‹ Au sortir de l'école: les patronages: aree une lettre-préface de S. Ém le Cardinal LecotChapitre 19 sur 143 · DEPUIS VINGT-CINQ ANS : PATRONAGES RURAUX · texte numérisé non relu

DEPUIS VINGT-CINQ ANS : PATRONAGES RURAUX

fortable. Cette combinaison est peut-être la meilleure, partout où la disposition des lieux permet de la réaliser, l'œuvre étant à la fois chez elle et chez M. le curé. On voit qu'une vingtaine de nos cercles et patronages ruraux ont déjà leur installation propre, ce qui est une preuve de vitalité.

« Nous en trouvons une autre, ajoute M. Le Conte, dans la date déjà éloignée de leur fondation ; parmi eux, en effet, vingt ont au moins sept années d'existence. L'œuvre des patronages ruraux a donc conquis ses chevrons ; beaucoup ne lui prédisaient pas si longue et si heureuse vie en la voyant sortir de son berceau et faire ses premiers pas sur le sol de nos campagnes; mais Dieu veillait sur le nouveau-né : il protégera son adolescence comme il a béni son enfance.

« En dehors de ces cinquante-cinq patronages actuellement existants, il y a eu assurément beaucoup de tentatives qui n*ont point abouti et que nous ne comptons plus. Il ne faut nullement s'en étonner; comment se flatter, en effet, de réussir infailliblement dans l'œuvre la plus difïïcile de toutes, quand tant de prêtres excellents échouent, malgré leur intelligence et leur dévouement, dans des entreprises moins semées d'obstacles ? Aussi, nous conviendrons loyalement que plusieurs essais ont avorté, soit par la résistance des parents, soit par l'hostilité des instituteurs, soit enfin, il faut bien le dire, par le manque d'aptitude ou le découragement prématuré des directeurs. »

Mais Chàlons-sur-Marne n'est pas le seul diocèse de France où Ton ait organisé des patronages ruraux ; nous trouvons une trentaine de ceux-ci dans le diocèse de Nancy,

auxquels il faut ajouter une centaine de confréries, sociétés chorales et associations chrétiennes, fondées dans les campagnes depuis 1870, par les soins du bureau diocésain ; le diocèse de Cambrai en compte environ cent quarante, et son voisin, celui d'Arras, près de cinquante.

Ce n'est point seulement dans le nord de la France que l'œuvre est en progrès; on peut facilement s'en assurer en consultant la liste récemment dressée par la Commission des Patronages et le Bureau des Œuvres que nous mentionnions au début de cette étude. « L'œuvre a maintenant envahi les régions de l'Ouest et du Centre, dit M. l'abbé Le Conte*. On nous cite un grand nombre de patronages ruraux existant et prospérant à l'heure présente en Berry, en Bourbonnais, en Poitou, en Saintonge, en Touraine, en Vendée, etc. Plusieurs ont été fondés en Nor-. mandie, particulièrement dans les environs de Caen. En Bretagne, les réunions connues sous le nom de « jeux de boule » se rapprochent beaucoup par leur esprit, leur but et leurs allures, de nos œuvres de campagne. Dans le diocèse de Dijon, nous avons à signaler, non point des cercles proprement dits, mais des réunions de jeunes gens groupés à l'occasion du chant. Les petits patronages de l'Isère, Allevard notamment, ont subi victorieusement l'épreuve du temps : leur exemple aura été contagieux : car la Maurienne, à l'heure présente, s'apprête à entrer résolument dans la voie des œuvres rurales... Enfin, le Midi n'est point resté étranger au mouvement général : beaucoup de patronages ont pris naissance, en ces dernières

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