A CHEVAL SUR UN VEAU
Au Sud, de l'Afrique.
une bible, un livre de cantiques ou un ouvrage d’école, dont chaque station a un dépôt se rattachant à celui de Morija, ou bien demandent une feuille de papier à lettre et une enfolopo, ou encore apportent leurs lettres pour la poste — car nous sommes de plus un peu des employés de la poste, pour les indigènes.
Tel autre arrive demander l’explication d’un verset de la Bible, tandis qu’un cavalier accourt pour savoir le quantième du mois : il y a une dispute dans son village à ce sujet...
Parfois un paroissien embarrassé veut m’emprunter de l’argent, mais bien inutilement, car la différence entre missionnaire et millionnaire est si grande !
Ranyeo, le père d’un tel, vient emprunter l’échelle, ou une forme à briques, ou une scie; ou bien encore, c’est un de ses amis qui désire vivement me vendre son avoine qu’il ne sait où garder ; tandis que des enfants envoyés par leurs parents nous apportent des œufs à vendre ou une pastèque, ou des épis de maïs, en échange d’un peu de sel.
Puis il faut aller voir un malade, envoyer un
La vie missionnaire.
peu de soupe ou de thé à certaine pauvre vieille, visiter tel paroissien qu’on ne voit plus à l’église.
On doit aussi visiter fréquemment les annexes soit pour diriger des constructions, ce qui n’est pas récréatif, soit encore pour inspecter les écoles ou
l’annexe de ditsueneng
visiter les congrégations qui s’y rattachent. Je ne vous parle pas des deux services que chaque missionnaire a à tenir chaque dimanche, suivis quelquefois, comme c’est le cas à Hermon, d’une école pour les bergers dans la soirée et où souvent ces messieurs arrivaient à cheval... sur des veaux !
Dans la semaine il y a deux classes de catéchumènes, et, le mercredi, une réunion d’explications bibliques.
Vous voyez que le missionnaire n’a pas beaucoup de temps pour étudier et pour entretenir sa correspondance avec les parents et amis d’Europe,