‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 11 sur 143 · I. Mémoires de M, de Melun, II, pp. i43 et sq · texte numérisé non relu

I. Mémoires de M, de Melun, II, pp. i43 et sq

tion impériale, les motifs qui s'opposaient à son acceptation, et lui demandèrent conseil et appui. Il fut complètement de notre avis, nous encouragea dans notre résolution et promit d'agir dans ce sens. Il fut donc décidé qu'on ferait dire au préfet de police notre regret de ne pouvoir accepter sa proposition, les raisons majeures qui s'y opposaient^ et l'avis conforme du Cardinal. »

Mais, connaissant les habitudes du gouvernement, M. de Melun ne jugea pas prudent de s'en tenir à une négociation verbale. « Je conseillai donc, ajoute-t-il, une lettre bien claire,, bien explicite, annonçant notre refus formel, en donnant les raisons, et signée par le bureau au nom du conseil. Il était temps : le décret était déjà signé et allait paraître au Moniteur. Il nommait, en même temps, le Cardinal Morlot président de la Société de Saint-Vincent-de- Paul, et le maréchal Magnan président des francs-maçons de France. Devant notre refus formel, il fallut bien remplacer le Cardinal, et ce fut par l'arrêt de dissolution du conseil général (5 avril 1862). Les francs-maçons ayant été moins fiers que les chrétiens, le maréchal Magnan parut seul au Moniteur. »

« Les tristes conséquences de cette mesure déplorable, dit avec juste raison un des collaborateurs de M. de Melun S ne tardèrent pas à se faire sentir. Les conférences des pays étrangers demeurèrent fidèles; mais un assez grand

I. Vie charttable da çicomte de Mélan, par Alexis Ghbvalibii, p. a37, A. Marne, éditeur, Tours, i8g5. M. Alexis Chevalier a été pendant plus de trente ans le dévoué coUaborateur de M. de Melun dans ses œuvres charitables et sociales, — et c'est pour les jeunes gens et les jeunes fiUes de la classe ouvrière qu'U a écrit la vie de ce gprand homme de bien.

sous LE SECOND EMPIRE 37

Qombre de conférences françaises se dispersèrent : les unes, pour protester; les autres, plus timides, pour écliapper au mécontentement du pouvoir. Les fonctionnaires qui appartenaient à la Socifté s'éloignèrent, ne voulant pas se donner l'apparence de Topposition; beaucoup de familles chrétiennes en détournèrent leurs fds pour ne pas leur fermer l'entrée des carrières politiques. La Société de Saint- Vincent-de-Paul, gravement atteinte par cette misérable persécution, ne put se relever qu'après la chute de l'Empire. Les patronages intimement unis à la Société de Saint-Vincent-de-Paul subirent naturellement la même crise. »

Mais, sous la troisième République, les œuvres de jeunesse ont heureusement retrouvé un personnel dirigeant plus nombreux, peut-être môme mieux préparé, et généralement libre dans son action.

C'est ce que nous reconnaîtrons en examinant les progrès de ces œuvres depuis la chute de Napoléon III jusqu'à nos jours.

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