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UN LIVRE DE CANTIQUES POUR CINQ CHANTEURS

Au Sud de l'Afrique.

O Molimo oa ka, Molimo oa topollo.

(Que ne puis-je, ô mon Dieu, Dieu de ma délivrance !)

Ke mang, ke mang monyako, ea kokotang hakâlo ?

(On frappe, on frappe, entends-tu ?)

Le désir de chanter est si grand chez les Bassoutos que, quelquefois, ils ne pensent plus qu’à l’air et ne s’inquiètent plus des paroles.

Ainsi parfois dans une fête où ne devaient retentir que des chants d’actions de grâces, on peut entendre entonner un cantique d’ordre tout différent dont voici le refrain :

Yo’na ! yo’na ! Ke tsatsi la bohloko !

c’est-à-dire :

Hélas ! hélas ! c’est le jour de douleur !

Il y a quelque temps, les enfants d’une école commençaient la journée par le cantique qui débute ainsi :

Ho uèna re tlisa dillo tsa rôna, molisa e moholo oa dinku ..

(A toi, grand Berger, nous apportons nos larmes.)

Un livre pour cinq étudiants.

Ne croyez pas qu’ils y mettaient de la malice, vous vous tromperiez fort. Pour eux, chanter, c’est louer, et ils mettent à la lettre le précepte de saint Jacques en pratique : quand ils sont joyeux, ils chantent des cantiques.

C’est ainsi qu’il n’y a pas très longtemps, un missionnaire, de retour d’un voyage, était reçu par les membres petits et grands de son église aux sons de ce cantique d’appel :

Nguana lehlasoa, tlo hae, tlo, phakisa.

(Enfant prodigue, viens à la maison, viens vite.)

Tout cela nous donne une petite leçon: c’est que, quand nous chantons des cantiques, nous devons le faire non seulement de tout notre cœur, mais aussi avec notre intelligence.

SUD DE l’àFRI&UE.

Le Wagon du Sud de l’Afrique

Il y a certaines choses dont la seule vue nous transporte dans les pays qu’elles rappellent. Ainsi un dessin représentant une pyramide nous indique l’Egypte. Celui d’une gondole nous porte à Venise, devant la place Saint-Marc. Un bec de gaz ou un simple fiacre nous fait penser à Paris ou à quelque autre capitale du monde civilisé. Un wagon traîné par des bœufs indique l’Afrique du Sud ; aucun de vous, j’en suis certain, ne s’y tromperait.

C’est de ce véhicule que je voudrais aujourd’hui vous dire quelques mots.

De tous ceux qui courent sur la surface du globe, il est certainement un des plus pittoresques. L’origine du wagon à bœufs ressemble à celle de la pêche à la ligne : elle se perd dans la nuit-des temps.

Au Sud de l’ Afrique.

car dans le livre des Nombres (chapitre VII), il est déjà question de chars à bœufs.

On dit que ce sont des Hollandais qui, les premiers, ont commencé à s’en servir dans ce pays ; d’autres disent que ce sont nos pères, les réfugiés français, qui auraient eu l’idée de construire un tel monument et d’y atteler des bœufs...

Nous laisserons la question en plan et continuerons en ajoutant que ledit wagon ne peut pas remonter plus haut que trois cents ans, c’est-à-dire à l’arrivée des Européens au Sud de l’Afrique.

Ce chariot africain est long de trois ou quatre mètres et plus, sans ressort, cela va sans dire, attelé de douze ou quatorze et même parfois dix-huit bœufs, et est toujours conduit par deux hommes, dont l’un appelé leader en anglais, c’est-à-dire conducteur, dirige avec une lanière la première paire de bœufs, tandis que l’autre, armé d’un immense fouet, est le driver ou cocher.

Il sert au transport de voyageurs et marchandises dans tout le Sud africain. Le prix moyen d’un wagon est d’environ 2,500 fr., plus les bœufs qui reviennent à 120 ou 140 fr. chaque, de sorte que vous pouvez voir que c’est un véhicule assez cher.

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