MISSIONNAIRE EN VOYAGE
Au Sud de l’Afrique.
taine distance... Les heures que je passais à faire le fossoyeur sont encore présentes à mon esprit.
L’étude de la langue sessouto n’a pas été une des moindres difficultés que nous ayons rencontrées. Que de temps il nous a fallu pour arriver à saisir les préfixes: sefate, arbre; difate, des arbres; motho, homme; batho, des hommes, etc. !
Les claquements de langue de certains mots nous ont aussi donné pas mal de peine, mais pour apprendre à compter, quelle histoire ! J’ai bien mis deux ans avant de pouvoir dire quatre-vingt-dixneuf sans me tromper : Mashume a robileng mono o le mon g a metso o robileng mono o le mong ! (Dix dizaines dont il manque une dizaine, plus une dizaine dont il manque une unité.)
Grâce aux moyens de transport devenus si faciles, le pays a fait de grands progrès sous le rapport de la civilisation et du confort.
Néanmoins, les indigènes viennent encore à nous, comme aux premiers temps de la mission, un peu pour tout et même aussi pour rien.
L’un vient parler de son âme ou de rêves qui le troublent, tandis qu’un autre arrive avec de longues affaires de famille. D’autres viennent acheter