PRÈS LA VILLE DU CAP
Hermon, juin.
Pour la première fois depuis onze ans que nous sommes au Lessouto, j’ai dû faire un voyage à la ville du Cap, afin d’accompagner mon fils ainé, qui devait partir pour la France avec un missionnaire que nous devions rencontrer dans cette ville avec sa famille.
Si ce voyage avait pour but une séparation douloureuse, il offrait aussi des sujets d’intérêt dont je veux vous parler.
Je passerai rapidement sur notre départ d’Her-
Au Sud de V Afrique.
mon et sur les adieux dont le Sauveur connaît le poids, car, comme l’a dit un poète1 :
Il sait bien ce que cela pèse,
Lui qui tomba sur ses genoux.
En deux jours nous arrivâmes à Bloemfontein, la capitale de l’Etat Libre de l’Orange, où nous fûmes reçus par un ami de notre mission, M. J. Scott, pasteur wesleyen, dont l’hospitalité est bien connue.
Bloemfontein, est une ville d’à peu près 3,000 habitants, qui n’a rien d’extraordinaire, mais qui, néanmoins, semble singulièrement jolie quand on est resté quelques années sans sortir du Lessouto.
Après avoir assisté au solennel service d’ouverture du synode de l’Église réformée hollandaise, où se trouvait beaucoup de monde, et aussi « Son Honneur » le Staatspresident et les membres du Volksraad, ou Parlement, nous avons soigneusement visité la ville, ce qui fut vite fait. Étant d’abord « montés si haut qu’on peut monter » sur une sorte de beffroi d’où l’on a une vue fort éten-
i . Victor Hugo.
Visite aux lépreux de l’île de Robben. 225
due sur les plaines environnantes, nous sommes allés ensuite donner un coup d’œil au nouveau Raadsaal, ou Palais législatif, le plus beau bâtiment de tout l’Etat libre, avec colonnes de pierres en pur style ionique; on ne se refuse rien dans cette petite capitale !