EN ROUTE
On doit vivre bien tranquille dans ce coin isolé, et l’on doit d’autant mieux s’entendre avec ses voisins qu’on n’en a pas...
Mais ce calme est bien trompeur, paraît-il, car les chacals apportent la désolation parmi les poules
Au Sud de l’Afrique.
de Motata, et les hyènes et les léopards font la guerre à leurs chèvres, moutons et poulains !
Presque tout le monde nous accompagne à la cascade, ou du moins jusqu’à une grande déchirure de terrain que les indigènes nomment Diheleng, quelque chose comme Enfer, et qui est bien autrement grandiose que les abords du lac d’Averne, près Pouzzoles, où les poètes antiques plaçaient l’entrée des enfers, que je visitais il n’y a pas mal de temps.
Peu après nous étions devant la cascade, saisis d’admiration et tout prêts à répéter le vieux psaume :
O Seigneur Dieu, que tes œuvres divers
Sont merveilleux par le monde univers !
Oh ! que tu as tout fait par grand’sagesse !
Bref, la terre est pleine de ta largesse...
Cette cascade, l’une des plus belles qu’on puisse voir, est formée par la Maletsunyane, honnête rivière qui chemine paisiblement dans une vallée resserrée, jusqu’à un point où, fort étourdiment, elle se précipite d’une hauteur à pic de plus de 190 mètres, avec un bruit assourdissant, répercuté par tous les échos des alentours.