VI LETTRE-PREFACE
comme corollaire indispensable un patronage de jeunes gens, d L'appel a été entendu.
Si cous étudiez açec un égal soin les divers patronages qui existent dans nos grandes villes et dans nos campagnes, on sent, Monsieur, cotre préférence marquée pour les patronages des écoles laïques. Quoi d'étonnant ? Cette partie de votre livre a été vécue, vous Vécrivez avec des souvenirs. Vous rappelez au cours de ces pages les témoignages de haute estime, de chaleureuse protection, que f ai donnés aux nobles Jeunes gens qui marchent sur vos traces dans notre ville de Bordeaux : Je les ai vus à T œuvre, fai constaté avec les curés des populetises paroisses le bien accompli, et Je leur redis de tout cœur : « Crescite et multiplicamini. »
A la partie historique vous ajoutez, avec Vexpérience personnelle, ce meilleur des maîtres, une partie pratique, qui fera de votre livre un Manuel très utile pour la formation de ces patronages, où vous dites si bien <r que Venfant doit trouver une ^ partie de V affection qu'il rencontre dans sa famille, une partie de la discipline à laquelle il se soumet à V école, une partie de la liberté dont il Jouit dans la rue ». Vos monographies sont des exemples vivants^ vos règlements divers des indications pré^
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cieuses, enfin il n^jy a pas jusqu'à ce résumé des procès soutenus qui n'offre une utilité réelle à vos lecteurs.
En cous adressant toutes mes félicitations, j'appelle. Monsieur, la bénédiction de Notre-Seigneur sur votre travail pour qu'il multiplie Vœuvre féconde des patronages catholiques.
Recevez, bien cher Monsieur, V expression de mes meilleurs sentiments en Notre-Seigneur.
Archevêque de Bordeaux.
AVANT-PROPOS
Les œuyres post- scolaires attirent aujourd'hui l'attention sur elles.
A la distribution des prix du Concours général, cette année, le ministre de Tinstruction publique et le professeur chargé de prononcer le discours d*usage n'ont parlé que de cours du soir, de mutualités scolaires et de sociétés amicales d'anciens élèves ; quelques jours plus tôt, le Journal Officiel publiait un rapport très précis de M. Edouard Petit sur l'ensemble de ces institutions ; récemment l'Académie Française décernait un prix de vertu à l'un des plus dévoués directeurs de patronages, M. P. Enfert; enfin, revues et journaux d'opinions les plus opposées ont, durant ces derniers mois, consacré de longs articles à cette question toute d'actualité.
De dire que les œuvres complémentaires de l'école ont obtenu la faveur générale, ce n'est donc point assertion exagérée.
Signaler, encourager, soutenir les efforts de ceux "^
qui se dévouent à l'enseignement post-scolaire et
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travaillent ainsi à Téducation nationale, c'est assurenient chose louable en elle-même, mais, ce faisant, il faudrait cependant savoir et vouloir être juste.
On ne Ta pas toujours été.
Ainsi, Tan passé, dans son premier et très intéressant rapport au ministre de l'instruction publique, M. Edouard Petit, chargé d'étudier le puissant mouvement à^ Après Vécole, consacrait une seule ligne aux « patronages confessionnels », dont il ne laissait soupçonner ni l'importance ni l'ancienneté.
C'était une omission singulière : l'enquêteur officiel passait à peu près sous silence des centaines d'œuvrés dans lesquelles depuis dix, quinze, trente et même cinquante ans, des prêtres, des religieux et des laïques dévoués réunissent, tous les dimanches et souvent en semaine, une foule de jeunes gens < — élèves des écoles primaires, apprentis et petits ouvriers — pour les divertir, les moraliser et les instruire.
Nous avons essayé de réparer cette lacune en retraçant, dans la Quinzaine, l'histoire des institutions post-scolaires françaises : avec documents à l'appui nous avons démontré — et personne, jusqu'ici, ne s'est élevé contre notre démonstration — que les catholiques avaient eu le mérite beaucoup
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trop ignoré d'être en cette matière des précurseurs, des initiateurs. La Ligue de l'Enseignement mène, il est vrai, grand bruit autour de ses patronages laïques ; mais elle n'a fait que copier, en la déformant, l'œuvre novatrice de l'Eglise. L'enseignement primaire avait eu jadis en France des origines religieuses ; l'idée de l'éducation post-scolaire devait, à son tour, prendre naissance et trouver sa réalisation pratique dans les milieux chrétiens.
Nos articles de la Quinzaine ne sont point restés ignorés de M. Edouard Petit : dans le rapport qu'il vient d'adresser au ministre de l'instruction publique *, le professeur de Janson-de-Sailly, réparant son oubli de l'année précédente, a consacré, en effet, près d'une page aux œuvres catholiques, dont il indique, d'après nos propres études, l'importance et le nombre. Mais la courtoisie dont M. Edouard Petit a fait preuve à notre égard ne saurait cependant nous faire oublier que, sortant de la neutralité qui lui était imposée, l'enquêteur officiel a considéré avec faveur les institutions post-scolaires organisées par des sociétés maçonniques, comme la Ligue de l'Enseignement, tandis qu'il traitait eu adversaires, en ennemis même, les patronages où l'on