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FOT EN BOIS SCULPTÉ PAR LES NIAM-NIAM

liens de jonc, celui-ci est orné de lignes qui se coupent suivant les règles naturelles de la vannerie 1 .

Dans certains cas, la décoration dite géométrique peut avoir une autre origine. Elle imite alors des modèles naturels que fournit le

et qui, entre autres dessins, porte celui d’un serpent, permet de constater comment l’influence de la vannerie et celle du monde animal ont pu s’exercer simultanément 2.

1. Le peigne des Monbuttu, reproduit par Rat^el et par Schweinfurth , inspire les mêmes réflexions.

2. Le dessous de cette même calebasse montre comment des feuilles peuvent devenir tout naturellement le point de départ d’une décoration géométrique.

monde animal ou végétal. Je n’en vois d’exemples ni dans les objets gambégiens que nous présente M. Christul, ni dans ceux que j’ai pu étudier au musée du boulevard Arago. Mais ils sont nombreux dans les tatouages de certaines peuplades africaines, comme celles d’ Abéokuta. Une calebasse du Sénégal, qui se trouve a la Maison des Missions

PEIGNE DES BONGO

Introduction.

On voit donc en quoi consiste l’ingéniosité de l’artiste. Elle est le résultat d’un effort plus ou moins difficile d’abstraction. Dans un cas, cet effort lui permet de distinguer de la forme d’un animal les dessins qui le couvrent.

Dans le premier, il lui fait transporter dans une industrie les décorations spontanément trouvées dans une autre. L’invention ne consiste pas il créer de toutes pièces ces motifs d’ornementation, mais à les imiter sur une matière différente. Nul besoin, par conséquent, de prêter aux ba-Rotsé des études de géométrie qui leur sont parfaitement étrangères.

Pourtant , sans être ce qu’on serait tenté d’imaginer, leur supériorité n’est pas moins réelle ; elle a consisté a trouver une idée très simple, mais très heureuse : celle de tracer sur les objets qu’ils façonnent les combinaisons de lignes

trouvées ailleurs. Il faut mettre ce don en rapport avec leur goût pour le travail.

M. Coillard, qui dénonce si souvent leur légèreté d’esprit, leur indifférence morale et les abjections de leur paganisme, leur rend un témoignage qui nous intéresse ici : « Ces ba-Rotsé m’étonnent, écrit-il1 ; ils sont certainement , de tous les noirs que j’ai connus, les plus industrieux. Avec quelques outils seulement et des plus primitifs, ils font tout ce dont ils ont besoin. Les forgerons forment un clan a part. Non seulement ils fabriquent toutes les armes du pays, les pioches, les cure-nez, etc., mais donnez-leur un modèle, et ils vous feront des clous de la dimension voulue, des haches, des bêches, etc. Ce ne sera pas de l’acier, mais une bonne imitation. Il y a des armuriers — en très petit nombre, je dois le

I. Sur le Haut-Zambèze, p. 444. Bcrger-Levrault et C‘<\ 1S98.

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