LES BIBLIOTHÈQUES DE PATRONAGES
dérés par les enfants comme généralement moroses et restent ensevelis sous la poussière des rayons.
Respectons le rire du jeune âge. Messieurs! Un enfant de dix ans, après avoir lu deux ou trois vies de martyrs très édifiantes sera bien aise de retrouver des personnages sans doute dépourvus d'auréole, mais d'une honnêteté très sufiîsante pour ne pas le pervertir en l'amusant.
Il nous semble donc que les recueils de contes, d'anecdotes, les romans honnêtes, ne doivent pas être bannis du patronage : nombre de directeurs du reste partagent et mettent en pratique cette idée.
Mais il est une classe de livres trop peu représentée dans nos bibliothèques : pourquoi l'histoire de France y tientelle une place si minime ?
Beaucoup d'enfants aiment follement cette histoire de leur pays lorsqu'elle est entrecoupée d'anecdotes, d'épisodes guerriers. Leur cœur de petit Français bat vite au récit d'un trait d'héroïsme, et leur esprit, un peu grossier quelquefois mais toujours fin, comprend et aime ces boutades des vieux grognards du Premier Empire.
Quant aux journaux et revues catholiques, reçus dans plusieurs patronages, ils nous semblent un moyen de pro- ^ pager la bonne parole. Gomme le dit excellemment M. Laplatte : « L'influence du périodique l'emporte aujourd'hui partout sur celle du livre, qui est plus discret et demande plus d'attention pour être pratiqué avec fruit. » Le patronage peut devenir ainsi un centre de propagande de la bonne presse.
En résumé, une bonne bibliothèque de patronage doit convenir aux enfants qui la fréquentent, et nous ne
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pouvons donner aucune règle Oxe pour en créer une.
Ce qu'il faut encourager de préférence, dit en terminaot M. Laplatte, dans la constitution d'une bibliothèque destinée à la formation morale et à l'éducation intellectuelle de la jeunesse, c'est la valeur des ouvrages, et si vous aimez mieux, leur degré d'appropriation et d'adaptation au milieu sur lequel ils doivent agir.
Une collection, qu'elle soit fixe ou circulante, une bonne collection est celle qui exclut de ses cadres toutes les nonvaleurs, quel que soit leur titre.
C'est aux directeurs à y veiller. Mais c'est à eux aussi à compléter, par l'exemple et la parole, l'influence saine et hautement moralisatrice des lectures honnêtes qui concourent à l'éducation de l'esprit et à la persévérance religieuse par le développement de l'intelligence et du cœur.
Voici à titre documentaire un règlement de bibliothèque :
RAOLBMBNT DB BIBLIOTHàQUB
I* Tout membre « admis* » au patronage peut emprunter des livres à la bibliothèque.
a" Nul ne peut sans une permission du directeur emporter plus de deux livres à la fois.
3* Les livres empruntés doivent être rapportés dans la quinzaine qui suit le prêt.
4* Certains livres sont réservés aux jeunes gens âgés de plus de seize ans.
5* Tout membre du patronage qui aurait détérioré des livres ou gravures sera signalé au directeur, qui pourra le rendre pécuniairement responsable ou lui infliger une amende à verser en cachets.
I. L'expérience démontre qu'il vaut mieux ne pas prêter de livres aux aspirants.