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ENFANT MISSIONNAIRE PORTÉ A LA MANIÈRE INDIGÈNE

rages d’usage général, n’a pas besoin d’être enseignée.

Au Sud. de l’Afrique.

Ladite école, qui est fréquentée par une trentaine de jeunes filles et jeunes femmes, est très encourageante. On y fait en sessouto, bien entendu, quelques bonnes lectures, on y apprend un cantique qu’on chante à l’occasion d’une fête d’église, puis on y confectionne très joliment des brassières et des chaussons de bébés, ainsi que des bas, des bérets et des sacs à montres qui se vendent très bien. Si petit que soit ce commencement, c’est une branche nouvelle qui s’ajoute à l’industrie féminine, encore peu développée dans ce pays.

Souvenir d'une course

dans les montagnes

Bien que l’excursion que je vais vous raconter remonte à un certain temps, je me dis qu’elle peut vous intéresser. Du reste, les notes qui suivent sont encore très actuelles, car le pays a peu changé depuis ce temps-là.

Donc, un certain jour d’un mois d’octobre, nous sommes partis de Morija, station située à quatre heures d’ici à cheval — nous comptons les distances ainsi, comme au Congo on compte par « heure de pagaie » — pour nous rendre à la cascade de la Maletsunyane, découverte depuis peu et dont on disait merveille.

Seller les chevaux est vite fait ; ce qui prend le plus de temps, c’est de fixer les bâts sur les chevaux

Au Sud de l’Afrique.

du naturel le plus calme et d’y installer le bagage et les provisions du corps expéditionnaire.

Une fois en route, pas n’est besoin de vous dire qu’on se sentait heureux de sortir du train-train journalier, avec la perspective d’avoir quelque chose de beau à visiter.

Au début, le chemin a été tout simplement affreux ; nous nous demandions avec une certaine inquiétude ce qu’il pourrait bien être plus loin.

Eh bien, nous nous tourmentions pour rien. Ce chemin ne rappelle sans doute que vaguement la belle route du Simplon, mais enfin, comme chemin de montagne, on peut voir plus mal, et par un temps sec il peut fort bien être recommandé aux personnes nerveuses comme à celles qui ne le sont pas. Nous avions fort heureusement un très beau temps, le ciel était vert , ce qui est la manière de dire bleu en sessouto.

A force de mettre un pied l’un devant l’autre nous arrivâmes dans une large vallée nommée Sétléketseng, où se trouve un hôtel, je veux dire une caverne dans laquelle nous nous installons pour passer la nuit. On prépara d’abord le repas du soir; pendant que les uns allaient cueillir de

Au Sud de l’Afrique.

l’eau, qu’en France on va seulement puiser, d’autres partaient à la recherche du combustible...

A la pointe du jour, nous chevauchions de nouveau, côtoyant de temps à autre des précipices capables de donner le vertige même à des chèvres, surtout aux abords de la Makhalaneng.

Nous passâmes le lekhalo la machudu, le col des Voleurs, où il n’y a pas de trace de ceux-ci, mais seulement quelques huttes de paisibles propriétaires et un splendide panorama. Le lendemain, le chasseur de notre bande eut une pénible émotion, car un troupeau d’antilopes apparut près de lui : Nemrod avait bien son fusil, mais, hélas ! la cartouchière était à l’arrière-garde !

Vers onze heures, nous atteignîmes enfin la Letsunyane. Sa mère, la VLz-Letsunyane, n’était plus très loin ; il reste encore une grande montée; il faut aussi tourner Thaba-Patsoa, la montagne Grise, passer parle col de Noël, et là-bas, dans le fond, de l’autre côté d’un marécage, on aperçoit quelques huttes vers lesquelles nous nous rendons, après avoir traversé la susdite Maletsunyane.

Nous sommes chez le chef Motata, dont le village a piteuse mine. Mais la réception qui nous

Course dans les montagnes.

y est faite lui donne vite pour nous un autre aspect ; en effet on nous apporte un beau mouton, un pot de mafi, lait caillé, un autre de léting , bière de sorgho, et maintes bonnes paroles...

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