PIPE
un lit en fer, un peu de vaisselle bien rangée sur une caisse façonnée en armoire.
Au Sud de l’Afrique.
Notre ancien n’y comprendrait rien et trouverait que tout cela est bien loin de l’ocre rouge, qui suffisait aux besoins de luxe du temps passé, loin aussi des turpitudes du paganisme, où le « yoala », bière enivrante , était le seul idéal recherché de tous ; bien lointain encore du temps des guerres qui, si fréquemment, décimèrent la tribu et qui, parfois, étaient suivies d’actes de cannibalisme.
Nous pouvons dire avec l’auteur d’un beau livre récemment paru 1 :
« Les temps ont maiche mortier et pilon
depuis; Jésus, le seul pour concasser le mais.
nom qu’on adore à travers tous les peuples, toutes
i. Jésus-Christ , par le R. P. Didon.
La civilisation che ^ les Bassoutos.
les races, tous les temps, a grandi, détruisant le paganisme, civilisant la barbarie, créant un monde nouveau. »
Les Bassoutos sont loin de savoir travailler le bois aussi bien que les Congolais ou les Zambéziens. Ils ne seraient pas non plus capables de faire ces jolis et singuliers bijoux, ouvrages des Sénégalais ou des Kabyles, mais ils ont cependant une certaine ingéniosité qu’il faut reconnaître, comme en témoignent maints petits travaux en bois, en fer, en cuivre, en
os ou en corne.
Je pourrais, entre autres, vous présenter une quinzaine de tabatières de toutes sortes, collée-
tionnées par mon ami le plus intime, fort différentes, cela va sans dire, de celles de la collection Sauvageot, figurant au musée du Louvre, mais peutêtre plus curieuses; dommage seulement qu’elles n’aient pas la même valeur !
Les bracelets et surtout les broches, méritent une mention spéciale; quelquefois , ces dernières ont la forme d’un bouclier, d’une grenouille, d’une hache, etc. Elles sont faites en cuivre ou en fer, mais on peut rencontrer des « bijoutiers » qui, avec des monnaies d’argent, font des bagues et des broches assez réussies.
Un collectionneur sérieux ne dédaignerait sans doute pas de posséder une pipe de la façon d’un Mossouto; non pas pour la fumer, fi donc ! mais bien plutôt pour la placer à côté d’une canne en bois sculpté, d’une cuiller ou autre bibelot de même prove-