soin de pourvoir à l'instruction du peuple, se contentant de leur accorder aide et secours en temps opportun, ne gardant pour lui qu'une direction toute paternelle et un contrôle peu gênant, en somme.

Mais il fallait un ministère ou pouvoir local à qui reviendrait la tâche difficile et délicate de créer, d'organiser, d'administrer et de diriger les écoles dans chaque municipalité. Ce pouvoir, ce ministère si honorable et si important c'est la commission scolaire dont vous êtes les dignes officiers, après avoir été choisis librement et au grand jour par les parents ou contribuables.

La Commission scolaire

M. le surintendant de l'Instruction publique, avec toute l'autorité de sa haute situation et l'autorité aussi de sa longue expérience, vient de vous dire, MM. les commissaires, vos

devoirs vis-à-vis de l'école et vous démontrer la responsabilité que comportent ces devoirs honorables. Il a traité son sujet de la façon la plus complète, et j'aurais mauvaise grâce d'y revenir. Aussi, dans cette conférence, je me propose tout simplement d'étudier avec vous les moyens à prendre pour mieux mettre en pratique les sages conseils de M. le surintendant; car il serait vraiment malheureux que de tels conseils fussent oubliés. Soit qu'il s'agisse du simple choix d'un emplacement scolaire, de la construction d'une école, de la création d'un arrondissement scolaire, et ce qui est plus grave, de l'engagement des maîtres et des maîtresses, tout importe dans ces multiples devoirs. C'est pourquoi M. le surintendant vous a dit et répété combien vos fonctions sont pleines de responsabilités. Une école spacieuse, meublée convenablement, où le bon goût règne et les lois de l'hygiène sont observées importe beaucoup à la formation des enfants, mais le choix du maître ou de la maîtresse importe plus encore, car ^'tel maître, tel élève." Et l'école serait-elle irréprochable au point de vue matériel, et le maître aurait-il toutes les qualités voulues, les commissaires ont encore la tâche d'assurer Tordre et la discipline en classe par des règlements sages et des visites opportunes, appuyant ainsi, discrètement mais fermement, l'autorité des titulaires et soutenant aussi le courage des enfants en provoquant une louable émulation. De plus, et ce n'est pas la moindre de vos obligations, vous devez favoriser la fréquentation scolaire et contrôler la mise en opération du programme d'études.

M. le surintendant vous a dit tous ces devoirs, toutes ces obligations, je n'insiste pas. Mais permettez-moi de vous signaler les points faibles que notent les inspecteurs d'écoles dans leurs bulletins et de vous dire aussi les conséquences de certaines négligences ou lacunes.

Lacunes et points faibles

Afin de mieux préciser, voici quelques statistiques qui ne laisseront pas de vous intéresser: Le diocèse des Trois-Rivières au point de vue scolaire, est divisé en 53 municipalités renfermant 280 arrondissements. Voici par comté: Maskinongé, 12 municipalités scolaires, 64 arrondissements; St-Maurice, 12 municipalités, 59 arrondissements; Champlaiti, 28 municipalités, 156 arrondissements; Trois-Rivières, une municipalité.

Les écoles sous contrôle sont ainsi réparties: Maskinongé 64, St-Maurice, 63, Champlain, 156, Trois-Rivières, 7; total 290. Il y a en plus 16 écoles indépendantes: 4 dans Maskinongé, 4 dans St-Maurice, 6 dans Champlain et 2 dans Trois- Rivières.

Les 290 écoles sous contrôle comprennent 482 classes ou départements, et ces classes sont fréquentées par 18,651 élèves, donnant, en moyenne, 39 élèves par classe. Ces 18,651 élèves sont classés comme suit: Cours élémentaire: 17,652; Cours intermédiaire ou modèle: 824; Cours supérieur ou académique: 175. Parmi les élèves du cours élémentaire, 1,698 sont en 4e année, la plus élevée de ce cours, laissant la grande masse des élèves dans les classes inférieures, soit: 15,954 dans les trois premières années du cours élémentaire. Il n^est pas sans intérêt de dire que sur les 290 écoles mentionnées il y a un instant, 10 sont dirigées par des Frères, 29 par des Religieuses, et 251 par des institutrices laïques.

Voici maintenant le classement des élèves par comté :

Elèves dans le Cours supérieur {7e et 8e année): Maskinongé, 7; St-Maurice, 30; Champlain, 92; Trois-Rivières, 46.

Elèves dans le Cours intermédiaire, (5e année et 6e année) : Maskinongé, 138, St-Maurice, 178; Champlain, 358; Trois-

Rivières, 150.

Elèves en 4e année du Cours élémentaire: Maskinongé, 288; St-Maurice, 450; Champlain, 783; Trois-Rivières, 177.(1)

Voilà pour les écoles. Quant au personnel enseignant, j'ai noté, chez les laïques, que dans 160 écoles il se renouvelait chaque année. Voici des statistiques instructives sur ce point. En 1911-12, sur 251 écoles, 157 étaient confiées à des institutrices de première année d'enseignement: Champlain, 83; St-Maurice, 48 et Maskinongé, 26. En 1912-13, sur les mêmes 251 écoles, 167 sont confiées à des institutrices de première année: Champlain, 94; Maskinongé, 37 et St-Maurice, 36.

Ainsi donc, en 1911-12, MM. les Commissaires, vous avez changé le personnel enseignant dans 63% des cas, et en 1912-13 vous avez opéré le même changement dans la proportion de

Enfin, la moitié à peine des commissions scolaires font les deux visites exigées par la loi, et plusieurs même néghgent ce grave devoir qui ne devrait jamais être omis, même si la loi était muette sur ce point.

Des statistiques qui précèdent, permettez-moi d'en mettre une en rehef , celle de la scolarité, la plus importante, puisqu'elle est l'indice certain de l'efficacité de l'école. Vous avez sans doute remarqué. Messieurs, que sur un total de 18,651 élèves, 17,652 étaient dans le cours élémentaire, et que 1,698 seulement de ces derniers avaient atteint la 4e année. Et vous avez remarqué aussi que sur 19,000 élèves près, un milier à peine suivaient les cours intermédiaire et supérieur.

(1) Voir à l'Appendice, sous le titre 'Tréquentation scolaire'^ une réponse à M. Godefroi Langlois, qui avait commenté les chiffres ci-dessus^devant l'Assemblée législative.

Une scolarité écourtée

Voilà donc le point faible : la vie scolaire dure trop peu chez les neuf-dixièmes de nos enfants, qui quittent l'école juste au moment où ils en profiteraient le mieux. Dans son rapport pour 1910-11, M. l'inspecteur Beaumier notait que 430 élèves de 14 à 16 ans étaient inscrits dans les écoles des comtés de Maskinongé et de St-Maurice, sur un total de 10,524. ''Ce tableau, disait M. Beaumier, fait voir que seulement 4,7% des élèves inscrits fréquentent l'école après l'âge de 13 ans".

Je le sais, et je me hâte de le dire, il faut ici tenir compte d'une élite, celle qui bénéficie des magnifiques institutions d'enseignement secondaire et primaire supérieur que possèdent Trois-Rivières et quelques paroisses du diocèse. Mais cette élite ne comprend guère plus de 2,000 élèves, ce qui porterait à 20% au plus le nombre des élèves fréquentant une école après l'âge de 13 ans.

La fréquentation scolaire dans les écoles sous contrôle, considérée au seul point de vue de la présence moyenne en classe, est très satisfaisante, eUe varie de 76% à 82%: c'est une moyenne supérieure à celle de quelques pays où l'instruction est obHgatoire. Mais la durée de la fréquentation scolaire, ou scolarité, est trop courte. Peu d'élèves des écoles rurales, les garçons surtout, se rendent à la quatrième année, et le nombre de ceux qui atteignent les cours intermédiaire et supérieur est infime.

Voilà donc le point faible : les élèves de nos écoles primaires, règle générale, quittent trop tôt la classe, insufiSsamment préparés pour le rôle social qu'ils auront à remplir plus tard.(l)

(1) L'enquête que j'ai faite sur la mise en opération du programme d'études en 1917, à la demande du Comité catholique, m'a permis de mieux approfondir ce sujet important. Voir à l'Appendice, le résultat de l'enquête.

La cause du mal

Pourquoi donc, chez nous, n'a-t-on pu encore généraliser dans les écoles primaires sous votre contrôle, MM. les commissaires, le passage régulier par la masse des élèves, d'une année du programme à la suivante, à chaque nouvelle période scolaire? Pour quelle cause la désertion presqu'en masse des écoliers a-t-elle lieu généralement vers l'âge de 13 ans, âge je le répète, où l'élève est le mieux préparé à profiter des années supérieures du cours primaire ? La cause de ce mal, messieurs, réside en grande partie dans le changement trop fréquent des institutrices et dans l'absence d'instituteurs dans les municipalités où le nombre et l'âge des petits garçons justifieraient la présence d'un maître. J'ajoute: dans bien des cas aussi, les institutrices sont trop jeunes ou incompétentes et trop souvent les classes sont encombrées.

Donc, instabiUté du personnel enseignant, incompétence dans certains cas, absence de bons maîtres et encombrement des classes: voilà ce qui éloigne les enfants de l'école; là est le mal. Et l'indifférence de plusieurs commissions scolaires ne fait qu'aggraver ce mal devenu chronique.

On comprend facilement que dans une école où le titulaire change tous les ans, la promotion annuelle des élèves est très irrégulière. Le changement trop fréquent des titulaires retarde les progrès scolaires en déroutant les élèves. Qui dit nouveau maître, dit nouvelle méthode, nouvelle manière de procéder; de la une perte de temps, un arrêt dans la marche du progrès. Et l'expérience qui vaut à elle seule presque toute la science de l'instituteur ou de l'institutrice, ne s'improvise ni ne se donne: elle s'acquiert avec les années.

Le mal ainsi fait aux enfants par le changement presque annuel des maîtres ou des maîtresses est souvent irréparable.

N^est-ce pas, en effet, dans la plupart des cas, les années passées à l'école primaire qui orientent la vie entière du jeune garçon et de la jeune fille. De sorte que Ton peut dire que de la première éducation des enfants dépend leur avenir.

C'est donc, messieurs, chose grave que de choisir un instituteur ou une institutrice. Ce choix ne doit pas se faire à la légère, et lorsque l'on constate qu'il a été bien fait, que l'on a eu la main heureuse, c'est encore un devoir que de prendre les moyens nécessaires pour assurer la permanence, au moins une permanence relative, du personnel enseignant dans les écoles placées sous notre contrôle. Et c'est bien en vain que nous aurions trouvé un bon maître, si sa classe est encombrée d'un trop grand nombre d'élèves. Vous avez remarqué que d'après les statistiques citées plus haut, il y a en moyenne 39 élèves par classe dans vos écoles. Mais 39 ^'en moyenne" signifie encombrement des classes élémentaires. En effet, les classes supérieures sont nécessairement moins nombreuses, déversant ainsi la masse des élèves dans les classes inférieures, les plus difficiles à diriger, néanmoins.

Le remède

Le remède au mal signalé, l'ineflficacité de l'école, se trouve surtout dans un choix plus judicieux du personnel enseignant, dans le maintien en fonction de ce personnel, au même poste, aussi longtemps que possible, dans le désencombrement des classes, et enfin de la part des commissaires, dans une surveillance plus suivie et plus méthodique de la mise en opération du programme d'études.

Permettez-moi, messieurs, de vous dire en toute franchise que trop souvent le choix des maîtres et des maîtresses vous

laisse indifférents. Tandis que le syndicat des fabricants de beurre ou de fromage remue ciel et terre et ne craint pas d'offrir un salaire généreux pour trouver un employé compétent et honnête, la commission scolaire, trop souvent, hélas ! se désintéresse du choix des maîtres, ou lorsqu'elle daigne s'en occuper, c'est pour refuser une légère augmentation de traitement deux fois méritée. Et quel traitement offre-t-on? S125.00, 130, 140, parfois $150 et rarement $175; c'est-à-dire douze piastres et cinquante, treize piastres, quatorze, quinze piastres et très rarement dix-sept à dix-huit piastres par mois. Les servantes gagnent aujourd'hui de $12. à $15. par mois, et les jeunes filles, dans les bureaux, sont payées jusqu'à $10 par semaine. On ô'étonne, après cela, s'il est parfois difficile de trouver des personnes vraiment qualifiées. Mais, étant donné le coût de la vie, qu'est-ce que $12. ou $15. par mois, sinon un salaire de famine. Certes, je le sais, la valeur du maître ne s'évalue pas au chiffre de son traitement, mais encore faut-il que ce maître puisse vivre convenablement du fruit de son travail. Sa tâche, n'est-elle pas assez lourde de responsabilité, son labeur assez absorbant, sa vie tout entière assez prise par le souci de son important devoir — ici, je parle du maître et de la maîtresse digne de son état — pour qu'en retour il ait le droit de recevoir non seulement un salaire lui assurant sa pitance quotidienne, mais encore un traitement lui permettant de prévoir les jours inévitables de la maladie, puis de la vieillesse.

A propos des traitements, je suis heureux de faire connaître à cette assemblée que la majorité des institutrices laïques de ce diocèse a reçu une augmentation de traitement en 1912-13. Voyez plutôt par comté, le nombre des titulaires dont le salaire a été élevé en moyenne de $23.00. Maskinongé, 49; St-Mau-

rice, 44; Champlain, 98.(1) Voilà un bon mouvement qui mérite des félicitations, et j'espère que Ton ne s'arrêtera pas en si bonne voie. D'ailleurs, les conamissions scolaires qui ont bien voulu délier les cordons de leur bourse municipale ont reçu du gouvernement une compensation généreuse. Ak hasard, j'ai comparé ce que les municipalités dont les noms suivent avaient donné aux institutrices sous forme d'augmentation de salaire et ce qu'elles avaient reçu du gouvernement sous forme de primes spéciales, en 1912: St-Alexis, déboursé pour augmentation $110, reçu du gouvernement $186.12; Mont- Carmcl, déboursé pour augmentation, $120, reçu du gouvernement, $214.11; St-Stanislas, déboursé pour augmentation, $30; reçu du gouvernement, $136.48; Laflèche, déboursé pour augmentation, $30; reçu du gouvernement $148.92; St-Séverin déboursé pour augmentation, $55. reçu du gouvernement, $148.05.

Dans chaque cas, les commissaires ont reçu bien plus qu'ils n'avaient déboursé. Et, remarquez-le bien, les sommes reçues du gouvernement ne représentent, dans la plupart des cas, qu'une prime, celle que mérite un traitement minimum de $100. Les municipalités qui ont porté le minimum à $150. pour toutes leurs institutrices sans exception, recevront trois primes.

Encouragement généreux du Gouvernement

Non seulement le gouvernement, appuyé par toute la Législature, a voté les primes de $125.00, $60,000 et $40,000 pour favoriser l'élévation des salaires, mais il accorde aussi des

(1) Ces renseignements sont tirés des bulletins de MM. les inspecteurs J.-O. Goulet et Beaumier.

primes aux municipalités les plus méritantes. Il y a quelques années, la pension des institutrices fut augmentée de 50%, et Toctroi aux municipalités pauvres notablement élevé. Depuis 1905, les écoles normales ont été multipliées, facilitant ainsi le recrutement d'institutrices bien préparées. Enfin, Toctroi aux écoles publiques , fixé à $160,000.00 depuis 1867, est désormais de $200,000.00, et sera partagé au prorata des enfants inscrits à l'école et non d'après le chiffre de la population: ce qui est infiniment plus judicieux. En résumé, le budget de l'Instruction publique qui ne dépassait pas $500,000 il y a quelques années à peine, dépasse maintenant $1,300,000.

Le gouvernement a donc fait son devoir vis-à-vis des commissions scolaires en leur accordant une aide substantielle. A vous aussi, messieurs, de vous imposer de généreux sacrifices afin d'assurer à vos écoles le grand bienfait de titulaires vraiment qualifiés. Non seulement le bon maître et la bonne maîtresse possèdent des connaissances classiques suffisantes, mais ils sont aussi et surtout des enseigneurs, des éducateurs. Et pour être un véritable éducateur, il faut aussi être un chrétien convaincu et un patriote éclairé.

Conclusion

Messieurs les Commissaires, je suis convaincu qu'une fois de retour dans vos paroisses respectives, vous vous efforcerez de mettre en pratique, et dès cette année, les excellents conseils de M. le surintendant. Vous êtes plus convaincus que jamais de l'importance de l'école primaire bien organisée et bien dirigée. L'idéal de l'école primaire est de bien enseigner plutôt que d'enseigner beaucoup; l'éducation intellectuelle que l'école primaire est appelée à donner ne comprend qu'un nombre limité de connaissances. Mais ces connaissances

sont choisies de telle sorte que non seulement elles assurent à l'enfant tout le savoir pratique dont il aura besoin dans la vie, mais encore elles agissent sur ses facultés, forment son esprit, le cultivent, Fétendent et constituent, chez nous, vraiment une éducation, puisqu'elles ont pour base l'enseignement reUgieux. En Suisse, que j'ai eu l'avantage de visiter au point de vue scolaire, l'école primaire est une grande institution dont tout le monde s'occupe ; elle est l'une des bases de la prospérité publique; pour les familles, une garantie que leurs enfanta seront élevés en vue du lendemain scolaire. Comme dans la province de Québec, on est convaincu, en Suisse, de la haute valeur de la morale et de la religion en éducation. Avec leur célèbre maître Fœrster, les instituteurs suisses admettent que ''science sans conscience n'est que ruine de Famé"; ils croient ''aussi en la valeur unique de la religion au point de vue de l'éducation morale". Mais l'école suisse est supérieure à la nôtre dans la mise en opération du programme d'études; dans cette école, les élèves sont amenés méthodiquement, en vertu d'une émulation permanente, à suivre le programme d'études année par année. En Suisse, on évite autant que possible les déplacements des titulaires, considérant ces déplacements incompatibles avec le progrès des élèves.

Nous aussi, messieurs, attachons une grande importance au choix des maîtres et assurons, par notre zèle, l'efficacité de leur tâche. Croyons à la nécessité de l'école au point de vue social et économique, et ne craignons pas d'y placer nos capitaux: l'école est encore la meilleure des banques. Quand il s'agit de l'Instruction pubhque, soyons généreux, ne mesquinons pas. En telle occurence, c'est l'intérêt supérieur de notre race qui est en jeu, car son avenir sera ce que l'école l'aura fait. La province de Québec a besoin de tous ses fils, et elle se doit

à elle-même de les armer convenablement pour les luttes de demain. Ces luttes deviennent de plus en plus difficiles à mesure que les flots toujours de plus en plus grossissants de rimmigration étrangère menacent notre province même.

Si nous voulons résister aux assauts inévitables de Tavenir, préparons la résistance sans retard. Et Fécole, Técole primaire, voilà la vraie réserve nationale !

A vous, MM. les commissaires, la tâche patriotique de créer cette réserve et de la maintenir sur un pied réellement efficace.

Pour accomplir cette tâche, vous n^avez, messieurs, qu^à suivre les conseils si sages et si pratiques que M. le surintendant vous a donnés au cours de sa belle conférence.

QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC

Nous reproduisons de V Etude Critique de notre Système Scolaire (Montréal 1913) le résumé d'un discours prononcé devant le Congrès de l'Association catholique de la Jeunesse Canadienne, tenu aux Trois-Rivières, en juin 1913:

''M. Magnan félicite d'abord l'A. C. J. C, d'avoir mis au programme du Congrès général de 1913, l'importante question de l'instruction publique; puis il loue chaleureusement l'amour du travail et l'excellent esprit de patriotisme qui animent la belle et prospère association de la jeunesse canadienne-française.

'^ Après avoir dit combien il regrette de ne pouvoir être présent à la séance du lendemain matin où, d'après le programme? l'inspecteur général devait clôturer le débat sur ^'les résultats obtenus par le système d'instruction publique en vigueur dans Québec", M. Magnan complimente délicatement les camarades Tessier et Dorion qui venaient de lire deux travaux très intéressants, le premier: ^'Historique de l'enseignement primaire dans la province de Québec", et le second: '' Organisation actuelle de l'Instruction publique.

'^L'inspecteur général souligne certains faits historiques et en rappelle d'autres qui nous font mieux comprendre l'exprit qui anime le système actuel. Il précise aussi quelques articles de la loi scolaire, et met au point certaines données qu'il importe de connaître bien exactement, afin de travailler plus efficacement à l'amélioration de l'éducation populaire.

''M. Magnan ne veut pas empiéter sur le débat du lendemain, néanmoins, il donne des statistiques très intéressantes, démontrant que notre système d'Instruction publique s'est

développé normalement, et que si dans certains cas, on n'a pas toujours su en obtenir le maximum de rendement possible, du moins les résultats obtenus font-ils espérer qu'avec un peu plus de zèle, de générosité et de méthode, ce système est susceptible de développements qui assureront d'une façon incontestable la supériorité de la province de Québec dans toutes branches de l'Education: primaire, secondaire et supérieure.

^^Voici quelques-uns des tableaux produits par l'inspecteur général :

/. — Résultats généraux ( / )

Années

MunicipaHtés

Arrondis.

Écoles

Elèves

//. — Ecoles primaires supérieures

Augmentation de 34%.

(1) Tous les chiffres des tableaux qui suivent sont tirés des Rapports du surintendant de l'Instruction publique.

///. — Elèves des écoles primaires intermédiaires et super.

Écoles Interm. Écoles Super.

Augmentation en 10 ans de 44,363, soit 37%.

IV. — Elèves des Universités, collèges classiques, écoles normales

et écoles spéciales

Augmentation de 75%.

V. — Inscription totale des élèves, de F Ecole primaire à VUniver-

site

Augmentation de 23%.

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