DANS L’ÉTAT LIBRE D’ORANGE
Hermon, 8 avril.
C’est à Wepener que je veux vous mener aujourd’hui; vous n’avez pas à craindre la fatigue, car ce n’est pas loin d’ici : à peine une heure à cheval. Wepener est un petit village d’environ trois cents habitants, situé dans l’État libre d’Orange, avec lequel nous avons forcément de fréquents rapports.
Il y a grande fête en ce jour à Wepener : M. le président F. Reitz doit venir y passer l’inspection des Boers du district, et nous sommes invités à nous y rendre par notre excellent ami, M. G -R. Keet, pasteur de l’église hollandaise de l’endroit.
Avant pu réussir à avoir des coursiers suffisants,
Au Sud de V Afrique.
mes deux grands fils ont pu accompagner leur papa, au grand contentement des trois cavaliers.
Nous trouvâmes le village de Wepener tout transformé ; les cinq magasins étaient fermés, ainsi que le bureau de poste et le télégraphe; il y avait des drapeaux çà et là, des lampions un peu partout et une foule que je puis presque qualifier d’énorme ; sans exagérer, on aurait pu se croire, avec de la bonne volonté, en pleine rue Cannebière, à Marseille, un jour de beau temps.
Au coin d’une rue, près le « Kantoor » ou mairie, se dressait un arc de triomphe qui n’avait pas mauvaise façon ; entre autres drapeaux qui le décoraient, j’ai été heureux d’en découvrir un français; vous pensez si j’ai été fier de voir la France représentée à Wepener.
C’était à une certaine distance du village que devait avoir lieu la revue; la ligne des voitures et wagons à bœufs s’étendait au loin dans la plaine et contenait une assistance nombreuse et pittoresque ; l’armée elle-même était composée de tous les Boers ou Burghers — les nationaux — valides des alentours, armés de fusils et à cheval.
Dans un groupe arrêté sur une petite éminence